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samedi 13 mars 2010

Zheng He, navigateur musulman chinois du XVe siècle


Zheng He, navigateur musulman chinois du XVe siècle

Zheng He 鄭和 (1371-1433), surnommé “l'Eunuque aux trois joyaux”, né en 1371 et mort en 1433, était un eunuque chinois et un explorateur maritime célèbre. Il a fait le tour du monde il y a 600 ans, a permis à la Chine d'acquérir une réputation de pays amical et puissant.

En tant qu'émissaire commercial et politique de l'empereur chinois, il a parcouru les mers, avec ses 27 000 hommes à bord de 200 navires, sur plus de 50 000 kilomètres, et visité plus de 30 pays en Asie et en Afrique, dont l'Indonésie, durant 28 ans de 1405 à 1433. Ses voyages ont devancé de 87 ans ceux de Christophe Colomb, de 92 ans ceux de Vasco da Gama et de 114 ans ceux de Fernand de Magellan.

Zheng He, Ma He de son nom d'origine, est né en 1371 dans une famille pauvre de l'ethnie Hui (qui partique l'Islam), dans la province du Yunnan dans le sud-ouest de la Chine.

Son grand-père et sont père ont effectué un pèlerinage à la Mecque par voie terrestre. Leurs voyages ont beaucoup contribué à l'éducation du jeune Zheng He. Dès son adolescence, il parlait l'arabe et le chinois.

Recruté comme serveur par la famille impériale à l'âge de dix ans, Zheng He fut désigné deux ans plus tard comme faisant partie de la suite du prince Yan, qui devint plus tard l'empereur Yong Le.

L'empereur Yong Le chercha à améliorer son image et celle de la Chine en envoyant des flottes spectaculaires et en accueillant des ambassadeurs de pays étrangers à la cour impériale.

Le gouvernement de la flotte a été confié à son favori, Zheng He.

Ses voyages ont beaucoup contribué à la renommée de la dynastie des Ming comme un puissant pouvoir à l'Est et ont aidé à réaliser de grands progrès dans les domaines économique et diplomatique.

Zheng He est décédé dans la 10e année du règne de l'empereur Xuande (1433) des Ming et fut enterré dans la colline de Tête de taureau (Niushou) dans la banlieue sud de la ville actuelle de Nanjing dans la province du Jiangsu.

En 1983, lors du 580e anniversaire du voyage de Zheng He, son tombeau a été restauré. Le nouveau tombeau a été construit sur le site du tombeau original et reconstruit selon les moeurs et coutumes islamiques.



Hypothèse de la découverte de l'Amérique

Une thèse récente, exposée en 2002 par l'auteur britannique Gavin Menzies, prétend même qu'une partie de la flotte aurait contourné le sud du continent africain pour remonter l'Atlantique jusqu'aux Antilles, une autre partie aurait franchi le détroit de Magellan pour explorer la côte ouest de l'Amérique et, finalement, une autre aurait navigué dans les eaux froides de l'Antarctique. Les côtes de l'Australie n'auraient pas été laissées de côté lors des ces voyages d'exploration.

Cette thèse fut élaborée à partir de l'étude d'anciennes cartes maritimes italiennes et portugaises antérieures aux voyages de Christophe Colomb et montrant des îles et territoires inconnus des Européens à cette époque, interprétés généralement par les historiens comme des îles imaginaires. L'auteur affirme que ces territoires correspondent bel et bien à des terres réelles, contredisant l'explication généralement admise. Bien que cette thèse fût bien accueillie par les milieux universitaires chinois, elle est toutefois controversée et recueille un scepticisme prudent de la part des historiens. Seule la découverte de vestiges physiques (épaves de navires, artefacts chinois) et la découverte de textes historiques relatant ces voyages (qui en théorie, ont tous été détruits) dans les archives chinoises pourront confirmer les affirmations de l'auteur.

À l'époque de Zheng He, la marine chinoise était la plus puissante du monde, de par le nombre et la taille de ses navires, le nombre de ses marins et la modernité des technologies employées. Mais toutes les explorations entreprises n'aboutirent à aucune colonisation, la Chine se repliant sur elle-même pour vivre en autarcie dès 1433. L'interdiction de construire de grands navires, la destruction des grandes jonques et de leurs plans, réduisirent à néant l'immense potentiel chinois en matière d'exploration et toute capacité de tenir en respect les Européens qui allaient bientôt sillonner les mers d'Asie.

Pour expliquer le peu de suites de ces expéditions, on met généralement en avant le fait que la Chine impériale se considérait comme le centre du monde (« l'Empire du Milieu »). Il faut surtout comprendre que la Chine de l'empereur Yongle n'avait, en termes commerciaux, pas beaucoup à attendre des autres nations - alors que les grands voyages espagnols et portugais étaient à l'origine motivés par le commerce des épices.

Les voyages de Zheng He étaient donc avant tout des opérations de prestige destinées à affirmer la puissance de l'Empire des Ming et à gagner la reconnaissance de royaumes lointains - d'où les échanges de produits de luxe, qui relevaient plus de la pratique du tribut que de vraies opérations commerciales. La différence est donc grande avec les expéditions qui partirent d'Europe quelques années plus tard. Si les expéditions de Zheng He augmentèrent grandement le prestige de l'Empire dans toute l'Asie, elle n'étaient pas rentables économiquement et ne constituaient pas un enjeu politique primordial - ce qui explique sans doute que la Chine ait sabordé ce qui était alors la marine la plus formidable de l'Histoire.

Source: http://www.chine-informations.com/guide/chine-zheng-he_222.html

mercredi 8 juillet 2009

Rebiya Kadeer, "la fille du peuple ouïgour", fustigée par Pékin

Rebiya Kadeer, "la fille du peuple ouïgour", fustigée par Pékin

Se qualifiant de "fille du peuple ouïgour", la Chinoise en exil Rebiya Kadeer, que les autorités chinoises accusent d'avoir incité ses sympathisants à la violence, a passé six ans de sa vie en prison pour avoir défendu cette minorité musulmane et turcophone chinoise.


Vivant à Washington, cette ancienne millionnaire âgée de 62 ans est perçue par Pékin comme une terroriste et une séparatiste qui "n'a aucun titre" pour représenter les Ouïgours, principale minorité de la région autonome du Xinjiang (nord-ouest de la Chine).


Les Ouïgours vivent "dans une vaste prison et sont victimes d'un génocide culturel", estime Mme Kadeer, mère de 11 enfants, citant les "avortements forcés et la stérilisation". Selon elle, quelque 100.000 Ouïgours croupissent en prison pour des raisons politiques et religieuses.


"Si la Chine veut devenir une grande nation digne du respect qu'elle réclame, alors elle devrait apprendre à respecter les droits de ceux qui vivent sous son autorité", a dit Mme Kadeer. Elle a appelé lundi à une enquête internationale après les violences meurtrières qui ont fait au moins 156 morts dimanche la région du Xinjiang,
"Nous espérons que les Nations unies, les Etats-Unis et l'Union européenne enverront leurs équipes pour enquêter sur ce qui s'est vraiment passé au Xinjiang", a déclaré Mme Kadeer, que Pékin accuse d'avoir incité ses sympathisants à la violence.


En août 2008, elle a condamné l'attaque contre des policiers chinois qui a fait 16 morts au Xinjiang quelques jours avant le début des jeux Olympiques de Pékin. Mme Kadeer avait auparavant accusé le régime communiste de vouloir imputer des complots terroristes à la minorité ouïgoure afin d'accentuer la répression au Xinjiang.


Depuis sa libération il y a plus de quatre ans, ses problèmes se sont multipliés: ses entreprises se sont effondrées et ses enfants ont été jetés en prison. Dernier membre de sa famille à être jugé, son fils Ablikim Abdiriyim a été condamné à neuf ans de prison en avril 2007 pour activités "séparatistes". Deux autres de ses fils ont été emprisonnés pour évasion fiscale et sa fille a été placée en résidence surveillée en 2006.


"Ils savent que j'aime mes enfants, donc ils s'en sont pris à eux", a affirmé Rebiya Kadeer.
La Chambre des représentants américaine a voté en septembre 2007 une résolution appelant Pékin à libérer les enfants de Mme Kadeer et à cesser "les actes de répression culturels, linguistiques et religieux envers le peuple ouïgour". Le président George W. Bush, qui avait rencontré Mme Kadeer en 2007, a accusé Pékin d'avoir emprisonné les enfants de celle-ci à cause de sa lutte pour les droits de l'homme. Pékin avait qualifié ces remarques d'"ingérence flagrante".


Née en 1947 dans une famille pauvre, Mme Kadeer est devenue une riche femme d'affaires et députée du parlement du Xinjiang, représentante officielle de la Chine lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Pékin en 1995. Elle a siégé à Pékin à la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), sorte de sénat du régime chinois.
Mais en 1996, son mari, ancien prisonnier politique ouïgour, fuit la Chine pour les Etats-Unis. Mme Kadeer est arrêtée en août 1999, deux ans après avoir été placée sous surveillance et s'être vu confisquer son passeport. Elle est condamnée en 2000 à huit ans de prison pour avoir "livré des secrets d'Etat à l'étranger". Selon les minutes de son procès, ces informations étaient en fait des coupures de presse sur le traitement discriminatoire des Ouïgours.


En mars 2004, elle voit sa peine réduite d'un an pour bonne conduite et est finalement libérée en mars 2005 pour raisons de santé avant d'être envoyée en exil aux Etats-Unis. "Je suis désormais libre et j'espère que mon peuple le sera aussi un jour", dit-elle alors.




QU'Allah apporte son secours , sa protection , à ce noble et humble peuple Ouigour qui souffrent et éssaye de maintenir son identité religieuse et culturelle . Certes ils sont nos freres et soeurs tout autant que les palestiniens ou autres peuples et méritent pour cela aux moins nos invocations .


Amine

mercredi 30 avril 2008

La crainte des musulmans Chinois

La crainte des musulmans Chinois

Par Michael Sztanke

Un article un peu ancien mais qui refletent toujours la souffrance des tibé... non , pardon , des musulmans qui souffrent également de la répréssion en Chine .
Situé à l’extrême ouest de la Chine le Xingjiang partage ses frontières avec l’Afghanistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan. La province rebelle ainsi nommée par Pékin fait parler d’elle depuis les attentats du 11 septembre dernier. Peuplé dans sa majeure partie de ouighours, ces musulmans chinois revendique depuis des années leurs indépendance et la création d’un Etat au Turkestan oriental. Au nombre de 9 millions dans le Xingjiang, les ouighours représentent la moitié du nombre de musulmans en Chine.. Souvent considérés comme des ’voleurs’ par les autres chinois de la province, les ouighours se sentent victimes de discriminations de tout genre. On compte parmi eux un courant extrémiste désorganisé qui a revendiqué en 1997 une série d’attentats près de la frontière Kazakh. Ces attentats s’étaient soldés par une recrudescence des condamnations et des exécutions. Pékin a d’ailleurs toujours utilisé la force pour faire taire le mouvement en réprimant largement dans la province. Mehmet, originaire du Xingjiang est ouighour et étudie l’arabe à Pékin. Dans l’une des rues anciennement ouighours de la ville et ou les chantiers ont aujourd’hui remplacé les restaurants musulmans, il nous livre ses craintes sur l’avenir des musulmans ouighours en Chine :
Mehmet : ’ Moi je crois que la répression chinoise va être de pire en pire pour les ouighours. Depuis les attentats du 11 septembre nous sommes très surveillés en Chine. Le Xingjiang est complètement contrôlé par les chinois. Et le nombre d’arrestations a augmenté ces derniers temps. Je le sais car ma famille vit dans le Xingjiang près de Kashgar.’
Groupé en petites organisations politiques certains jeunes de ces mouvements extrémistes ont depuis rejoint la branche armée des talibans en Afghanistan. Ils restent pourtant difficilement quantifiable en l’absence de sources d’informations indépendantes. Dés le début de l’intervention américaine en Afghanistan, certains ouighours se sont dit prêts à rejoindre la cause talibane par solidarité avec les frères musulmans. Pour Mehmet cette solidarité est clair et nette
Mehmet : ’Il y a des quelques ouigours qui ont rejoins les talibans surtout en 1997 lors de la grande répression mais ils sont très peu. Moi personnellement je suis solidaire de tous les ouighours de la région. Et je crois que je comprends mes ’frères’ qui sont allés rejoindre les talibans il y a quelques années.’
Depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, la Chine s’est montrée fortement préoccupée par les ouighours. C’est d’ailleurs l’argument qu’elle a exposé à la communauté internationale pour justifier son soutien à la lutte anti-terroriste. Le risque d’instabilité sociale et la menace d’attentats ont poussé la Chine a renforcé sa croisade contre le séparatisme musulman au nom de l’unité nationale. Les 70 km de frontières communes que comportent le Xingjiang avec l’Afghanistan ont ainsi été fermé pendant quelques jours par les autorités chinoises et le nombre d’arrestation dans les milieux ouighours s’est multiplié avant le sommet de l’Apec le mois dernier. Les sympathies que les ouighours commençaient à recueillir auprès de l’Europe pourraient disparaître avec les attentats du 11 septembre au profit de la position internationale chinoise.
Source : http://oumma.com/article.php3?id_article=316

samedi 9 février 2008

L’islam en Chine : Renaissance et Perspectives (derniere partie)

Salam alaikoum ; derniere partie de cet article interessant sur les liens entre la Chine et l'Islam ...

Par le Dr Moufid Al Zaidi
V. Les perspectives d’avenir pour les Musulmans de Chine :
Sous la bannière de l’islam, le monde islamique se caractérisait par une homogénéité géographique, humaine et religieuse. Diverses cultures et civilisations ont coexisté, permettant la bonne marche de l’action économique, sociale et culturelle. S’identifiant à la même culture religieuse et à une culture générale plus ou moins commune, le monde islamique partageait le même esprit, les mêmes intérêts et les mêmes idées.
La civilisation islamique a développé le côté spirituel de l’être humain et a consacré les valeurs morales à travers le dialogue des civilisations. Les peuples d’Asie ont particulièrement tiré parti de leurs contacts avec les musulmans à travers le Pèlerinage annuel et grâce aux échanges commerciaux. C’est ainsi que le commerce a revêtu le caractère d’une activité économique définie par un sens d’appartenance religieuse. Sous la bannière de l’islam, le principe de l’unité de la race humaine instauré par Dieu est appliquée conformément au verset suivant : «C’est Lui qui vous a créés d’un seul être ; mais par delà l’unité humaine, l’unicité de Dieu reste le principe de toute activité entreprise par l’homme.
Dieu dit : «Attachez-vous tous au pacte de Dieu», ce verset coranique est à la base des plus nobles principes. Il concrétise l’union, la solidarité, l’entente, l’ouverture, le dialogue et le don de soi en vue d’une vraie construction et dans le but d’aplanir les obstacles et d’appliquer les valeurs islamiques suprêmes. Fruit d’une assimilation correcte des grands principes islamiques, l’islam en Chine est non seulement pur de toute tendance extrémiste mais c’est un islam qui s’attache aux sources autant qu’il s’adapte à la vie moderne. Evoluant dans une société majoritairement non-musulmane, l’islam de Chine s’ouvre au dialogue, cohabite avec autrui et ne coupe jamais les liens avec l’extérieur (i.e le monde islamique). Pour preuve, il n’y a qu’à voir comment l’islam est vécu comme une union spécifiquement islamique. Grâce à un attachement sans faille à la religion musulmane et à une solidarité mue par la force de la foi, les Tibétains se sont mobilisés contre tous les dangers susceptibles de menacer leur religion et leurs idées, ce qui est en parfaite harmonie avec les principes de tolérance, d’égalité et de dignité humaine car seul fait la différence le degré de piété et de crainte de Dieu. L’islam est un système de pensée global qui sollicite la raison et interagit avec l’évolution du monde. L’intérêt de l’être n’étant aucunement incompatible avec la Loi du Très-Haut, l’islam ne se conçoit qu’avec la liberté, l’entente, le dialogue et la raison.
Menacé par des idéologies occidentales comme celle du «choc des civilisations» et de la «fin de l’Histoire», le monde islamique (du Maroc à la chine) doit mobiliser ses forces pour instaurer un dialogue civilisationnel raisonnablement ouvert sur l’Autre mais fermement attaché aux principes de l’islam. C’est ainsi qu’un nouveau mode de communication et une renaissance civilisationnelle nouvelle verront le jour, qui s’inspireront du passé glorieux de la nation islamique et affrontent le présent avec la puissance de la raison et la force de la foi.
Dans ce sens, on ne saurait trop insister sur l’importance du dialogue et de l’échange intellectuel entre les Arabes et le monde islamique. Plusieurs canaux peuvent être exploités à cet effet : les missions scientifiques, la fourniture de supports bibliographiques, la participation aux activités islamiques, conférences et séminaires qui se tiennent en Chine (par exemple) et l’organisation de concours linguistiques ayant pour objet la langue arabe ainsi que d’autres langues.
A cet égard, les États arabes peuvent jouer un rôle efficace à travers l’envoi d’enseignants dans les universités chinoises, l’enseignement de la langue arabe, l’explication du texte coranique, la construction de mosquées, le soutien des associations islamiques et caritatives, la promotion du véritable sens de l’islam, la création d’un fonds de solidarité islamique en collaboration avec les pays de l’Asie du sud en général et la Chine en particulier, la consécration de la culture islamique et le rapprochement entre les États arabes et le monde asiatique .
On peut également lancer une campagne de promotion du livre arabo-islamique dans les écoles, les instituts et les facultés islamiques qui s’intéressent à la culture arabe en leur faisant parvenir les chef-d’œuvres et les livres de référence en matière de commentaire coranique, de hadith, de langue arabe et d’histoire islamique. De même, il convient de faire connaître la civilisation islamique sous son véritable jour et de mobiliser des fonds pour la promotion et la publication du livre arabo-islamique en Chine.
Ayant pour vocation de servir l’action islamique dans le monde musulman, d’établir une coopération entre les musulmans de l’Est et de l’Ouest, de contribuer à la construction d’un monde meilleur où règneraient les principes de justice, de cohabitation et de progrès pour tous, l’Organisation de la Conférence islamique peut contribuer à une meilleure médiatisation du patrimoine civilisationnel et culturel de l’islam, mettre en évidence le passé, le présent et l’avenir de l’islam dans le but de faire face aux défis de l’Occident, sauvegarder l’identité islamique, sensibiliser à la réalité de l’islam et des musulmans en Chine, leur apporter un soutien culturel et médiatique et leur faire partager de manière aussi effective que concrète la réalité de la solidarité des peuples islamiques.
S’il est vrai que le patrimoine islamique a séduit les peuples du monde par son infinie richesse artistique et architecturale, il n’en reste pas moins que le monde islamique a besoin davantage de rayonnement culturel et civilisationnel qui confirme la place de l’islam en Asie en général et en Chine en particulier. Ce patrimoine arabo-islamique auquel s’identifient plusieurs régions de Chine depuis des siècles et qui témoigne de la grandeur de l’islam a besoin d’être sauvegardé par des institutions et immortalisé par les nouvelles générations.
C’est que nous souhaiterions davantage de coopération et de coordination avec les institutions islamiques en Chine telles la Faculté de langue arabe à Pékin, le Centre d’études islamiques à Shanghai, le Centre asiatique des études arabo-islamiques à Pékin, dans le but de co-organiser des conférences, des visites académiques en Chine d’accueillir les musulmans chinois dans les universités arabes dans le cadre des échanges estudiantins, de sanctionner leurs séjours académiques par des diplômes ad hoc, conclure des accords bilatéraux dans les domaines scientifique et culturel afin de promouvoir l’activité scientifique au sein de ces établissements qui pourraient se sentir intellectuellement et scientifiquement coupés du monde arabo-musulman. Grâce à ce rapprochement, les efforts des musulmans d’Asie en général et de Chine en particulier ne seront pas vainement consentis.
Les institutions islamiques de Chine doivent par ailleurs s’engager dans des programmes de coopération avec les centres d’études et de prédication islamiques dans le but de publier revues, livres, bulletins islamiques et les mettre à la disposition des musulmans de Chine. Cette coopération doit également soutenir les articles et les travaux de recherche islamiques menés par les intellectuels arabes et musulmans.
En matière de langue arabe, outil indispensable à la compréhension du Coran, les institutions islamiques en Chine sont appelées à travailler de concert avec les académies linguistiques et scientifiques arabes à la prestigieuse histoire, nous avons nommé les académies scientifiques du Caire, de Damas, de Bagdad et d’Amman. Le travail commun avec ces importantes institutions, permettra la mise à jour linguistique et scientifique des universités asiatiques et projettera l’esprit islamique (assimilation de l’islam, sens du dialogue, acculturation) sur ces établissements lointains pour leur permettre de dispenser un enseignement correct de la langue arabe en guise de prélude à une parfaite assimilation du Coran et de la tradition du Prophète, base du message islamique.
Les instituts et les universités islamiques des pays arabes peuvent inviter des professeurs, des imams et des prédicateurs chinois à visiter les centres religieux, scientifiques et les établissements islamiques, entretenir les liens intellectuels et scientifiques, faire connaître les sources de l’histoire islamique, aller à la découverte des manuscrits de valeur, activer le rôle des maisons d’édition, des centres, des écoles islamiques qui forment les imams et les prédicateurs, créer un contact à travers les accords bilatéraux pour permettre l’accueil des musulmans chinois.
Cette étude tente en fait d’ouvrir la voix vers davantage de travaux de recherche qui s’intéresseraient au continent asiatique en général et à la Chine (son point névralgique sur les plans de la géographie et de l’économie) en particulier. Lever le voile sur les faces cachées du patrimoine musulman et relancer l’action islamique, voilà les objectifs qui vont être poursuivis grâce aux efforts des penseurs musulmans qui sont engagés dans l’action islamique aussi bien en Asie que dans le reste du monde islamique.
Source : http://www.isesco.org.ma/

mardi 22 janvier 2008

Renaissance de l'Islam en Chine (suite)


Salam alaikoum ,

Le site d'où je tire cet interessant article est disponible à nouveau , ce qui me fait tres plaisir car depuis longtemps j'ai un grand interet pour la chine et son peuple , ce qui me permets de plublier sur mon blog la suite de l'article ...


(si vous êtes interessé par ce sujet , la Chine et ses liens avec l'Islam , utlisez la fonction recherche du blog en tapant "Chine" )

Jazakallah khayran


un article du Dr Moufid Al Zaidi


5. Caractéristiques de la culture islamique :
Certes, les nombreux régimes et les nombreuses dynasties qui se sont succédé au pouvoir en Chine ont réagi à l’islam différemment, mais la culture musulmane profondément ancrée dans l’histoire islamique, a conservé son authenticité et n’a guère fondu dans la culture chinoise. L’essence de la culture islamique étant la vénération du Très-Haut, une vision philosophique globale et une ligne de conduite furent maintenues malgré les aléas des différentes politiques religieuses.
Mieux, l’expansion de l’islam dans les différentes régions de Chine a donné naissance à des cultures distinguées comme celle de la communauté Wighor (dite de Chikjiang) ou celle de la communauté Hu’i qui, elle, se distingue des autres cultures par son attachement indéfectible à l’histoire et aux traditions musulmanes. Cette remarquable culture régionale ne se dissocie ni de la culture islamique ni de la culture chinoise millénaire. En effet, une relation d’échange interactif l’a toujours liée à la première comme à la seconde. Fidèle aux préceptes de l’islam, la culture Hu’i est restée vivante, et apporta à l’ancienne tradition chinoise une mentalité nouvelle qui s’inspirait des valeurs islamiques. C’est grâce à elle que la culture islamique de Chine se présente comme une culture distinguée, fruit d’une heureuse fusion entre l’universalisme de l’islam et le régionalisme de la culture chinoise plusieurs fois millénaire. En apparence compliquée, cette culture islamique s’est parfaitement enracinée dans le tuf de Chine autant sur le plan spirituel (rites et devoirs religieux) que sur le plan intellectuel (philosophie islamique). Les ouvrages qui traitent de la pensée islamique sont d’ailleurs pris comme référence par les chercheurs qui s’intéressent à l’islam en Chine.
Actuellement, la communauté musulmane Hu’i compte parmi les plus importantes de Chine. Entièrement musulmane, sa population dépasse les dix millions et se répartit sur plusieurs villes et départements : Ningxia, Canut, Yot Nan, Khanat, Jingxi, Shandong et Ithu, voire d’autres villes du sud-est asiatique.(1)
L’importante communauté musulmane Hu’i (troisième de Chine après Choa et Man) et la communauté Wighor font de Ningxia le département de la région le plus peuplé en musulmans. En effet, Ningxia se distingue par son cachet islamique : un grand nombre de mosquées, autant de minarets, des enseignes en langue arabe, des versets coraniques transcrits à l’entrée des maisons et des boutiques, etc… Ainsi, on a recensé à Ningxia six mille minarets et trois mille mosquées pour une population musulmane qui est de l’ordre de 10 % de la communauté musulmane de Chine, laquelle s’élève à vingt millions environ (recensement de 1998) sur une population totale de 1,3 milliards d’habitants. A noter que l’islam s’est implanté dans cette région sous la Dynastie Nang via le Nord-Ouest de la Chine. Le premier émissaire musulman à atteindre ce département fut un envoyé du calife Othmane Ibn Affane (que Dieu l’agrée) dans le but de faire connaître le message du prophète de l’islam. Le contact avec les musulmans ne s’est plus interrompu depuis et l’avancée de l’islam n’en fut que plus conséquente au fil du temps. C’est alors que plusieurs communautés chinoises ont fait profession d’islam telles les communautés Kazan, Kirghiz, Tadjik, Tatar, Uzbek, Igor, Hu’i, Sala et javanaise. Ningxia compte un nombre important de mosquées, la plus fameuse étant la Grande Mosquée (Tan Guan) qui fut construite il y a trois siècles sous la Dynastie Ming et dont l’imam actuel s’appelle Yunus Yao Kawi. Ningxia compte également un grand nombre de bibliothèques, de restaurants et de commerces islamiques.(1)
La ville de Titegh Chin est quant à elle riche de quelques dix neuf mosquées superbement construites sur un mode architectural islamique de grande facture. Dans cette ville, les jeunes musulmans planchent sur les sciences juridiques de tradition islamique et la langue arabe qui leur sert d’instrument nécessaire à la compréhension de la sharia, du Coran, de la tradition prophétique, de l’histoire de l’islam et du hadith.(2
Les différentes communautés musulmanes ont profité de l’ouverture de la Chine pour renforcer davantage l’action islamique. C’est ainsi que le nombre de mosquées a augmenté pour atteindre le nombre de neuf dans la seule ville de Shang, dont cinq furent édifiées récemment pour couvrir un besoin en lieux de prière. Les imams de mosquées assurent des services religieux au profit des musulmans à l’occasion de fêtes religieuses comme celles de la fin du mois de Ramadan, la fête du Sacrifice et la Naissance du Prophète ainsi que d’autres célébrations de tradition musulmane. Les jeunes de la communauté Hu’i se montrent particulièrement fervents dans l’accomplissement des rites et les célébrations des principales fêtes musulmanes afin de perpétuer l’héritage spirituel de leurs ancêtres. Cet attachement sera d’autant plus fort qu’ils contribueront avec persévérance à mémoriser le Saint Coran, à le commenter, à apprendre la langue arabe, les sciences islamiques, la lecture intégrale du Coran, l’apprentissage du hadith.(3)
6. L’œuvre islamique dans le domaine académique :
dans le cadre des efforts académiques et scientifiques consentis par un certain nombre de spécialistes dans des domaines aussi divers que la religion islamique, la langue et la littérature arabes, une «faculté de la langue arabe à l’université des études étrangères» a vu le jour en 1981 après avoir existé à l’état de simple département depuis 1958. Les points d’intérêt de cette faculté sont la langue, la calligraphie et la composition arabes, l’élocution et la diction, la civilisation et l’architecture du monde islamique. En outre, grâce aux programmes d’échanges, la faculté envoie et reçoit des missions universitaires, organise des séminaires et des conférences scientifiques portant sur les différents aspects de la civilisation arabo-islamique. Le corps enseignant de la faculté se compose de professeurs arabes et musulmans qui assurent aussi bien les cours du premier cycle que ceux du cycle supérieur. Par ailleurs, la faculté qui entretient des contacts avec les universités arabes publie des ouvrages scientifiques et méthodologiques ainsi que les traductions de livres arabo-islamiques traitant de l’histoire, de la pensée islamique et de la littérature arabe.(1)
C’est dans cette perspective que le Centre asiatique pour les études arabo-islamiques fut crée en 1987 en collaboration avec l’Organisation arabe pour l’Éducation, la Culture et les Sciences et l’Université des Études étrangères à Pékin dans le but de créer en Asie une solide structure pour enseigner la langue arabe et la culture islamique, développer les relations culturelles entre la Chine et les pays arabes, former les étudiants chinois dans les universités arabes, réaliser des recherches et des études islamiques, organiser des stages de formation tout au long de l’année académique au profit des étudiants chinois en particulier et asiatiques en général, former des enseignants spécialisés en langue arabe, former des chercheurs dans les domaines de la littérature et de la civilisation islamiques (en collaboration avec les instituts et les universités arabes) et organiser des conférences scientifiques autour des thèmes de l’enseignement de la langue et de la littérature arabes. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans ce sens : la conférence arabo-chinoise organisée en 1998 à Khartoum, la première conférence scientifique sur l’état de la langue arabe (en dehors des pays arabophones), tenue en 1991 à Pékin(2), les semaines culturelles arabo-chinoises et la conférence sur les relations arabo-chinoises au XXIème siècle, tenue à Pékin vers la fin de 1999, en collaboration avec la Ligue des États arabes, conférence qui a connu la participation d’intellectuels et de professeurs universitaires arabes et chinois pour examiner les moyens de promouvoir les relations politiques, économiques et culturelles entre la Chine et le monde arabe au titre du nouveau millénaire.(1)
Dans cette même perspective, plusieurs projets sino-islamiques ont été réalisés avec le soutien de diverses institutions, citons-en à titre d’exemple : le Centre d’études arabes et islamiques créé au sein de l’Université des études étrangères à Pékin avec le soutien des Émirats Arabes Unis, l’édition de lexiques au profit de l’Association sino-islamique, la construction d’un foyer d’étudiants à l’Institut des sciences islamiques d’Oro Machi, département de Xinjiang.(2)

vendredi 2 novembre 2007

La renaissance islamique en Chine

La renaissance islamique en Chine

un article du Dr Moufid Al Zaidi


Au cours des dernières décennies, la Chine a connu une renaissance islamique sur des plans aussi divers que l’enseignement islamique, la construction des mosquées, l’enseignement de la langue arabe, la traduction de l’arabe vers le chinois.

1. L’enseignement de la langue arabe.
L’enseignement de la langue arabe a commencé à partir des années quarante du siècle précédent grâce aux efforts de certains professeurs et lettrés comme Majiang (Mohammed Makin), Abdurrahmane Nanchong, Rédouane Li Yong Yang Ro’i, pour ne citer que ceux-là.
L’enseignement de l’arabe connut un élan de développement tel que de plus en plus d’étudiants et de jeunes chinois s’y sont intéressés. Mais au delà du simple apprentissage, plusieurs d’ente eux ont poussé leur intérêt linguistique jusqu’à préparer une maîtrise, voire un doctorat ès langue et littérature arabes. Ainsi, jusqu’en 1998, une trentaine d’étudiants environ ont obtenu des diplômes supérieurs dans cette spécialité. En outre, une «Académie de la langue arabe» constituée d’arabisants chinois a vu le jour en octobre 1984 pour promouvoir la langue sur les plans de l’enseignement et de la recherche. Les activités concernant la langue arabe se sont ainsi étendues à toutes les villes et départements chinois grâce en partie à ladite Académie qui a organisé de nombreuses conférences et stages de méthodologie d’enseignement au profit d’arabisants chinois. Ont été organisés aussi des stages de formation sur l’utilisation des techniques modernes d’enseignement ainsi que des conférences en collaboration avec les organisations et les institutions arabes sur les techniques discursives, la culture, la calligraphie, la langue et la littérature arabes, l’enseignement supérieur, les programmes universitaires, la traduction et bien d’autres sujets connexes.
2. L’édification des mosquées :
Les musulmans des siècles passés ont construit des mosquées dans les différentes villes de Chine. La plus importante d’entre elles est la mosquée Yi-no Ji sur l’avenue qui porte le même nom et qui signifie «avenue des vaches». Citons également la mosquée Angxi qui fut édifiée sous la Dynastie Ming et qui comprend une bibliothèque où sont conservés d’anciens manuscrits et un exemplaire du Coran qui remonte à l’an 718 de l’Hégire. Elle abrite en sus le siège de l’Association islamique de Pékin et l’Institut islamique de Pékin. Sans oublier Jien Chan Da et Huarchi, deux autres mosquées pékinoises.
Construite sous la Dynastie Tang, la mosquée Hua’i Change (qui signifie commémoration de la tradition du Prophète) est l’une des plus anciennes de Chine. Située à Kuang Cho, l’un des haut-lieux de l’architecture islamique en Chine et dans le monde musulman, cette mosquée est surmontée d’un minaret et de tours et entourée de murs, construits sur le modèle architectural islamique. Elle comprend par ailleurs une bibliothèque, une salle de cérémonies sociales et une salle d’accueil réservée aux invités. A travers son histoire, cette fameuse mosquée a été sujette à des restaurations périodiques dont la plus importante reste celle de 1924. Grâce à «l’Association de Canton pour le développement de l’islam en Chine» et aux fonds qu’elle a collectés auprès des musulmans de ce département chinois, cette fameuse mosquée fut reconstruite de manière à remplir la fonction d’un centre islamique pouvant abriter les activités religieuses des musulmans de la république de Chine. Rappelons au passage que le département des affaires religieuses du Conseil d’État et le gouvernement populaire de Guangzhou ont généreusement contribué au projet de reconstruction et de réaménagement de ladite mosquée qui fut par ailleurs classée en 1997 parmi les principaux monuments historiques de Chine.
3. L'enseignement dans les mosquees :
L’enseignement islamique dispensé dans les mosquées commença vers le début du règne de la Dynastie Ming (IXème siècle de l’Hégire/ XVIème siècle de l’ère chrétienne) par l’intermédiaire de Ho Ding Chu, un savant de la communauté musulmane Hu’i, rebaptisé Muhammad Abdullah Ilias. Ce type d’enseignement qui s’est répandu au fur et à mesure que l’islam prenait de l’ampleur a fait de la mosquée le lieu tout indiqué autant pour donner une instruction islamique que pour subvenir aux besoins religieux des musulmans. Dans ces mosquées-écoles, l’imam fait office d’enseignant et le Coran représente le sujet d’étude principal. Quant aux enseignants, ils sont recrutés aussi bien parmi les autochtones que dans les autres pays musulmans.

Un corps enseignant spécialisé a vu le jour ; l’enseignement ressemblait de plus en plus à celui des écoles coraniques traditionnelles où la langue locale est utilisée parallèlement à la langue arabe. L’enseignement dans les mosquées a conféré à la pédagogie islamique en Chine des caractéristiques nationales. C’est ainsi que les cultures islamique et chinoise ont continué à coexister et que l’enseignement islamique s’est répandu dans les différentes régions de Chine, jouant de la sorte un rôle primordial dans la diffusion de l’islam dans ce vaste pays.


L’enseignement dans les mosquées proposait un cursus varié qui comprend la rhétorique, la logique, le tawhid (concept d’unicité de Dieu), la langue, les sciences du hadith, la philosophie, la grammaire, la littérature arabe et le commentaire coranique. Et parce qu’il s’appuie sur un certain nombre de références en langue arabe, l’enseignement joue un rôle important dans le soutien des programmes et l’orientation des musulmans chinois vers l’apprentissage de l’arabe, la culture islamique et les sciences juridiques de tradition musulmane.
4. La traduction en arabe :
La traduction du sens du Coran en langue chinoise est une entreprise qui a débuté sous les Dynasties Ming et Ching. Mais antérieurement à cette époque, des essais de traductions qui se sont toutefois limitées à quelques versets ont été effectués dans le cadre d’ouvrages ou d’articles afin d’en révéler le sens au lecteur. Le Coran était étudié à la seule lumière des interprétations qu’en faisaient les imams. Le grand public musulman, lui, dépendait entièrement des imams pour accéder au texte sacré en arabe mais sa compréhension reste toutefois incomplète. D’où la nécessité de la traduction en langue chinoise, nécessité d’autant plus évidente que l’islamisation de la communauté Hu’i s’est mise graduellement à faire usage de la langue chinoise.
Vers la fin de la Dynastie Ming et le début de celle des Ching, les savants musulmans chinois comme Wang Da’i Yu’i et Machu Lee o Chai ont senti la nécessité de traduire le sens du Coran mais l’appréhension de ne pas être à la hauteur de cette lourde tâche a développé chez eux une certaine prudence.
Au départ, la traduction avait pour objectif de servir la vie religieuse et de la faire connaître aux musulmans. Dans ce contexte, il a été procédé à la publication en 1924 de la première édition du livre du savant musulman Ting Chiang intitulé traduction et commentaire du Coran par une maison d’édition. Cette publication fut suivie d’une autre intitulée : Commentaire précis de la première sourate du Coran par le savant Da Win édité en 1941 par l’Association chinoise de Hong Kong. Quant à Ma Dao, il a traduit la première sourate du Coran (Al Fatiha) ainsi que quelques versets de la sourate de la Génisse. Cette traduction a été publiée plusieurs fois par l’Association des musulmans pour la Daa’wa.
L’apprentissage complet du Coran est célébré par un cérémonial qu’on appelle Midkhaiti ou Kaïnite, il s’agit d’une compilation d’extraits coraniques choisis publiés sous forme de livre. C’est un livre qui est largement répandu parmi les musulmans chinois en ce qu’il contient des versets traduits et classés par thèmes afin d’en rendre la lecture commode et de permettre aux fidèles d’y puiser selon les besoins de leur vie quotidienne. Deux versions de ce livre ont été publiées : la première est une traduction thématique de versets coraniques choisis, établie par Yang Bin Sang, imam de la mosquée de Pékin (ex-Dong Tsi) et révisée par l’imam Ching Kuang Wan. Publiée en 1992 par l’Association islamique de Pékin, cette traduction contient 105 chapitres traitant des principaux thèmes du Coran. Quant à la deuxième, il s’agit d’une production collective intitulée : Sélection des préceptes coraniques ; ce livre qui se divise en deux grandes parties : «la vie spirituelle et «la vie temporelle»(2) est signée Lio Fi Mao et Najing Won, Lin Tao et Dan Yang Li et publié en 1993 par la maison d’édition «Al Kawmiyat».
Parmi les autres œuvres de traduction, citons l’ouvrage de Kao Haran intitulé «Etude quotidienne du Coran», publié en 1987 par le Centre de recherche sur l’islam et le Coran ; il s’agit d’une sélection de versets coraniques destinée à la lecture et à la méditation quotidienne. Dans cet ouvrage, le texte traduit en langue chinoise est présenté en regard du texte arabe originel. En fait d’activité traductionnelle, il faut rappeler que la traduction intégrale du sens du Coran n’a été clairement établie qu’en 1927. En effet, une jeune génération de musulmans lettrés dont Mafu Chue o, traducteur de L’interprétation authentique du Saint Livre, ouvrage qu’il a d’ailleurs confié à son disciple Su Khatib. Avant de partir en pèlerinage, ce dernier l’a transcrit et confié, à son tour, à l’Association islamique chinoise qui l’a publié en l’augmentant de la préface de Cha’o - écrite l’année même de sa publication- et la postface de ladite Association. Mais cette œuvre de traduction demeure hélas introuvable.
Par ailleurs, un autre essai de traduction du sens du Coran en mandarin archaïque a eu lieu sous la supervision de Han Ching Wotan et Chan Yow et connut la participation de Mohammed Makin. Publié en trois volumes par l’Association académique de l’islam, cet essai n’a pas connu de suite.
Mais les essais effectués dans ce sens se sont multipliés depuis : une traduction du sens du Coran par Ti Jiu et une introduction à la traduction du Coran établie par Li Bo’i Ching et Yang Shang Ming et une traduction de quelques extraits du Coran par Lang Kau Ching. Citons également le manuscrit de Tang Ching intitulé Le Saint Coran en dialecte chinois n’a jamais connu le chemin des presses malgré l’initiative des étudiants de l’école des formateurs de Shang Da qui se sont donné la peine de consigner cette importante traduction.
Ainsi, entre 1937 et 1990, ont été officiellement publiées douze traductions intégrales du Coran réalisées par d’éminents savants musulmans tels :Tit Chai Fang, Jo Jiow Mi, Wang Jing Chai, Lio Jien Bi’a, Sang Ming, Chai Si Chou, Muhammad Main, Lin Song, Tong Dao Shang, Kong Shang, d’autres encore.
Outre le Coran, d’autres types de textes ont été traduits. Signalons à cet égard la traduction en chinois d’Al Burda de feu Charafuddine Muhammad Al Buayciri. Ce poème a été traduit par le jeune chercheur musulman Mafuchof, en 1896 sous le titre : poésie islamique ou chansons islamiques.
L’ère d’ouverture et de réforme qu’a connu la Chine durant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix a fortement contribué à la diffusion de la culture musulmane. Les jeunes ont manifesté le désir d’apprendre la langue arabe et de mieux connaître la culture islamique, d’étudier les chef d’œuvres de la littérature, de la pensée et de l’histoire des arabes et des musulmans. La traduction de l’arabe vers le mandarin était florissante aussi bien dans les universités que dans les instituts scientifiques et académiques des différentes villes et départements chinois .
Source : www.isesco.org.ma

samedi 20 octobre 2007

La culture islamique chinoise à l’époque moderne

la culture islamique à l’époque moderne
La culture islamique en Chine moderne (Dynasties Ming et Ching) s’est caractérisée par la fusion entre l’islam et la culture locale à travers l’enseignement islamique dans les mosquées, la traduction en chinois des ouvrages islamiques et la multiplication des confréries soufies. L’islam s’est alors montré sous un jour nouveau que l’on ne lui connaissait pas jusque là.
A partir du Xème siècle de l’Hégire (XVIème siècle du calendrier grégorien), l’enseignement islamique dans les mosquées a fleuri, sous la Dynastie Ming, dans les régions continentales grâce à Ho Dang Cho, un originaire de Xianyang (département de Guangxi). L’enseignement islamique a gagné d’autres régions de Chine et donné naissance à plusieurs écoles telles celle de Xianyang qui s’intéressait aux questions de l’unicité de Dieu, celle de Guangdong qui s’est penchée sur les différentes sciences islamiques et celle de Yun tan qui a regroupé des disciplines aussi diverses que la rhétorique, le droit musulman, la grammaire et les fondements islamiques. Savants, professeurs, docteurs et imams ont à leur tour inculqué à la nouvelle génération les commandements et les principes de l’islam. Grâce à eux, la religion musulmane s’est perpétuée en dépit des embûches qui par intermittence ont freiné son évolution à travers l’histoire. L’enseignement au sein des mosquées continue d’ailleurs jusqu’à nos jours.
Quant à l’activité de traduction, elle s’est amorcée avec la fin de la Dynastie Ming et le début de la Dynastie Ching. Ainsi, des ouvrages d’auteurs musulmans ont été traduits en langue chinoise et ont trouvé un grand lectorat parmi les musulmans Han et Hu’i qui vivent au sud du fleuve Jiangxi. Dans un premier temps, la traduction avait pour but de faire connaître davantage la religion musulmane, elle s’est développée ensuite dans les villes de Nan Jing et de Suzhou. Les traductions des savants musulmans étaient toujours étayées par des commentaires terminologiques, des explications thématiques et des comparaisons avec la culture autochtone. Dans ce domaine, se sont distingués de brillants intellectuels chinois tels Wang Dae We, auteur de deux livres intitulés : Les vérités de la religion ancienne et Cours islamiques, Machu, auteur des Preuves de l’islam, Lee Yo Chai, traducteur des Fondements du soufisme islamique et des Rites de la religion islamique et Mafu Cho, auteur d’un Précis sur les fondements de l’islam.
L’enseignement dans les mosquées et l’activité de traduction ont grandement contribué à l’évolution de l’exégèse, de la philosophie, de l’éthique et de la pensée islamiques. En Chine, la culture de l’islam est passé du stade de la diffusion à celui du développement ; elle a trouvé des adeptes parmi les intellectuels chinois après avoir conquis les cœurs des chinois moyens. Le soufisme a par ailleurs trouvé des adeptes en Chine depuis le règne de la Dynastie Yin wan, il s’est propagé surtout au département de Ch’ing-hai, sur le plateau tibétain, à Kansu et dans la région de Ningxia où vit la communauté musulmane Hu’i. Des écoles soufies comme la Qadaria, la khafiya, la jabriya et la bahjariya firent florès en Chine. Grâce aux musulmans soufis (dits soufi Jia ou Minh wan jia) et au soufisme (Minh wan), l’islam a apporté un nouveau souffle spirituel qui a consolidé les liens entre les musulmans chinois de la communauté Hu’i et les autres communautés de Chine .
Au début du XXème siècle, le mouvement culturel islamique en Chine a appelé à la réforme des affaires islamiques et au développement de l’enseignement de tradition musulmane. Dans ce cadre, Tong Song a fondé l’école de Mue i Wan à Xinjiang et a contribué à la création de l’Association générale de l’enseignement islamique en Asie orientale. A Pékin, Sian Ming a fondé l’école Wan Ping et Wang Kwan a créé l’école arabe des musulmans. A Xianyang, Ma Ling-bi était, lui, à l’origine de l’école Keijing pour l’enseignement islamique primaire.
Dans le même esprit, un groupe composé de trente six anciens étudiants Hu’i ont fondé l’Association générale de l’enseignement islamique des étudiants de la mission universitaire chinoise au Japon. Ces jeunes étudiants ont par ailleurs créé la revue Ching Ho Ian où ils ont manifesté leur intention de répandre l’enseignement de tradition musulmane et de réformer les affaires islamiques. Une autre revue islamique chinoise qui a pour titre : La Vraie revue nationale fut fondée par une pléaïde de personnalités musulmanes Hu’i. Durant toute la première moitié du XXème siècle, ces activités ont enrichi la culture locale de par la pensée et la religion islamiques.
Les jeunes musulmans ont continué de créer des associations islamiques. C’est ainsi que Wang Kwa a fondé en 1911 à Pékin l’Association de développement islamo-chinois qui a eu des représentations à travers tous les départements de Chine. Son objectif a été de concrétiser l’union des musulmans chinois (Hu’i), de répandre la foi islamique parmi eux, de rehausser leur niveau culturel et d’assurer leur bien-être. D’autres associations ont été fondées dans le même dessein : l’Association islamique académique à Pékin en 1927, l’Association de soutien à l’enseignement islamique à Nanchang dans la province de Ho-Nan, l’Association islamo-chinoise à Shanghai, l’Association de la Jeunesse musulmane en 1925 à Tang cho, l’Association générale islamo-chinoise par Yo Shang en 1929, l’Association de la jeunesse musulmane chinoise à Shanghai en 1931, l’Association chinoise pour le développement de l’enseignement au profit des jeunes de la communauté Hu’i à Nanjing. Par ailleurs, Matianing Tong Cyan a fondé en 1924 à Shanghai l’Union chinoise pour la culture islamique suivie en 1938 à Duhem par l’Union chinoise de salut de la communauté Hu’i qui a élu domicile ultérieurement à la ville de Kong Ying où elle a quitté son appellation initiale pour celle de «Union islamique chinoise pour le salut national» avant d’adopter en 1934 son appellation définitive : «l’Association islamique chinoise».
La langue arabe était enseignée en parallèle avec la langue chinoise dans les écoles modernes qui forment les imams de mosquées, les instituteurs et les enseignants aux sciences islamiques aussi bien qu’aux sciences modernes. Parmi ces écoles, citons à titre d’exemple l’école islamique de Beijing fondée par Wang Kwan, l’école des instituteurs fondée par Mas Ong Tsi-nan à X’ian (réinstallée quelques années plus tard à Pékin pour former les imams, les présidents d’associations et les directeurs d’écoles), l’école islamique des instituteurs à Wan Chien fondée par Chu Ji Sang et Li Ran Chan, l’école sino-arabe primaire fondée par Massu Yun à Ning Chia, l’école Jontiang des instituteurs, l’école islamique de Pingliang à Ningxia où s’enseignent la langue et la littérature arabes, l’Histoire, la géographie et les mathématiques.
Entre 1930 et 1945, quarante étudiants issus de différentes écoles islamiques chinoises ont été envoyés dans le cadre de missions scientifiques à l’université Al Azhar. A leur retour, ils ont occupé d’importants postes dans l’enseignement, l’éducation islamique, les waqfs et les affaires islamiques. La persévérance de certains d’entre eux leur a valu de compter parmi les savants musulmans chinois les plus distingués tels Mohammed Makin, Abdurrahmane Nanchong, Lin Chong, Shang Yo Ching, Ismaël Majing Yang, Shang Do, Najiong Lin Ching et Ding Chong Ming. Il est à rappeler que ces missions avaient lieu sous la supervision de M. Cha Ko Ching.
En cette période, la Chine connaissait la floraison de périodiques islamiques dont les plus importants sont Ching Hu’i (i .e le Mensuel islamique) paru pour la première fois en 1925, la revue Yo Yis Hu’a en 1928, la revue islamique Du Bao ainsi que d’autres périodiques islamiques qui pour ne pas avoir connu une très large diffusion sont tout de même publiés dans les villes chinoises où vivent d’importantes communautés musulmanes ; citons en à titre d’exemple : L’Islam, l’Aurore, l’Islam de Chine, l’Union islamique chinoise pour le salut de la nation, les Musulmans et la Jeunesse Hu’i.
Sur le plan de la production intellectuelle et scientifique, les auteurs musulmans ont publié plusieurs ouvrages dont la traduction du sens du Coran (Los Wang Jing Chai, 1932), l’augmentation de traduction chinoise du sens du Coran (Los Jien Biau), la grande foi coranique (Lang Kong Ming, 1947) et la traduction chinoise du sens des versets coraniques (Mohammed Makin). D’autres traductions du Saint Coran ont été publiées, dont les plus importantes étaient celles de Li Tih Shang en 1927 et Ji Jiu Wih en 1931.
La production intellectuelle ne s’est guère limitée à la traduction du Coran; d’autres ouvrages de tradition islamique ont été traduits en langue chinoise : la traduction commentée des textes de la Sunna par Jay Wei Ching en est un bon exemple. Mais outre la traduction, des ouvrages originaux ont été également publiés comme celui de Ma Ling Li intitulé les idées générales de l’islam. Par ailleurs, un groupe de docteurs musulmans chinois a entrepris de collecter et de rééditer les anciennes traductions en langue chinoise d’ouvrages islamiques en guise de prévention contre la perte ou la détérioration de ce patrimoine scriptural. De plus, plusieurs ouvrages d’histoire islamique ont été publiés ; citons en les suivants : Histoire de l’islam chinois (Jien Ji Tang, 1935), les annales de l’histoire islamique en Chine (kamali Li Wig, 1940), l’histoire de l’islam en Chine (Guo tong, 1940), Histoire sommaire de l’islam chinois et Références de la méthodologie islamique chinoise (Bâ Yin Cui) et Histoire synoptique de l’avènement de l’islam en Chine (Chai Wan)
En Chine, la communauté Hu’i est celle qui compte le plus grand nombre de musulmans. La renaissance de la Chine est liée à l’épanouissement de l’islam dans cette communauté qui a donné naissance à une génération de savants et de jeunes lettrés. Ceux-ci ont assimilé et embrassé la foi islamique et l’ont transmise avec sincérité et honnêteté. A travers la culture véhiculée par la communauté Hu’i, l’islam a consolidé l’union et la solidarité des communautés musulmanes de Chine.
La proclamation de la république populaire de Chine suite à la révolution de 1949 a apporté davantage de libertés religieuses et cultuelles en Chine. C’est ainsi que la culture islamique a joui d’un épanouissement avant d’être troublée par la révolution culturelle (1966-1976) qui a resserré l’étau sur les pratiques religieuses.

Source : http://www.isesco.org.ma/IndexFR.asp

mercredi 17 octobre 2007

Salam alaikoum ,

apres l'introduction , voici la premiere partie de cet enrichissant document ...

la diffusion de l’islam en Chine :

Le peuple de Chine a noué ses premiers contacts avec de la religion musulmane depuis ses débuts par le truchement des commerçants musulmans qui se déplaçaient entre les principaux centres commerciaux chinois (Zigong et Canton) et les centres commerciaux arabes (Iraq et Golfe arabique).(1)
Il semble pourtant que dans l’imaginaire arabe, la Chine était d’abord et surtout connue pour son éloignement géographique. Tout le monde connaît le célèbre adage qui dit : «Cherchez la science, quand bien même ce serait en Chine» L’histoire nous apprend par ailleurs que plusieurs délégations, dont celle conduite par Saad Bin Abi Waqqas, furent envoyées en Chine - du vivant du prophète mais aussi après sa mort- pour y prêcher l’islam. Selon une thèse qui fait toujours autorité au sein de la communauté musulmane chinoise, Saad est arrivé et a fini ses jours à Canton où se trouve actuellement son tombeau. Considéré comme l’un des plus importants lieux saints de Chine, le tombeau de cet auguste Compagnon du prophète est visité chaque année à la même date par un grand nombre de fidèles.(2)
De son côté, la littérature chinoise nous apporte de précieuses informations concernant la société arabo-islamique, les changements qui l’ont marquée et le développement de l’islam. La connaissance du monde arabo-musulman par les Chinois s’est approfondie avec l’expansion de l’islam en Asie centrale, l’Inde et la Chine sous le califat omeyyade.
Les Chinois, est-il besoin de le rappeler, ont connu l’islam à travers les voies maritime et terrestre. La voie terrestre dite «voie de Khorasan» est en fait un tronçon de la fameuse Route de la Soie qui traverse la Syrie en passant par Bagdad, Hamadhan, la côte caspienne, Shahir-e Rey, Neyshabur, Mary, Boukhara, Samarkand, Kashi et Xiang, ancienne capitale de la Chine. Quant à la voie maritime, bien connue des commerçants arabes et musulmans de l’époque, elle passait par Bassora, Al Ebla, Siraf (golfe de Bassora), Muscat (golfe d’Oman), Karachi, Kulumali, l’Inde, la Baie de Bengale, Sumatra, Can Tang, la Mer de Chine, Tonkin, et Canton, le grand port de Chine.
La principale tentative d’islamisation de la Chine fut menée sous le califat d’Al Walid Ibn Abdelmalek (86-96 H/705-715) par le commandant Qutaïba Ibn Muslim Al Bahili, gouverneur de Khorasan qui à la tête de son armée traversa le pays d’Outre-fleuve vers Boukhara puis Samarkand et d’autres cités pour enfin gagner la frontière de la Chine en l’an 96 de l’Hégire (714). Son périple se couronna par la conquête de Kachgar (Kashi) où il mit le peuple chinois devant trois options : l’islam, la Jizia ou l’affrontement armé. Ceux-ci ont préféré s’acquitter de la Jizia.(1)
A partir de cette époque-là, la Chine s’est vue acquise à l’islam. Cette nouvelle ouverture islamique a eu pour effet d’augmenter le nombre de musulmans déjà présents en Chine grâce aux efforts des commerçants arabes. Au fil du temps, une importante communauté musulmane s’est alors constituée autour des villes portuaires du sud où la majeure partie était active dans le commerce.
Des mosquées ont été construites en Chine pour accomplir les prières liturgiques et y inculquer préceptes et rites islamiques. La première mosquée de Chine fut édifiée à Chang’an en l’an 125 H/742 sous la Dynastie Tang, suivie d’une autre à Canton et une troisième à Tankin sous la Dynastie Song. De la région littorale, l’islam s’est ensuite étendu vers la région continentale.(2)
Les relations arabo-chinoises ont connu leur apogée à l’époque abbasside grâce à de fructueux échanges diplomatiques et commerciaux, notamment sous la dynastie Song. Puis commença la conquête des contrées chinoises dans le cadre de l’extension de la Dynastie abbasside sur le flanc oriental. Ainsi les quinze ambassades arabes qui étaient présentes en Chine à l’époque témoignaient des relations fructueuses qu’entretenaient les Abbassides avec le peuple chinois.(1)
L’islam s’étendit jusqu’aux confins des territoires contrôlés par la Dynastie mongole (679-751H) / (1280-1368). Les musulmans sont ensuite entrés dans les villes de Kachu et ont poussé jusqu’aux territoires septentrionaux et méridionaux qui étaient sous la tutelle du royaume mongol de Djaghataï(2). Ce faisant, les Mongoles firent montre d’une remarquable tolérance envers l’islam et les autres religions. Aussi plusieurs mosquées furent élevées et le nombre de musulmans qui ont quitté le monde turco-arabe pour s’installer en Chine a crû de manière substantielle.(3)
Sur ce chapitre, Rachid Eddine Fadlullah, auteur du «Grand livre de l’Histoire» a estimé qu’entre 8 et 12 départements étaient gouvernés par des musulmans, ce qui traduit la reconnaissance officielle de l’islam par la Dynastie mongole et la conversion des Chinois à l’islam.
En revanche, sous la Dynastie Ming (751-1060 H/1368-1644) qui pratiquait une politique isolationniste envers l’étranger, l’islam n’a pu se développer. En effet, cette dynastie réservait un traitement dur et violent aux musulmans de Chine. Mais envers et contre tout, la force de l’islam n’a pas diminué d’un iota dans les cœurs des Chinois. L’arabe, langue du Coran et du hadith, commençait à se diffuser quoique de manière limitée.(4)
Sous la Dynastie mandchoue (1060-1327H/1644-1911), l’islam connut une période de relâchement due essentiellement à la violente hostilité du pouvoir en place. Ce contexte défavorable eut un effet on ne peut plus néfaste sur le développement de la religion musulmane en Chine. Mais en dépit de ce contexte de franche malveillance qui s’est exacerbé tout le long du XIXème à leur égard, les musulmans n’ont à aucun moment cessé de défendre leur religion. Une nouvelle génération de jeunes musulmans a vu le jour, qui s’est chargée de porter le flambeau de l’islam en Chine. C’est ainsi que, contre vents et marées, l’islam a gagné les régions méridionales, littorales, septentrionales et occidentales. De fait, étouffés par le dur traitement que leur réservait la Dynastie mandchoue, les musulmans ont résolu de répondre à la force par la force en s’insurgeant contre le pouvoir central. Puis survint la révolution nationaliste chinoise qui supplanta le régime politique traditionnel de la Dynastie mandchoue et instaura la République en 1911. Une nouvelle page de l’histoire islamique en Chine était à écrire.(1)
Après avoir souffert d’injustice et d’arbitraire, Il était tout naturel que les musulmans soutiennent le nouveau gouvernement présidé par Sun Yat-Sen qui leur a rendu la pareille car dès lors ils firent partie des cinq communautés religieuses principales de Chine qui avaient le droit de pratiquer leur culte en toute liberté. Si bien que la majorité des villes chinoises comptait une communauté musulmane absolument libre d’édifier ses mosquées, de mener une vie religieuse et sociale sans entraves et d’avoir même recours à un Juge spécial pour régler leurs différends. Canton était à cette époque l’un des plus grands centres islamiques de Chine.(2)
L’extension de l’islam dans l’Empire du Milieu était indissociablement liée à l’enseignement de la langue arabe. Un grand intérêt était ainsi accordé à la lecture normative du Coran, à la maîtrise de la terminologie du droit musulman et à la connaissance linguistique nécessaire à leur vie religieuse. C’est ainsi qu’une pléiade de docteurs de droit islamique qui ont pris en charge l’explication des fondements de la religion musulmane au peuple a introduit la langue arabe dans les prières rituelles, les invocations, le prêche et les causeries religieuses. La traduction de certains passages du Coran sous la Dynastie mongole a largement contribué à la diffusion de l’islam auprès de la population qui parlait la langue mongole.(3)
A cette époque, les musulmans de Chine ont été connus pour leurs bonnes mœurs et leur vertu. La sincérité, l’honneur, l’honnêteté commerciale et politique furent autant de qualités qui forcèrent le respect et l’estime de l’ensemble du peuple chinois et contribuèrent par-là même à grossir les rangs des musulmans de Chine. Depuis lors, ceux-ci jouissaient d’un climat social et religieux spécifique alors que plusieurs autres confessions peinaient à s’implanter en terre chinoise et à y assurer leur pérennité. Tolérance, respect et pacifisme, voilà quelques uns des traits qui ont acquis le peuple chinois à l’islam et qui ont fait que plusieurs musulmans furent désignés pour gouverner différentes régions et occuper des postes de haute responsabilité aussi bien sous le régime impérial qu’à l’ère républicaine.(1)

la diffusion de l’islam en Chine

Salam alaikoum ,

apres l'introduction , voici la premiere partie de cet enrichissant document ...

la diffusion de l’islam en Chine :
Le peuple de Chine a noué ses premiers contacts avec la religion musulmane depuis ses débuts par le truchement des commerçants musulmans qui se déplaçaient entre les principaux centres commerciaux chinois (Zigong et Canton) et les centres commerciaux arabes (Iraq et Golfe arabique).
Il semble pourtant que dans l’imaginaire arabe, la Chine était d’abord et surtout connue pour son éloignement géographique. Tout le monde connaît le célèbre adage qui dit : «Cherchez la science, quand bien même ce serait en Chine» L’histoire nous apprend par ailleurs que plusieurs délégations, dont celle conduite par Saad Bin Abi Waqqas, furent envoyées en Chine - du vivant du prophète mais aussi après sa mort- pour y prêcher l’islam. Selon une thèse qui fait toujours autorité au sein de la communauté musulmane chinoise, Saad est arrivé et a fini ses jours à Canton où se trouve actuellement son tombeau. Considéré comme l’un des plus importants lieux saints de Chine, le tombeau de cet auguste Compagnon du prophète est visité chaque année à la même date par un grand nombre de fidèles.
De son côté, la littérature chinoise nous apporte de précieuses informations concernant la société arabo-islamique, les changements qui l’ont marquée et le développement de l’islam. La connaissance du monde arabo-musulman par les Chinois s’est approfondie avec l’expansion de l’islam en Asie centrale, l’Inde et la Chine sous le califat omeyyade.
Les Chinois, est-il besoin de le rappeler, ont connu l’islam à travers les voies maritime et terrestre. La voie terrestre dite «voie de Khorasan» est en fait un tronçon de la fameuse Route de la Soie qui traverse la Syrie en passant par Bagdad, Hamadhan, la côte caspienne, Shahir-e Rey, Neyshabur, Mary, Boukhara, Samarkand, Kashi et Xiang, ancienne capitale de la Chine. Quant à la voie maritime, bien connue des commerçants arabes et musulmans de l’époque, elle passait par Bassora, Al Ebla, Siraf (golfe de Bassora), Muscat (golfe d’Oman), Karachi, Kulumali, l’Inde, la Baie de Bengale, Sumatra, Can Tang, la Mer de Chine, Tonkin, et Canton, le grand port de Chine.
La principale tentative d’islamisation de la Chine fut menée sous le califat d’Al Walid Ibn Abdelmalek (86-96 H/705-715) par le commandant Qutaïba Ibn Muslim Al Bahili, gouverneur de Khorasan qui à la tête de son armée traversa le pays d’Outre-fleuve vers Boukhara puis Samarkand et d’autres cités pour enfin gagner la frontière de la Chine en l’an 96 de l’Hégire (714). Son périple se couronna par la conquête de Kachgar (Kashi) où il mit le peuple chinois devant trois options : l’islam, la Jizia ou l’affrontement armé. Ceux-ci ont préféré s’acquitter de la Jizia.
A partir de cette époque-là, la Chine s’est vue acquise à l’islam. Cette nouvelle ouverture islamique a eu pour effet d’augmenter le nombre de musulmans déjà présents en Chine grâce aux efforts des commerçants arabes. Au fil du temps, une importante communauté musulmane s’est alors constituée autour des villes portuaires du sud où la majeure partie était active dans le commerce.
Des mosquées ont été construites en Chine pour accomplir les prières liturgiques et y inculquer préceptes et rites islamiques. La première mosquée de Chine fut édifiée à Chang’an en l’an 125 H/742 sous la Dynastie Tang, suivie d’une autre à Canton et une troisième à Tankin sous la Dynastie Song. De la région littorale, l’islam s’est ensuite étendu vers la région continentale.
Les relations arabo-chinoises ont connu leur apogée à l’époque abbasside grâce à de fructueux échanges diplomatiques et commerciaux, notamment sous la dynastie Song. Puis commença la conquête des contrées chinoises dans le cadre de l’extension de la Dynastie abbasside sur le flanc oriental. Ainsi les quinze ambassades arabes qui étaient présentes en Chine à l’époque témoignaient des relations fructueuses qu’entretenaient les Abbassides avec le peuple chinois.
L’islam s’étendit jusqu’aux confins des territoires contrôlés par la Dynastie mongole (679-751H) / (1280-1368). Les musulmans sont ensuite entrés dans les villes de Kachu et ont poussé jusqu’aux territoires septentrionaux et méridionaux qui étaient sous la tutelle du royaume mongol de Djaghataï(2). Ce faisant, les Mongoles firent montre d’une remarquable tolérance envers l’islam et les autres religions. Aussi plusieurs mosquées furent élevées et le nombre de musulmans qui ont quitté le monde turco-arabe pour s’installer en Chine a crû de manière substantielle.
Sur ce chapitre, Rachid Eddine Fadlullah, auteur du «Grand livre de l’Histoire» a estimé qu’entre 8 et 12 départements étaient gouvernés par des musulmans, ce qui traduit la reconnaissance officielle de l’islam par la Dynastie mongole et la conversion des Chinois à l’islam.
En revanche, sous la Dynastie Ming (751-1060 H/1368-1644) qui pratiquait une politique isolationniste envers l’étranger, l’islam n’a pu se développer. En effet, cette dynastie réservait un traitement dur et violent aux musulmans de Chine. Mais envers et contre tout, la force de l’islam n’a pas diminué d’un iota dans les cœurs des Chinois. L’arabe, langue du Coran et du hadith, commençait à se diffuser quoique de manière limitée.
Sous la Dynastie mandchoue (1060-1327H/1644-1911), l’islam connut une période de relâchement due essentiellement à la violente hostilité du pouvoir en place. Ce contexte défavorable eut un effet on ne peut plus néfaste sur le développement de la religion musulmane en Chine. Mais en dépit de ce contexte de franche malveillance qui s’est exacerbé tout le long du XIXème à leur égard, les musulmans n’ont à aucun moment cessé de défendre leur religion. Une nouvelle génération de jeunes musulmans a vu le jour, qui s’est chargée de porter le flambeau de l’islam en Chine. C’est ainsi que, contre vents et marées, l’islam a gagné les régions méridionales, littorales, septentrionales et occidentales. De fait, étouffés par le dur traitement que leur réservait la Dynastie mandchoue, les musulmans ont résolu de répondre à la force par la force en s’insurgeant contre le pouvoir central. Puis survint la révolution nationaliste chinoise qui supplanta le régime politique traditionnel de la Dynastie mandchoue et instaura la République en 1911. Une nouvelle page de l’histoire islamique en Chine était à écrire.
Après avoir souffert d’injustice et d’arbitraire, Il était tout naturel que les musulmans soutiennent le nouveau gouvernement présidé par Sun Yat-Sen qui leur a rendu la pareille car dès lors ils firent partie des cinq communautés religieuses principales de Chine qui avaient le droit de pratiquer leur culte en toute liberté. Si bien que la majorité des villes chinoises comptait une communauté musulmane absolument libre d’édifier ses mosquées, de mener une vie religieuse et sociale sans entraves et d’avoir même recours à un Juge spécial pour régler leurs différends. Canton était à cette époque l’un des plus grands centres islamiques de Chine.
L’extension de l’islam dans l’Empire du Milieu était indissociablement liée à l’enseignement de la langue arabe. Un grand intérêt était ainsi accordé à la lecture normative du Coran, à la maîtrise de la terminologie du droit musulman et à la connaissance linguistique nécessaire à leur vie religieuse. C’est ainsi qu’une pléiade de docteurs de droit islamique qui ont pris en charge l’explication des fondements de la religion musulmane au peuple a introduit la langue arabe dans les prières rituelles, les invocations, le prêche et les causeries religieuses. La traduction de certains passages du Coran sous la Dynastie mongole a largement contribué à la diffusion de l’islam auprès de la population qui parlait la langue mongole.
A cette époque, les musulmans de Chine ont été connus pour leurs bonnes mœurs et leur vertu. La sincérité, l’honneur, l’honnêteté commerciale et politique furent autant de qualités qui forcèrent le respect et l’estime de l’ensemble du peuple chinois et contribuèrent par-là même à grossir les rangs des musulmans de Chine. Depuis lors, ceux-ci jouissaient d’un climat social et religieux spécifique alors que plusieurs autres confessions peinaient à s’implanter en terre chinoise et à y assurer leur pérennité. Tolérance, respect et pacifisme, voilà quelques uns des traits qui ont acquis le peuple chinois à l’islam et qui ont fait que plusieurs musulmans furent désignés pour gouverner différentes régions et occuper des postes de haute responsabilité aussi bien sous le régime impérial qu’à l’ère républicaine.
Source : http://www.isesco.org.ma/IndexFR.asp

mardi 16 octobre 2007

L’islam en Chine : Renaissance et Perspectives

L’islam en Chine : Renaissance et Perspectives

Dr Moufid Al Zaidi


As-Salam alaikoum ;

un article tres interessant ; pour beaucoup d'entre-nous , nous connaissons tres peu les liens sur la presence de notre belle religion en Chine . Cette recherche nous apporte les informations essentielles sur ce sujet ; tres bonne lecture ...

Introduction :
L’histoire des relations commerciales entre les Arabes et la Chine remonte à une époque aussi lointaine que la période pré-islamique. Les marchandises en provenance d’Extrême-Orient transitaient ainsi par la péninsule arabique avant d’être acheminées vers l’Ouest (Europe centrale comprise) par les commerçants arabes. Mais, plus qu’un trait d’union économique entre le Levant et l’Occident, les Arabes de la Péninsule ont joué un rôle déterminant dans les relations sociales avec la Chine en particulier.
Puis vint l’islam qui, après avoir gagné l’ensemble de la péninsule arabique du vivant du prophète Mohammed (paix et salut soient sur lui), s’est étendu autant vers l’Orient que vers l’Occident. Le commerce arabe n’en devint que plus prospère grâce notamment à ses liens économiques avec la Chine qui fut dès lors conquise à l’islam. Déjà importante, la population musulmane des principales villes chinoises a sensiblement augmenté suite à l’émigration islamique de l’époque mongole et à l’installation des musulmans du Turkestan en Chine après avoir mis un terme à un soulèvement interne.(1)
Profondément ancrées dans l’Histoire, les relations arabo-chinoises étaient fondées sur la confiance mutuelle, la coopération et les intérêts bilatéraux. Aussi est-ce de manière pacifique que l’islam s’est répandu en Chine et non par la force du glaive comme le prétendent certains occidentaux. Et c’est bien parce que les autochtones chinois furent touchés par la probité, l’honnêteté et l’excellente conduite des commerçants musulmans qu’ils ont spontanément embrassé la religion musulmane. En vérité, le peuple de Chine a fait profession d’islam par vocation non par contrainte, par conviction non par fantaisie. C’est ainsi que la religion musulmane s’est développée et fortifiée en terre chinoise et c’est ainsi qu’on l’y retrouve aujourd’hui encore.
La présente étude tentera de faire la lumière sur la réalité actuelle de l’islam et des musulmans en Chine, de mettre en évidence le renouveau islamique que représentent l’activité des exégètes musulmans et de la jeunesse musulmane au sein des mosquées, des associations, centres de recherche et instituts islamiques. Par cette étude, nous entendons également envisager les perspectives d’avenir de l’action islamique en Chine et de mettre le doigt sur les difficultés qui en entravent le bon fonctionnement pour enfin essayer de trouver les voies qui mènent vers la pérennité de l’islam en Chine et sa présence éternelle dans les cœurs des Chinois.
La suite prochainement insha'Allah ...

Source :http://www.isesco.org.ma/IndexFR.asp