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jeudi 13 janvier 2011

Maulana Rumi (ra) était musulman

Extraits des quatrains de Maulana Rumi (ra)
 
Salam alaikoum,

malheureusement comme pour Ibn Arabi (ra) beaucoup de mouvement new-âge qui se disent sufis mais n'en ont que le nom ont déformé le véritable personnage qu'est Maulana Rumi (ra). Ils tentent de séparer ce qui n'est pas, c'est à dire rumi (ra) de l'Islam de même qu'ils le font avec le soufisme. Le soufisme sans l'Islam, sans la loi islamique, c'est comme une coquille vide, une barque sans pagaies pour arriver à destination.


Un extrait de ses quatrains:

Man banda-ye qur'ānam, agar jān dāram
man khāk-e rah-e muhammad-e mukhtāram
gar naql konad joz īn kas az goftāram
bēzāram azō waz-īn sokhan bēzāram.


Je suis le serviteur du Coran tant que je vivrais 
Je suis la poussière sur la voie de Mohammed, l'élu 
 Si une personne rapporte autre chose de mes dires 
Je me dissocie de lui et suis outragé par ces paroles 


il y a dans son oeuvre plusieurs autres passages et écrits où il affirme son attachement à l'islam, au Prophete (saws).

dimanche 3 octobre 2010



le Prophète (saws) a dit:

"Quiconque croit en Dieu et au Dernier Jour, qu'il parle bien ou sinon qu'il se taise"

vendredi 1 octobre 2010

Quand Iblis devint « shaytan »

Quand Iblis devint « shaytan »

par Asma Sassi  


De son vrai nom Iblis, al shaytan -traduit en Français par « Satan »- est la personnification du mal et de la tentation. Connu et reconnu en tant que tel par l’ensemble des religions monothéistes, la nature du shaytan reste mystérieuse et sa présence dans les livres saints s’accompagne aisément d’une réflexion autour de la prédestination et du Libre-Arbitre.

Le nom « shaytan » découle de la racine sh-t-n, qui signifie « détourner quelqu’un de son intention ». Déjà usité dans l’Arabie préislamique, l’on retrouve un verbe à consonance identique en hébreu, langue sémitique, que l’on traduit par « accuser, s’opposer » et qui est fortement utilisé dans les écrits rabbiniques et dans la tradition juive d’une manière générale.

ATTRIBUTION DES ROLES

De nombreux commentateurs du Coran estiment que le shaytan est une appellation postérieure à celle d’Iblis et que les deux termes, s’ils ont un tronc commun, ne renvoient pas à la même signification.

Le nom « Iblis » apparaît régulièrement dans le Coran lors du récit de la Création (1). Ce nom d’origine grecque, « diabolos », est celui que l’on retrouve dans un récit de la Genèse intitulé La vie d’Adam et d’Eve, qui a connu de nombreuses versions grecques.

La présence d’une telle appellation dans le Coran a pu quelque peu troublé les commentateurs classiques. Cependant, la recherche archéologique a permis de comprendre la forte influence hellénistique dans l’Arabie préislamique, notamment dans l’Arabie du Nord. Ce qui explique donc la présence et l’emploi de ce nom pour relater l’histoire de la Création (2).

Iblis est le personnage par lequel Dieu introduit la notion de Mal dans l’histoire de l’humanité. Alors qu’Il vient de créer l’homme, Il demande à Ses anges de se prosterner devant cette nouvelle créature. Tous obéissent à l’exception d’Iblis qui s’enfle d’orgueil et rétorque à Dieu qu’il vaut plus que cette créature faite d’argile. Dieu le chasse donc du Paradis mais avant cela, Il accepte le pacte que Lui propose Iblis, à savoir tenter les communautés humaines qui se succèderont sur la terre, à l’exception des serviteurs les plus fidèles.

Dès lors, Iblis se met en quête de son premier stratagème et incite Adam, installé avec sa femme au Paradis, à goûter des fruits de l’Arbre de l’Eternité. Ce sera là le premier acte de tentation qui vaudra à Iblis l’appellation définitive de « al shaytan » (démon).

Ainsi, les commentateurs du Coran distinguent Iblis et le shaytan en qualifiant le premier d’orgueilleux et de désobéissant et le deuxième de tentateur. Celui-ci se voit attribuer des légions de shayatin, des djinns devenus démons, voués à la mission unique qui revient au Diable : détourner l’homme de sa destination finale, le Paradis.

LA NATURE DE IBLIS

Le mystère reste entier de savoir si Iblis est un ange ou un djinn. Les commentateurs et penseurs de la Tradition classique ont maintes fois tenté de définir cet étrange personnage sans succès. Si l’exégète mu’tazilite Az-Zamakhsharî (m.1144) affirmait que Iblis n’était rien d’autre qu’un djinn, d’autres penseurs tel que le qadî shafi’ite Al-Baydawî (m.1286) tentaient de montrer qu’il avait en réalité une double nature d’ange et de djinn.

En réalité, une telle problématique se pose dans la mesure où le Coran décrit Iblis comme un être créé de feu (tout comme les djinns) tandis que le hadith décrit les anges (malâ’ika) comme des êtres de lumière. La question est de savoir pour quelles raisons et dans quelle mesure Iblis s’est senti concerné par un ordre divin explicitement donné aux anges et non aux djinns.

Beaucoup de savants ont estimé que Iblis était un djinn élevé au rang d’ange pour sa loyauté envers Dieu, sa bravoure et sa combativité. L’historien At-Tabarî (m.923) le présente dans sa Chronique comme un djinn dévoué à la cause divine qui s’est vu remettre le commandement de la terre avant l’arrivée de l’homme. Ce qui expliquerait dans une certaine mesure sa présence lors de la création de l’être humain et le fait qu’il ait été concerné par l’ordre divin de se prosterner devant lui.

D’autres penseurs ont tenté de démontrer la nécessité d’un Ordre universellement établi par Dieu concernant le statut de Ses créatures. Ils affirment que les Anges, étant des êtres impeccables, totalement dévoués à leur Seigneur, ne sauraient s’ériger contre ce dernier. Pourtant, l’exigence de cohérence établie par cet Ordre universel est telle qu’il faut tout de même admettre la nécessité de créer au sein même de la communauté des Anges une créature désobéissante, annonçant donc la peccabilité de certains d’entre eux et le début de l’humanité selon un principe dualiste.

Cette théorie, très peu développée dans la tradition classique, puise ses origines dans la théologie chrétienne où le diable apparaît comme un ange déchu. Certains penseurs classiques n’ont pas hésité à qualifier la déclaration de Iblis comme un lapsus linguae servant sa condamnation à un nouveau statut (démon), nâr signifiant le feu et nûr la lumière en référence au verset 7 de la sourate 12, Yusûf :

VII-12 : « Dieu lui dit : Qu’est-ce qui t’empêche de te prosterner, quand Je te l’ai enjoint ? - Je vaux mieux qu’Adam, dit-il, Tu m’as créé de feu / lumière, lui d’argile ».

A l’heure actuelle, aucune réponse ne satisfait les différentes classes de pensée si ce n’est de croire tout simplement que Iblis ne saurait être autre chose qu’un djinn.

AL SHAYTAN ET LA PREDESTINATION

Iblis devenu al shaytan, la question se pose alors de savoir quelle est sa part de responsabilité dans les actes humains et quelle place il tient dans le système dualiste qui caractérise l’Islam (opposition entre le Bien et le Mal).

Présenté comme l’Ennemi (Al ’adû), le Lapidé (Al-Rajîm), l’Idole (Taghout) que vénèrent les Mecquois à travers le culte de la trinidade (3), al shaytan est bien la personnification du mal mais il n’en est pas le maître absolu.

Certains penseurs ont vu dans l’épisode de la Création le point de départ de la responsabilisation de l’homme dans ses actes. Tout comme Dieu a insufflé de son esprit à Adam, le shaytan, en tentant celui-ci lui a insufflé de son propre souffle maléfique. Si bien que le mal est en l’homme et non plus seulement inspiré par le shaytan ; c’est ce que laisse penser ce passage du Coran :

IV- 79. « Tout bien qui t’atteint vient d’Allah, et tout mal qui t’atteint vient de toi- même… ».

De la même façon, le shaytan ne se présente pas dans le Coran comme le maître de l’Enfer mais bien au contraire, comme l’un de ses habitants. C’est donc qu’il n’est pas le Seigneur du Mal par excellence mais simplement son premier agent. Ce qui laisse donc l’homme à son Libre-arbitre et à sa décision d’aller vers les Ténèbres ou vers la Lumière.

Cette minimisation du rôle du shaytan se retrouve expliquée plus habilement encore par Thomas d’Aquin :

« Occasionnellement et indirectement, le diable est bien la cause de tous nos péchés puisque c’est lui qui a induit le premier homme à faire le mal et qu’à la suite de ce premier péché, la nature humaine a été tellement viciée que nous sommes tous maintenant enclin au mal (…) Mais directement, le diable n’est pas la cause de toutes les fautes des hommes, à ce point d’insinuer chacune en particulier » (4)

D’autre part, le shaytan étant assimilé à un djinn (5), le commandement de ces créatures lui est assigné pour autant qu’elles aient un esprit maléfique dès leur origine. D’ailleurs, pour le jurisconsulte hanbalite Ibn Taymiyya (m.1328), le shaytan est même le premier djinn à l’origine des autres tout comme Adam est le premier homme à l’origine des humains.

Les djinns sont considérés dans la Tradition islamique comme des êtres à part entière, soumis au jugement final. C’est ainsi qu’il apparaît que le shaytan s’assimile bien plus aisément à une créature plutôt qu’à une force assimilable aux anges. En ce sens, ses capacités divinatoires sont limitées et il se soumet lui-même à un jugement final sur son sort (6).


(1) Coran : II-34/38 ; VII-11/25 ; XV-29/44 ; XVII-61/65 ; XVIII-50 ; XX-116/126 ; XXXVIII-71/83.

(2) D’ailleurs, de nombreux autres termes d’origine grecque abondent dans le Coran.

(3) Trinidade mecquoise : Ullât, Al Ozza, Al Manât.

(4) Citation extraite de l’encyclopédie Universalis (Art.Satan, auteur : H.Rousseau)

(5) Coran : XVIII-50 : « A l’exception d’Iblis (qui était du nombre des djinns)… »

(6) C’est une théorie que l’on retrouve dans la conception juive des êtres créés.


Bibliographie :

Encyclopédie de l’Islam, Leiden, E.J.Brill - Iblis ; Shaytan

Encyclopédie Universalis - Satan

At-Tabarî - Chroniques des prophètes et des rois (éd. ACTES SUD)

Mircea Eliade - Dictionnaire des religions (éd.Pocket)

Ali Mérad - L’exégèse coranique (éd. PUF, QSJ ?)

Mondher Sfar - Le Coran, la Bible et l’Orient Ancien (éd. Cassini)

M.Boudjenou - Djinns et Démons (éd.Tawhid)

Source:  http://oumma.com/Quand-Iblis-devint-shaytan

mercredi 22 septembre 2010

Le jeûne des six jours du mois de chawal

Le jeûne des six jours du mois de chawal

Salam alaikoum cheres freres et soeurs,

 il est toujours temps pour ce qui le souhaite de pratiquer cette tradition du Prophete (saws) insha'Allah.


D'après abou Ayoub al Ançari (Qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah (Paix et bénédiction d'Allah sur lui) a dit :

« Celui qui jeûne le mois de Ramadhan puis le fait suivre de six jours du mois de Chawal, son jeûne est considéré comme étant un jeûne continuel (c.à.d sur toute l'année). »

L'interdiction de l'orgueil et de la vanité

L'interdiction de l'orgueil et de la vanité
 
Dieu (le Très-Haut) a dit :

"Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne recherchent, ni à s’élever sur terre, ni à y semer ma corruption. Cependant, l’heureuse fin appartient aux pieux.
Quiconque viendra avec le bien, aura meilleur que cela encore ; et quiconque viendra avec le mal, (qu’il sache que) ceux qui commettront des méfaits ne seront rétribués que selon ce qu’ils ont commis."

Sourate 28, 83

 "Ne marche pas sur terre plein de suffisance".

Sourate 17, 37

"Ne sois pas d'un abord difficile (m.à.m.: n'éloigne point ta joue des gens), ne marche pas sur terre très content de toi-même, Dieu n'aime certainement pas tout être plein de suffisance et de vantardise"

Sourate 31, 18

Quant aux hâdîths :

612. Selon 'Abdoullâh Ibn Mas'oûd (que Dieu l'agrée), le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "N'entrera pas au Paradis celui qui a dans son cœur le poids d'un atome d'orgueil". Quelqu'un dit : "On aime pourtant avoir un bel habit et de belles chaussures".
Il dit : "Dieu est beau et Il aime la beauté. L'orgueil c'est le fait de ne pas accepter une vérité venant des autres et de les mépriser". (Mouslim)

613. Selon Salama Ibn Al-Akwa' (que Dieu l'agrée), quelqu'un mangea chez le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avec la main gauche.
Il lui dit : "Mange avec ta main droite!"
L'homme dit : "Je ne le peux pas".
Il dit : "Puisses-tu ne jamais le pouvoir!"
Seul son orgueil l'en empêche en effet.
Salma dit : "Il ne porta plus sa main droite à sa bouche". (Mouslim)

614.Hàritha Ibn Wahb (que Dieu l'agrée) a dit : "J'ai entendu le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire : "Voulez-vous que je vous dise qui sont les gens de l'Enfer? Ce sont tout butor, avide de richesse, avare et orgueilleux". (Al-Boukhâri, Mouslim)

615. Selon Abou Sa'îd Al-Khoudri (que Dieu l'agrée), le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Le Paradis et l'Enfer voulurent se prouver l'un à l'autre leur supériorité. L'Enfer dit : "C'est chez moi que se trouvent les tyrans et les orgueilleux". Le Paradis répliqua : "C'est chez moi que se trouvent les faibles et les miséreux". Dieu arbitra alors entre eux : "Tu es, toi Paradis, Ma miséricorde que Je donne à qui Je veux et toi, Enfer, tu es Mes tourments auxquels Je soumets qui Je veux. Je m'engage à assurer son plein à chacun de vous deux"". (Mouslim)

616. Selon Abou Hourayra (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Dieu ne regarde pas le jour de la résurrection celui qui laissait traîner son manteau pour écraser les autres de son opulence". (Al-Boukhâri, Mouslim)

617. Selon lui encore, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Trois individus Dieu ne leur parlera pas le jour de la résurrection, ne les bénira pas et ne les regardera pas. Ils auront en outre des tourments douloureux :
1. Un vieillard fornicateur.
2. Un roi menteur.
3. Un pauvre plein d'orgueil". (Mouslim)

618. Encore selon lui, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Dieu (le Très-Haut) a dit : "La fierté est Mon pagne et l'orgueil est Mon manteau. Celui qui veut Me disputer l'un d'eux, Je l'assure déjà des tourments qui l'attendent"". (Mouslim)

619. Toujours selon lui, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Alors que quelqu'un marchait dans sa belle parure, très fier de lui-même, les cheveux bien peignés, se pavanant dans sa démarche, voilà que Dieu ouvrit la terre sous ses pieds et il ne cesse depuis de descendre au fond de la terre jusqu'au jour de la résurrection". (Al-Boukhâri, Mouslim)

620. Selon Salama Ibn Al-Akwa' (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Tant l'homme se laisse aller à sa prétention qu'il est inscrit parmi les violents et les orgueilleux et il est alors atteint par les tourments qui les frappent". (At-Tirmidhi)

Source: L'Imam Nawawi, Les jardins des vertueux, chapître 72.

samedi 11 septembre 2010

Le miswak

Le miswak

Par le Dr.Ragaii El-Mostehy, le Dr.A.A.Al-Jassem, le Dr.I.A.Al-Yassin, le Dr.A.R.El-Gindy et le Dr E.Shoukry Koweit

De nombreuses mesures d'hygiène buccale ont été employées depuis la nuit des temps. Ceci a été confirmé par différentes recherches effectuées partout dans le monde, lors desquelles on a pu retrouver cure-dents, bâtons à mâcher, ramilles, bandes de tissu, plumes d'oiseaux, os d'animaux et piquants de porc-épics.

Les substances d'origine végétale sont des petits bâtons savoureux, et, bien que primitives, elles furent une étape de transition vers la brosse à dent moderne. Il a été établi qu'environ dix-sept plantes ont pu être recensées comme source naturelle pour plusieurs de ces méthodes d'hygiène buccale.

Les bâtons les plus utilisés depuis les temps les plus anciens sont les bâtons de Siwak ou Miswak. On obtient ce bâton à partir d'une plante appelée Salvadora Persica qui pousse autour de La Mecque et au Moyen-Orient de manière générale. Le Siwak est largement utilisé chez les musulmans après que le prophète Mohammed (sws) ait réalisé sa valeur comme moyen à utiliser par les musulmans pour se nettoyer les dents. A cet égard notre prophète (sws) est considéré comme le premier éducateur en véritable hygiène bucco-dentaire.

Bien qu'il ne soit pas fait mention de l'utilisation du Siwak dans le Coran, on peut lire plusieurs références à celui-ci dans le recueil des paroles de Mohammed (sws). Pour ce qui est des avantages du Siwak pour la propreté buccale, un de ces dires est le suivant : « SI CELA NE REPRESENTAIT PAS UN FARDEAU TROP IMPORTANT POUR LES CROYANTS, JE VOUS ORDONNERAIS D'UTILISER LE SIWAK AVANT CHAQUE PRIERE »

Plusieurs anecdotes, incidents, poèmes et règles d'éthique se référant à l'utilisation du Siwak ont été mentionnés dans différentes références parlant de la propreté buccale.

Salvadora Persica est en fait une petit arbuste ou arbrisseau au tronc tortueux, d'un diamètre excédant rarement 30 cm, à l'écorce rugueuse et tortueuse, blanchâtre et aux extrémités pendantes. L'écorce de cette racine est marron clair et les surfaces à l'intérieur sont blanches, elle a l'odeur du cresson et un gôut chaud et âcre. Chimiquement, l'écorce de la tige séchée de Salvadora Persica a subi un procédé d'extraction par 80% d'alcool puis par de l'ether et est passée par différentes procédures chimiques complètes.

Celles-ci ont montré qu'elle était composée de

1- Triméthylamine

2- Un alcaloïde qui peut être de la salvadorine

3- Des chlorides

4- Des taux élevés de fluoride et de silice

5- Du soufre

6- De la vitamine C

7- De faibles quantités de tannins, de saponins, de pentanolides et de stérols

-OBJECTIFS DE LA PRESENTE ENQUETE :

Du fait de la grande qualité de propreté buccale observée chez les individus qui emploient le Siwak comme unique moyen de se brosser les dents et du fait de la faible fréquence de caries dentaires de ces individus, nous avons entrepris cette étude.

Elle a pour but d'étudier les points suivants :

1- La capacité d'action mécanique du Siwak en tant qu'outil de nettoyage de la bouche et sa capacité à débarasser la bouche de la plaque bactérienne (aggrégats nocifs pour la gencive)

2- Si le Siwak est réduit en poudre et utilisé sur une brosse à dents, peut-il être efficace pour l'hygiène buccale ?

3- Comparé à d'autres dentifrices en poudre fortement abrasifs, le Siwak peut-il compter parmi les produits très efficaces pour ce qui est des substances utilisées ?

-DISCUSSION :

L'hygiène buccale et la motivation des patients pour avoir une bouche propre tirent leur origine dans les paroles de Mohammed (sws). Du fait de l'usage répété du Siwak pendant la journée, ses utilisateurs ont montré un niveau inhabituellement élevé de propreté buccale. C'est un fait bien connu que la plaque dentaire formée part immédiatement après un brossage de dents méticuleux. Au bout de 24 heures cette plaque dentaire a déjà bien avancé sa maturation et commence alors ses effets de dégradation sur la gencive.

Une hygiène buccale adéquate devrait être maintenue grâce à des instructions intensives de la part du parodontiste ainsi que grâce au temps passé par le patient à se brosser les dents et à sa dextérité. Ces points sont corrigés par les musulmans eux-mêmes car les utilisateurs de Siwak le considèrent comme un rituel faisant partie de leurs prescriptions religieuses.

Les résultats obtenus lors de cette enquête ont prouvé que le Siwak, ainsi que d'autres ramilles d'arbres, pouvait être un outil efficace pour enlever les dépôts dentaires mous. Il peut même être employé comme moyen efficace dans les programmes de prévention dentaire pour le grand public. Les indicateurs utilisés dans ces enquêtes étaient simples et appropriés car ils discriminaient les étapes expérimentales ainsi que les groupes expérimentaux.

L'emploi de l'amidon n'est pas très précis mais il avait pour but d'évaluer le degré avec lequel le Siwak et le Siwak en poudre pouvaient débarasser les dents des dépôts en comparaison avec les meilleurs moyens abrasifs, à savoir les dentifrices du commerce.

Il a été constaté que la différence de taux de plaque dentaire entre la 1ère et la 5ème semaine pour le Siwak en poudre est la plus élevée en pourcentage (-11,2%) de toutes celles relevées. Ceci indique que le Siwak en poudre employé avec un moyen mécanique approprié à savoir une brosse à dents donnera une qualité élevée de propreté buccale.

Il a été rapporté que la Salvadora Persica contenait des substances possédant des propriétés anti-bactériennes. D'autres de ses composants sont astringents, détersifs et abrasifs. Ces propriétés encouragent certains laboratoires qui fabriquent des dentifrices à incorporer des substances de sa tige et/ou de ses racines dans leurs produits (Beckenham UK Sarakan Ltd).

Bien que la poudre que l'on trouve dans le commerce soit très efficace pour faire partir la plaque dentaire, son utilisation sur la durée de notre expérience a cependant montré un fort pourcentage de gingivites dans le groupe qui utilisait la poudre du commerce (dentifrice). Il est vrai que l'éradication de la plaque dentaire est essentielle mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres tissus qui en subissent les effets secondaires.

Nous pouvons conclure que le Siwak et le Siwak en poudre sont des outils excellents pour l'hygiène buccale. Etant aisément disponible dans cette partie du monde, peu coûteux et facilement adopté par les musulmans car faisant partie de leurs prescriptions religieuses, le Siwak est fortement recommandé lors de la mise en place de programmes de prévention sur la santé bucco-dentaire dans les pays musulmans. Des recommandations devraient également être faites aux fabricants de dentifrice afin qu'ils incluent le Siwak en poudre dans un dentifrice sophistiqué aux forts pouvoirs débridants.

Source: http://www.islam-medecine.com/article128.html

 

mercredi 4 août 2010

Bolivie: les musulmans sont surtout des convertis

Bolivie: les musulmans sont surtout des convertis

Sarah Burkhalter
20 Jul 2010

 


Alors qu'en Europe, les mosquées sont en grande partie fréquentées par des musulmans de souche, immigrés de pays musulmans, la mosquée de Santa Cruz de la Sierra, deuxième grande ville de Bolivie, compte avant tout par des Boliviens convertis parmi ses fidèles. Eclairage sur ceux-ci et sur la situation de l'islam en Bolivie.

Vendredi, début d'après-midi. La prière du vendredi vient de prendre fin, et les fidèles sortent de la salle de prière pour récupérer leurs chaussures. Les femmes sont toutes voilées de près, et, avec leurs grands yeux noirs et leurs rondeurs naturelles, elles ressemblent curieusement à leurs sœurs musulmanes du sud de la Méditerranée. Pourtant, elles sont toutes Boliviennes, converties à l'Islam.


Dans une ville comme Santa Cruz, où le dernier recensement du département en 1992 compte plus de 79% de catholiques, se convertir à l'islam n'est pas anodin. Encore plus curieux de constater que, selon les dires de l'imam et d'un fidèle de la mosquée, la grande majorité des musulmans fréquentant la seule mosquée de la ville sont des Boliviens convertis. Selon Ramiro, qui fréquente la mosquée depuis une bonne dizaine d'années, sur les 300 membres, seule une petite minorité est composée de familles originaires de pays arabes ou musulmans, dont l'Inde et le Bengladesh.

Il fait bon vivre l'islam en Bolivie, explique l'imam 

L'imam de la mosquée de Santa Cruz de la Sierra est formel: il vaut mieux être musulman en Bolivie qu'en Europe. Alors que selon lui, celle-ci s'enferme dans sa haine de l'islam, la Bolivie reste un pays accueillant, démocratique et où la liberté de confession est garantie. Il faut dire que le nombre des étrangers en Bolivie est très faible, et nous avons vu que la population musulmane y est en majorité formée de convertis. Mais ce détail importe peu à Mahmud Amer, d'origine palestinienne, fondateur de la seule mosquée de Santa Cruz.


Mahmud Amer ne sait pas combien il y a de musulmans en Bolivie, car les recensements ne sont pas très précis sur ce sujet. Mais cela lui importe peu. «Cela ne nous préoccupe pas de savoir combien nous sommes. La force de l'islam réside dans sa valeur morale», lance-t-il.

A la question de savoir si l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales et sa nouvelle Constitution reconnaissant la pluralité religieuse du pays a changé la vie des musulmans en Bolivie, Mahmud Amer répond par la négative. La liberté de culte existait même avant Evo Morales, même si la seule religion d'Etat reconnue était alors le catholicisme.

Malgré son enthousiasme affiché, l'imam doit bien reconnaître que, s'il jouit d'une paix quasi-totale dans la gestion des affaires de sa mosquée, il ne peut pas non plus compter sur une quelconque aide de l'Etat, qui «n'a pas l'habitude d'aider les confessions», avoue-t-il. «Le gouvernement se décharge de ses responsabilités, cela ne sert donc à rien de lui demander quoi que ce soit», ajoute-t-il. En échange, la flexibilité du système et la non-intervention du gouvernement dans ses affaires lui permet de jouir d'une liberté de gestion qu'il apprécie hautement.

Sa mosquée, qui existe depuis 1994, compte quelque 300 membres, et la prière du vendredi attire régulièrement une bonne cinquantaine de personnes, dont une grande majorité de Boliviens convertis. Et loin des phénomènes de syncrétisme qu'on peut voir dans le catholicisme populaire bolivien, qui a souvent intégré des éléments des cultes traditionnels rendus à la Pachamama, l'islam en Bolivie se coupe totalement de ces religions jugées idolâtres, de même que du catholicisme, lui-même expression de l'idolâtrie selon Mahmud Amer, puisque les chrétiens rendent un culte à Jésus.

Parcours de trois convertis

Mais quels peuvent donc bien être les raisons qui poussent des Boliviens à rejoindre l'islam?

Ana a 28 ans. Sa conversion est toute récente, puisqu'elle date de janvier 2010. Elle a connu l'Islam en août 2009, à travers celui qui allait devenir son mari. Egyptien d'origine, ce dernier vit actuellement en Arabie saoudite, où il est parti travailler peu après leur mariage. Le projet du jeune couple est de quitter définitivement la Bolivie et d'aller s'établir en Arabie. En attendant, Ana fréquente la mosquée, et apprend les bases de l'arabe. Loin d'être inquiète de quitter son pays pour une terre parfaitement inconnue, la jeune femme, qui n'a encore jamais franchi les frontières de son pays, se réjouit d'aller habiter un pays dans lequel elle pense pouvoir se sentir plus en harmonie, puisque musulman.

Lorsqu'on lui demande ce qu'elle reprochait au catholicisme et pourquoi elle s'est convertie, elle répond qu'elle a trouvé beaucoup de contradictions dans la Bible. Et que la religion chrétienne ne reste bien souvent que paroles mais peine à prendre acte. Par exemple, selon Ana, la Bible invite les femmes à se couvrir la tête, mais les chrétiennes ne le font pas. La Bible dit également qu'il ne faut pas consommer de viande de porc, ce que n'appliquent pas non plus les chrétiens.

Avant de se convertir à l'islam, Ana n'a jamais été pratiquante. C'est la rencontre avec l'islam, via son mari, qui l'a décidée à choisir une pratique religieuse. Ana est licenciée en comptabilité et travaille. Son mari est d'accord avec l'idée qu'elle continue à travailler, même une fois installés en Arabie saoudite, m'assure-t-elle.

Ramiro s'est converti en octobre 1996. Il était en quête de Dieu; à travers sa recherche, il a eu l'occasion de s'intéresser à l'animisme, ou encore au bouddhisme. Chrétien d'origine, il n'était pas satisfait de son appartenance religieuse. Un jour, son frère lui a offert un Coran. Ramiro l'a lu entièrement et, quand il l'a terminé, a décidé que là était la réponse, la foi qu'il cherchait depuis longtemps. Il a connu alors ce qu'il appelle lui-même un «délire mystique», une extase. Depuis ce moment, dit-il, il est «entre les mains de Dieu». Il s'est converti seul, sans appui d'aucune mosquée ni d'aucun imam. Il vivait alors dans la ville de Cochabamba, qui ne comptait aucune mosquée ni centre de prière. Ce n'est que plus tard qu'il est venu vivre à Santa Cruz pour des raisons de travail, et qu'il s'est rapproché de la mosquée. Il accomplit toutes les pratiques de l'islam, fait ses cinq prières par jour et observe le jeûne du Ramadan.

Il a d'abord connu quelques réactions négatives de la part de sa famille ou de ses amis. Mais avec le temps, ceux-ci se sont habitués au fait qu'il ne partagerait plus de bière avec eux. Ils l'invitent de nouveau à leurs fêtes, et l'acceptent tel qu'il est. Ramiro a 44 ans, il est célibataire mais vit en concubinage avec une Bolivienne qui «croit en Dieu mais n'appartient à aucune religion». Selon lui, il n'est pas le seul membre de la mosquée à vivre cette situation de couple mixte, vivant avec un partenaire non musulman.

Alejandra a 29 ans et est d'origine colombienne. Elle s'est convertie il y a quatre ans et demi. Elle était en quête de la vérité et cherchait sa voie dans les livres, se documentant sur les différentes religions. Le catholicisme ne la comblait pas, et elle ressentait le besoin de chercher ailleurs. Cela fait maintenant sept ans qu'elle a commencé sa quête. Elle s'est finalement mise à fréquenter la mosquée de sa ville en Colombie, et s'est convertie au bout d'une année. A la suite de sa conversion, elle a connu un Bolivien lui aussi converti à l'islam, qu'elle a épousé il y a une année et demi en Colombie et qu'elle a suivi ici en Bolivie, où elle vit avec lui.

Selon Alejandra, l'islam traite mieux la femme que le christianisme. Dans la société actuelle, «la femme est en péril, elle est considérée comme un objet». Dans l'islam, la femme est vue comme une personne, nous dit-elle. Alejandra travaille comme indépendante, avec son mari. Pratiquante, elle ne sort pas dans la rue sans son foulard. A la question de savoir si les gens l'acceptent facilement et quelles sont les réactions dans la rue, elle répond que le fait qu'elle porte le foulard rend les gens curieux, et que plusieurs se sont déjà approché d'elle pour lui poser des questions sur son choix. Plusieurs personnes qui sont venues lui parler dans la rue ont fini par venir à la mosquée.

Une situation semblable dans la capitale 

(à droite, M. Amer, imam de la mosquée de Santa Cruz)

La situation n'est pas très différente à La Paz, où sur les quelque 80 membres fréquentant l'Association de la Communauté islamique de Bolivie, seuls quatre sont originaires de pays musulmans. L'association existe depuis 17 ans, mais fonctionne légalement depuis 2004 seulement. Elle se contente d'une salle de prières et n'a pas les fonds pour s'offrir les services d'un imam originaire de l'étranger. Les membres qui dirigent la prière du vendredi sont donc des Boliviens convertis. Leur savoir leur vient de ce qu'ils ont appris «entre frères», de la lecture du Coran et de la Sunna et d'autres ouvrages ainsi que de ce qu'ils trouvent sur internet. L'association ne bénéficie d'aucune aide financière, que ce soit du gouvernement bolivien ou     d'organisations musulmanes de l'étranger. La seule aide qui leur parvient est l'envoi d'exemplaire du Coran édités en Arabie Saoudite.

Outre cette association qui regroupe les musulmans sunnites, La Paz compte encore un petit groupe d'une vingtaine de chi'ites, de même qu'un centre du mouvement Tabligh. Mais les uns ne fréquentent pas les autres. Les relations avec le reste de la société sont présentées comme harmonieuses. L'Association participe depuis trois ans environ à un groupe de dialogue interreligieux, auquel participent également aymara, chrétiens, juifs et hindous. Elle est bien implantée dans son quartier, où elle mène quelques actions de bienfaisance, comme de nettoyage et d'entretien. Il arrive que le gouvernement les invite pour donner des conférences ou participer à des rencontres.

Par contre, les femmes du centre ne se voilent pratiquement pas en-dehors du centre de prières. Seules deux femmes le font quotidiennement. Aux dires d'Ahmad Ali, Bolivien converti et président de l'association, cela serait perçu bizarrement par la population de voir des femmes voilées. Ahmad Ali est son nom d'emprunt musulman. Ahmad porte également un prénom et un nom boliviens, qu'il continue à utiliser dans sa vie de tous les jours. En effet, il est très compliqué de changer de nom, et même de prénom, raison pour laquelle il a dû garder ses nom et prénom de naissance.

Dans le reste du pays, la présence musulmane est très limitée. On compte une salle de prières à Sucre, et une autre à Cochabamba, selon les dires de l'imam de Santa Cruz.

Sarah Burkhalter

Source: http://religion.info/french/articles/article_489.shtml

vendredi 30 juillet 2010

Bilal ibn Rabah (ra), le premier muezzin de l'Islam



Bilal ibn Rabah (ra), le premier muezzin de l'Islam

Quand on citait le nom d'Abu Bakr As Sidikh (RA) devant Omar ibn. al-Khattab (RA) , celui-ci disait: "Abou Bakr est notre maître, qui a libéré notre maître." Il visait Bilal. Mais Bilal ne prêtait pas beaucoup d'attention aux éloges qu'on lui adressait. Il baissait les yeux, en disant humblement: "Je suis plutôt un Abyssinien... J'étais un esclave...".

Cet ancien esclave noir, svelte mais grand, aux cheveux crépus et aux petites épaules, qui est-il ?

C'est Bilal ibn Rabah (RA) , le premier muezzin de l'Islam et le contradicteur des adorateurs des idoles. Et puis, qui ne connaît pas Bilal, alors que son nom traverse le temps depuis le début de l'Islam ?

Des centaines de millions de tous les âges le connaissent. Si on interroge un enfant musulman de n'importe quelle partie du monde : "Petit enfant, qui est Bilal ?" il répondra : "C'est le muezzin de l'Envoyé".

C'est cet esclave qui est devenu musulman et que son maître polythéiste torturait, pour le faire dévier de l'Islam.

En effet, Bilal était un esclave qui s'occupait du bétail de son seigneur, pour quelques poignées de dattes. Si ce n'était sa foi en l'Islam, il aurait traversé le temps en inconnu. La couleur de sa peau, sa condition sociale ne l'ont pas empêché d'occuper un rang très élevé parmi les musulmans. Lui le dépossédé de tout, le fils d'une esclave, on le croyait incapable de la toute petite chose. Mais voilà qu'il osa et embrassa l'Islam. Il eut une foi inébranlable, devant laquelle se brisèrent toutes les tentatives de dissuasion.

Il subissait la vie d'esclave. Des jours se ressemblaient. Il n'avait aucun droit et il n'avait aucun espoir en un possible lendemain différent. Puis, voilà qu'on parla de Mohammad (PSL) devant lui. Les Mecquois, y compris Omaya ben Khalaf, ne cachaient pas leur sentiment envers Mohammad (PSL) et ils l'exprimaient clairement, tandis que Bilal écoutait.

Ils reconnaissaient bien l'intégrité de Mohammad (PSL) , discutaient de la nouvelle religion mais la rejetaient ensuite. Ils disaient que Mohammad (PSL) n'était ni menteur, ni sorcier, ni fou. Cependant, ils avaient peur pour la religion de leurs ancêtres et craignaient que la Mecque perdrait son rôle religieux prépondérant en Arabie. Dans ces conditions-là, Bilal eut le cœur ouvert à la lumière divine et il alla au Messager de Dieu annoncer sa conversion à l'Islam. Mais la nouvelle ne tarda pas à faire le tour de la cité. Son maître Omaya vit en cela un affront qu'il fallait effacer à tout prix, et vite.

Mais Bilal était convaincu et résolu. Il ne céda pas, il résista à toutes les tortures. Allah l'avait choisi comme exemple pour peut-être dire aux humains que la couleur de la peau et la condition d'esclave n'entament nullement la grandeur de l'âme croyante. La liberté de conscience ne peut s'acheter.

Bilal l'avait démontré par sa résistance à tous les supplices. On le faisait sortir chaque jour, au soleil de midi, pour le jeter sur le sable brûlant et le laisser souffrir sous le poids insupportable d'un rocher très chaud.

Ses tortionnaires voulaient le détourner de sa foi tandis que lui voulait être musulmans. Comme sa situation de supplicié durait, on lui proposa de dire un mot de bien, un tout petit mot en faveur de leurs dieux, pour faire cesser son supplice.Même ce petit mot, Bilal ne la prononça pas, lui qui pouvait le dire de façon superficielle, sans perdre sa foi, afin d'être soulagé. Oui, il refusa de le dire et se mit à répéter son chant éternel : Ahadoun - Ahadoun - II est l'unique, il est l'unique - .

Ses tortionnaires lui disaient : "Dis ce que nous disons" Mais lui leur disait : "Ma langue ne sait pas bien dire cela". Les sévices reprenaient alors de plus belle jusqu'à l'après-midi. A ce moment-là, on enlevait le rocher de sa poitrine, on lui mettait une corde au cou et on le laissait à la merci de leurs garçons, qui le faisaient courir dans les rues de la Mecque et sur les montagnes.

J'imagine qu'à la nuit tombée, ses bourreaux lui disaient : " Demain, dis du bien de nos dieux; dis que tes seigneurs sont al-Lat et al-'Ouzza ( les plus grandes idoles de la Mecque) et nous laissons..." Mais Bilal rejetait sereinement ce marchandage par la reprise de son chant. Sur ce, Omaya ben Khalaf explosait de colère et de haine: "Par al-Lat et al-'Ouzza! tu vas voir. Tu seras un exemple pour les esclaves et pour les maîtres !". Et le lendemain, à midi, les bourreaux conduisaient Bilal à la place de la veille, sans savoir qu'il était armé de patience et de résolution.

Puis, un jour, Abu Bakr as-Sadikh (RA) alla à cet endroit, pour leur dire; "Allez vous tuer un homme parce qu'il dit que son seigneur est Dieu ?" Par la suite, il dit à 'Oumaya : "Je l'achète avec un prix dépassant sa valeur. Qu'en dis-tu ?" Oumaya ne se fit pas attendre de prendre au vol la bouée de sauvetage qui venait de lui être lancée. Ayant perdu espoir de briser a volonté de Bilal. il accepta l'offre d'Abou Bakr . Il s'était rendu compte que le prix de Bilal était plus profitable que sa mort. Comme Abou Bakr aidait Bilal à se relever, Oumaya dit : "Prends-le ! si tu m'avais proposé un ouqiya. je te l'aurais vendu". Abou Bakr, se rendant compte que ces mots étaient destins à humilier Bilal, répondit: "Par Dieu ! si vous aviez exigé cent ouqiyas, je les aurais avancées !" Puis il se retira avec Bilal.

Puis, plus tard, il y eut l'exode à Médine et le Messager décréta l'appel à la prière. Qui allait être le premier muezzin des musulmans ? Qui allait lancer cet appel cinq fois par jour ? Et bien le Messager allait choisir Bilal qui, treize ans auparavant, avait dit aux polythéistes: "Dieu est l'Unique... il est l'Unique."

Puis, il y eut la bataille de Badr entre les musulmans et les Qoraychites qui étaient sortis au secours de leur caravane. Omaya ben Khalaf y était et Bilal aussi. Mais chacun se trouvait dans le camp opposé.

Ce jour-là, le chant que Bilal répétait sous la torture devint le slogan menant les musulmans au combat et à la victoire. Omaya vit alors sur le champ de bataille Abdurrahman ibnn Aouf il demanda sa protection. Abdarrahman accepta et le conduisit vers l'endroit où on rassemblait les captifs. Bilal le vit sur le chemin et dit à voix haute: "Le chef de file de la mécréance Omaya ben Khalaf !" Puis, il s'élança, l'épée menaçante. Abdarrahman intervint: "Bilal ! c'est mon captif !"

Comment Omaya était-il un captif, alors que tout à l'heure il maniait son sabre contre les musulmans ? Sur ce. Bilal appela ses compagnons: "O soutiens de Dieu ! voilà le chef de file de la mécréance ! Omaya ben Khalaf ! " Un groupe de musulmans accoururent et encerclèrent le polythéiste et son fils. Abdarrahman ben Aouf ne put rien faire...

Puis, les années passèrent et les musulmans entrèrent à la Mecque en libérateurs. Le Messager se dirigea droit vers la Kaaba encore encombrée d'idoles.

A partir de ce jour, plus de Houbal, plus de 'Ouzza plus de Lat en ce lieu sacré. Le Messager entra avec Bilal à l'intérieur de la Kaaba, puis il lui demanda de montrer sur le toit et de lancer l'appel à la prière.

Bilal monta et lança l'appel devant les milliers de musulmans. Ces derniers reprenaient après lui chaque séquence de l'adhan, tandis que la majorité des polythéistes étaient dans leurs maisons.

Cependant trois notables qoraychites se trouvaient devant la Kaaba: Abou Soufyan ben Harb qui venait de se convertir à l'Islam, Attab ben Ousayd et al-Harith ben Hicham qui étaient encore polythéistes. "Dieu a bien fait d'épargner à mon père d'écouter celui-là. Sinon il aurait entendu ce qui l'exaspérait, dit Attab. Par Dieu ! si je sais que Mohammad a raison, je le suivrai, dit al-Harith" Quant au rusé Abou Soufyan, il dit: "Moi je ne dis rien. Si je dis quelque chose, ces cailloux rapporteront cela."

Quand le Prophète sortit de la Kaaba, il leur dit : "J'ai su ce que vous avez dit". Puis il leur raconta leur conversation. Al-Harith et Attab dirent à voix haute: "Nous attestons que tu es vraiment le messager de Dieu, Par Dieu ! personne ne nous a entendus pour que nous disions qu'il t'a informé !"

Bilal était le compagnon de toujours du Prophète . Il prenait part aux expéditions et aux batailles, lançait l'appel à la prière, accomplissait les rites de cette religion nouvelle. Si bien que le Prophète dit de lui: "C'est un homme qui fait partie des compagnons du Jardin." Mais Bilal était resté toujours modeste. Une fois, avec un compagnon qui voulait se marier lui aussi, il alla demander la main de deux femmes. Devant le père, il dit: "Je suis Bilal et voilà mon frère. Deux esclaves d'Abyssinie. Nous étions des égarés mais Dieu nous a guidés. Nous étions des esclaves mais Dieu nous a libérés. Si vous nous donnez la main de vos filles, alors louange à Dieu, Si vous refusez, alors Dieu est grand."


La tombe de Saydna Bilal ibn Rabah à Damas en Syrie.



Après la mort du Messager Bilal dit au khalife Abou Bakr : "O khalife du Messager, j'ai entendu le Messager de Dieu dire: "La meilleure action du croyant c'est de combattre sur le chemin de Dieu" - "0 Bilal, que veux-tu ? dit Abou Bakr. Je veux sortir pour stationner sur les frontières et me consacrer ainsi au combat sur le chemin de Dieu jusqu'à la fin de mes jours.

Et qui va s'occuper de l'adhan ? - Je ne ferai plus d'adhan pour personne après la disparition du Messager de Dieu "Reste et occupe-toi de l'adhan pour nous, 0 Bilal" -

"Je ferai ce que tu veux, dans le cas où tu m'avais libéré pour que je sois à toi. Sinon, laisse-moi avec la cause pour laquelle tu m'avais libéré, dans le cas où tu m'avais libéré en vue de Dieu" dit Bilal - "Au contraire, je t'avais libéré en vue de Dieu, ô Bilal.. ".

Là, les historiens divergent. Selon certains, Bilal partit aux frontières de Syrie, en tant que combattant pour la cause de l'Islam. Selon d'autres, il resta à Médine après avoir accepté la demande d'Abou Bakr . Mais après la disparition de ce dernier, il demanda au nouveau khalife Omar ibn al-Khattab la permission d'aller stationner sur les frontières, pour la cause de Dieu. Après quoi, comme il voulait, il s'en alla en Syrie.

Sa tombe se trouve à Damas en Syrie. Qu'Allah lui fasse miséricorde.

Source: http://www.asfiyahi.org/BILAL-IBN-RABAH-RA--LE-PREMIER-MUEZZIN-DE-L-ISLAM_a249.html

mercredi 28 juillet 2010

L'otage Michel Germaneau est mort en captivité!

Salam alaikoum,

même si cela est un peu hors sujet je souhaitais quand même éxprimer mon dégout devant cet acte de lâcheté. Ceux qui ont commis cet acte, disent que c'est pour se venger d'un assault contre un de leur camp qui aurait fait six morts, mais des deux côtés, ils s'agissait de "combattants". Cette personne était allé faire le bien et était un retraité. Comment peut.on justifier cela islamiquement?



Michel Germaneau, retraité de 78 ans et membre d’une petite association d’entraide aux enfants du Niger, a été enlevé le 19 avril par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)

samedi 13 février 2010

La fin de l'histoire selon la tradition musulmane



La fin de l'histoire selon la tradition musulmane


Par Pierre lory

L’eschatologie représente un des traits fondamentaux de la religion musulmane. L’imminence de la fin des temps et du Jugement dernier est l’un des thèmes coraniques les plus anciens et les plus constants, qui parcourt l’ensemble du texte sacré de l’islam. De plus, Muhammad se présente comme accomplissant toutes les missions prophétiques avant lui. Il est le dernier des prophètes. Donc, par définition, l’ère musulmane ouvre la période eschatologique. Il s’agit de la toute dernière phase de l’histoire du monde, et le Prophète lui-même compare la période inaugurée dans l’histoire par sa mission à celle séparant la prière rituelle du ‘asr (fin de l’après-midi) à celle du maghrib (coucher du soleil). Dans le même esprit, il aurait affirmé en levant sa main que sa mission et l’Heure dernière étaient rapprochées comme son majeur de son index. .
Le Coran évoque donc souvent la fin du monde, c'est-à-dire de la catastrophe cosmique marquant la fin de la première création, et précédant la Résurrection finale : les étoiles tomberont du ciel, la mer entrera en ébullition, les montagnes s’effondreront…. Il est beaucoup plus allusif sur l’eschatologie comme ‘science des dernières phases de l’histoire’ des hommes. Ainsi est-il dit que « Jésus est une science (variante : un signe) de l’Heure » . Selon le Coran IV 157-158, Jésus n’est en effet pas mort, il a été élevé auprès de Dieu ; son retour à la fin des temps pourrait donc devenir un indice de l’imminence des derniers événements. Le verset coranique VII 187 donne toutefois le ton précis qui restera celui du discours théologique en islam, soulignant clairement que la connaissance de l’Heure est une prérogative divine : « Ils t’interrogent [toi, Muhammad] sur l’Heure : quand aura-t-elle lieu ? Dis : seul mon Seigneur en possède la connaissance, Lui seul la manifestera en son temps. (Ce secret) est lourd dans les cieux et sur la terre, et viendra pour vous soudainement. Ils te questionnent comme si tu étais averti (de sa venue). Dis : seul Dieu en possède la connaissance. Mais la plupart des hommes ne savent pas » . Ce verset a une portée décisive : la fin des temps peu surgir à n’importe quel moment. Toute époque peut à bon droit se considérer comme eschatologique, car les Musulmans doivent se tenir prêts à chaque instant.
L’immense majorité des textes de la littérature eschatologique musulmane est en fait représentée par des hadîths, paroles du prophète Muhammad (ou éventuellement de ses proches compagnons) ou des récits les concernant. Il s’agit d’une source documentaire abondante, foisonnante, mais qui n’est en rien comparable à une apocalypse comme celles des écrits intertestamentaires ou de Jean en ce sens qu’il s’agit d’une collection de dires isolés, sans liens littéraires entre eux. Nous n’aborderons pas ici la question de l’authenticité de ces dires, pour la plupart mis par écrit deux siècles au moins après la mort du Prophète lui-même, et inévitablement retravaillés par la conscience religieuse des hommes qui les ont transmis ; ni celle de la forgerie probable de nombreux hadîths à des fins politiques ou religieuses. On y discerne en effet de nombreuses traces d’événements tardifs, des allusions aux dynasties des siècles suivants. Les exégètes musulmans considèrent que Muhammad possédait une prescience des événements à venir, que les prédictions contenues dans ces hadîths participent donc au caractère miraculeux de son enseignement. Tout autre est bien sûr le regard de l’historien des textes.
Le verset coranique VII 187 montre que la question de l’Heure (= l’échéance de la fin des temps) s’est posée assez tôt pour beaucoup de contemporains de Muhammad. Le délai de la venue de la fin du monde semblait très proche. De nombreux hadîths montrent que Muhammad la concevait comme imminente. Il aurait dit à propos d’un jeune bédouin venu le visiter : « Si ce jeune homme reste en vie, il se peut qu’il ne connaisse pas la vieillesse sans avoir vu l’échéance ». A des compagnons, il aurait demandé de transmettre son salut à Jésus, si lui-même devait mourir avant le retour sur terre du fils de Marie . La durée du règne de l’Islam était conçue souvent comme assez brève . Des Juifs de Médine se seraient livrés à des calculs de type guématrique sur les lettres mystérieuses placées en exergue de plusieurs sourates du Coran (fawâtih al-suwar) afin d’évaluer la durée du règne de la communauté muhammadienne .
Les signes de la fin des temps sont classés en trois catégories majeures dans les recueils de hadîths eschatologiques. Une première concerne les signes « anciens ». De nombreux hadîths donnent en effet des allusions limpides à des événements postérieurs à la mort du Prophète. Par exemple, on trouve des prédictions claires sur la guerre civile ayant éclaté dans la communauté musulmane à partir de 656 (« la Grande Epreuve ») et ayant abouti à la séparation des courants chiites et kharédjites de la majorité plus tard désignée comme sunnite . Des allusions hostiles à la dynastie des Omeyyades, qui régna de 660 à 750, se trouvent également , mais d’autres hadîths sont laudatifs à leur égard . Certains autres hadîths encore signalent la prise du pouvoir par les Abbassides, à partir de 750. La lutte contre les Byzantins et la prise de Constantinople sont très imprégnées par des considérations eschatologiques, car la venue de l’Antéchrist devrait suivre de peu la chute de la Seconde Rome . Tous ces anachronismes ne sont pas du tout masqués par les commentateurs de hadîths. Ceux-ci estiment que la période eschatologique a de toute manière commencé avec la mort du prophète Muhammad en 632 – voire dès la révélation qui lui fut envoyée, en 610. Les événements subséquents – p.ex. la prise de Jérusalem sous le calife ‘Umar, en 638 - sont donc bel et bien à considérer comme des signes de la fin des temps . Qu’ils aient été miraculeusement prédits par Muhammad bien avant leur venue ne soulève pas de question majeure, nous l’avons signalé. De ce fait, l’histoire des dynasties et des guerres était fréquemment lue selon une grille eschatologique. De nombreux soulèvements se réclamèrent d’une perspective messianique. Ainsi la révolte fatimide, partie du Maghreb pour conquérir ensuite l’Egypte et la Syrie, fit-elle valoir le hadîth selon lequel, à la fin des temps, le soleil se lèverait à l’ouest. La terrible invasion mongole du 13e siècle fut vécue comme le déferlement de Gog et Magog. Les résistances contre les invasions coloniales, en Asie comme en Afrique, se formulèrent souvent en des termes eschatologiques.
La seconde catégorie de hadîths eschatologiques décrit les conditions moyennes, générales de l’Heure finale. Les dires concernant « les conditions de l’heure » (ashrât al-sâ‘a) sont très hétérogènes, il est malaisé de les regrouper dans une succession précise d’événements. Plusieurs font sens à l’heure actuelle, et sont donc retenues dans l’opinion commune. C’est celles-ci que nous retiendrons plutôt. Ces conditions générales sont les suivantes :
* Le recul de la religion sincère sera général, les Musulmans seront de plus en plus indifférents à la foi et à la pratique de l’islam. L’ignorance atteindra des degrés inouïs – c'est-à-dire, l’ignorance en matière de religion, car sinon, l’écriture se sera répandue. De nombreux Musulmans ne sauront plus comment accomplir la prière ou jeûner en Ramadan, voire oublieront la profession de foi . Les Musulmans croyants seront très minoritaires ; méprisés, ils dissimuleront même leur foi, comme jadis les Hypocrites face aux croyants . Beaucoup de Musulmans imiteront les autres nations, (« les Perses et les Byzantins ») et les autres religions (« les Juifs et les Chrétiens ») .
* L’injustice sera généralisée. La richesse largement répandue dissoudra toutes les vertus, et le ressort même de la foi . Les régimes politiques seront tyranniques, corrompus, irreligieux. Le pouvoir ira aux sots, et aux femmes .
* La dégradation des mœurs sera effrayante. Les Musulmans entreront dans des conflits féroces entre eux. Ils pratiqueront la musique, consommeront couramment les boissons alcoolisées et pratiqueront l’usure, autant d’actions que le droit musulman avait prohibées . Plus généralement, les valeurs seront complètement inversées. Les parents n’aimeront plus leurs enfants. Les enfants ne respecteront plus leurs parents : « il vaudra mieux pour l’homme d’élever un chien (qu’un enfant) » . Les femmes seront beaucoup plus nombreuses que les hommes, un homme pour cinquante femmes. Elles seront influentes aussi ; l’homme obéira à sa femme, et manquera de respect à sa mère et à son père . L’adultère sera étalé au grand jour, « l’homme copulera avec la femme sur le bord des chemins », et le plus pieux des croyants se bornera à faire remarquer aux pécheurs qu’ils feraient mieux de s’éloigner de ce lieu public . Les femmes seront indécentes (« nues et vêtues tout à la fois » ). Enfin, parmi les péchés les plus marquants pour la fin des temps figure l’homosexualité. A cette époque, « les hommes se suffiront des hommes et les femmes se suffiront des femmes » . Plus généralement, « les hommes prendront des manières de femmes, et les femmes, des manières d’hommes » . Même les femmes qui souhaiteraient avoir des enfants ne pourront pas, car elles seront stériles .
Enfin, une troisième série d’événements concerne la fin des temps proprement dite. Une liste de dix signes particuliers est donnée dans le hadîth . Retenons-en ceux qui donnent le plus de sens dans la situation contemporaine.
* Des signes d’ordre météorologique se manifesteront. Un feu immense surgira en Arabie . Des tremblements de terre se multiplieront, des éclipses, des chutes de pierre (météorites ?) se produiront . Nous retrouvons là des éléments propres aux traditions apocalyptiques juives et chrétiennes. Enfin, le soleil se lèvera à l’ouest .
* L’agression de Gog et Magog ravagera une bonne partie du Proche Orient. Il s’agit du mythe biblique, repris allusivement dans le Coran . Les hadîths en donnent des descriptions de parfaits sauvages, à mi-chemin entre humains et animaux . Par ailleurs, une bête monstrueuse, à laquelle le Coran fait une allusion peu claire, se manifestera en Arabie .
* Une nouvelle fitna surgira – du Najd précisément. Dans un hadîth, Muhammad loue les Damascènes et les Yéménites, tout en désignant le Najd comme la région d’où surgiront « les cornes du diable » .
* La venue de l’Antéchrist. est également un point déterminant de l’eschatologie musulmane. Ce personnage ignoble et perfide est présenté avec insistance comme étant borgne « alors que Dieu, Lui, n’est pas borgne ». Il est, littéralement, le « Christ imposteur » (al-Masîh al-dajjâl), qui reproduira les gestes de Jésus mais de façon invertie dans le sens du matérialisme. Il se produira après l’apparition d’une femme d’une extraordinaire beauté qui « invitera les hommes à croire en elle, et tous ceux qui viendront la trouver renieront Dieu ». Il trompera l’humanité par des belles paroles et des prodiges. « Il guérira les muets et ressuscitera les morts (var. : avec l’aide de Satan, qui simulera la mort et le réveil) ». Il prétendra : « Je suis votre seigneur », comme jadis Pharaon. Il répandra la prospérité, fera pleuvoir, produira des récoltes magnifiques et des élevages de haut rendement. Mais ce sera une illusion : « Ce qu’il prétend être le Paradis est en réalité l’Enfer ». Il restaurera le paganisme, l’adoration des idoles . Il déploiera une armée venant du Khurâsân. La plus grande partie de ses soldats seront « des Juifs d’Ispahan », au nombre 70.000 . L’ensemble des péripéties militaires évoquées dans ces hadîths, qui font état de graves défaites pour les armées musulmanes, apparaissent comme autant de châtiments encourus par une communauté infidèle à sa religion, négligente envers Dieu. L’aspect très belliqueux des campagnes militaires et des destructions subies doit se lire dans cette perspective d’un châtiment divin à l’encontre d’une communauté musulmane ayant transgressé sa Loi et trahi la mission que Dieu lui avait assignée. Pour autant, ces textes concernant des lieux du Proche Orient comme l’Irak, la Syrie et surtout la Palestine ne manquent bien sûr pas d’être rapportés de nos jours aux graves événements de l’actualité.
* La communauté musulmane sera toutefois secourue par un envoyé providentiel, de la famille de Muhammad et portant son nom, qui prendra la tête des armées : c’est « le bien guidé », le Mahdî . Le Mahdî n’est ni un prophète ni un inspiré, mais un chef de guerre spécialement missionné pour commander les Musulmans restés fidèles en cette ultime période de crise.
* La venue du Mahdî est toutefois doublée de celle d’un personnage plus élevé encore dans l’ordre spirituel, à savoir Jésus fils de Marie. Comme nous le signalions plus haut, le Coran affirme que Jésus n’est pas mort crucifié, et qu’il a été élevé aux cieux vivant. La tradition du hadîth explique avec certains détails comment il reviendra à la fin des temps - à Damas précisément - pour secourir les Musulmans et combattre avec le Mahdî. Un hadîth affirme que « il n’est d’autre Mahdî que Jésus fils de Marie » , mais la majorité des exégètes pensent que les deux personnages sont distincts. Jésus sera un chef complètement musulman, qui « brisera la croix et tuera le porc ». Il sera un combattant, qui tuera l’Antéchrist de ses propres mains à la porte de Ludd . L’armée de l’Antéchrist sera mise en déroute, « et rien de ce que Dieu a créé ne dissimulera de Juif en ce jour sans qu’il le fasse parler : pas un arbre, une pierre, un mur, une bête qui ne dise : ô serviteur de Dieu, ô Musulman, voici un Juif, viens le tuer ! » .
* Cette guerre ultime, qui ravagera toute la région de Syrie, Irak et Arabie, sera suivie du règne soit du Mahdî, soit plutôt de Jésus, qui durera une quarantaine d’années. L’humanité connaîtra alors une forme de vie assez paradisiaque : les hommes côtoieront les fauves sans risquer de danger, les enfants joueront avec les animaux sauvages et les serpents sans craindre aucun mal, etc . Jésus se mariera, aura des enfants, sera enterré à côté de Muhammad, d’Abû Bakr et de ‘Umar . Puis la terre avec tout ce qu’elle contient sera détruite. On peut noter que le cataclysme final suit immédiatement cette brève période de paix et d’harmonie du règne de Jésus. Il n’existe donc pas de trace ici des « mille ans de paix » sur terre dont il est question dans d’autres chapitres de ce volume. En fait, les combats de la fin des temps semblent intimement rapprochés, liés à la destruction finale du monde. Il y a là une unité profonde dans l’inspiration et le genre des récits. Le monde pécheur doit être entièrement détruit pour être remplacé par un autre entièrement nouveau. Le bref règne de l’islam sur le monde, sous la houlette de Jésus fils de Marie, fait figure d’une transition brève, doublée d’une sorte de préfiguration terrestre de ce que sera la vie paradisiaque. En aucun cas il ne constitue l’échéance d’une tension utopiste, a fortiori d’un quelconque projet politique.
Il n’y a pas lieu d’analyser ici la source de tous ces récits. Ils sont marqués pour une part par des stéréotypes sur les bouleversements apocalyptiques que connaîtra l’humanité. Ceux-ci sont souvent d’origine biblique ou intertestamentaire. Le symbolisme apparaît de façon transparente parfois, sans exclure une éventuelle compréhension littérale. Ainsi, dans le hadîth signalant « l’abondance des pluies et la pauvreté des récoltes, le grand nombre de lecteurs du Coran, mais le petit nombre de connaisseurs en droit (fuqahâ’) » qui marquera la fin des temps, le parallélisme est clair : la stérilité des terres correspond à celle des âmes. Une seconde source est constituée par le récit des origines de l’Islam, en suivant le principe qu’il arrivera à la fin ce qui est arrivé au début. « L’Islam a commencé expatrié [allusion à l’hégire des Musulmans de La Mecque vers Médine en 622] et finira expatrié. Bienheureux les expatriés de cette communauté ! » . D’où la mention d’une résurgence de l’ignorance religieuse, et du paganisme évoquée plus haut avec la venue de l’Antéchrist. D’où aussi le retour des Juifs, considérés à Médine comme des alliés de l’ennemi païen et combattu par les armes, et qui joueront le même rôle à la fin des temps.
On comprend donc que ces données jouent rétroactivement sur de nombreux mouvements militants en Islam. Depuis le début de l’ère coloniale, la référence aux données eschatologiques a été constante. La domination de puissance occidentales ‘païennes’ sur une communauté musulmane destinée à diriger l’humanité a d’emblée été perçue comme un signe eschatologique. Cette idée s’est perpétuée après la fin des empires coloniaux. On l’a retrouve par exemple très présente dans la révolution islamique en Iran. Certes, l’eschatologie de l’Islam chiite diffère quelque peu du cadre, sunnite, que nous venons de tracer. Pour les Chiites, le chef libérateur de la fin des temps sera le douzième Imâm – lui aussi nommé al-Mahdî- disparu en 940 mais mystérieusement présent aux croyants depuis. Il doit venir se manifester à la fin des temps, rétablir la justice dans le monde. La phraséologie révolutionnaire iranienne est imprégnée de thèmes eschatologiques. Le ‘Grand Satan’ américain désigne clairement un ennemi assimilé à l’Antéchrist. De nombreux Iraniens ont perçu la révolution comme un prodrome de la manifestation du Mahdî. Pour certains, Khomeyni lui-même aurait été le Mahdî attendu. Plus proche de nous encore, le président Ahmedinejad suggère que la venue du Mahdî est toute proche – dans deux ans peut-être. En climat sunnite, chez les militants islamistes, la fièvre eschatologique est sans doute plus intense encore. Elle explique pour partie la stratégie terroriste. Celle-ci paraît insensée en terme de rapports de force militaire, mais se comprend mieux chez des croyants qui perçoivent l’ennemi comme une armée de maudits, condamnés par le décret divin à disparaître. Dernièrement, plusieurs essais composés sur le type des prédications évangélistes étatsuniennes sont publiées, comme l’ouvrage du Palestinien Safar ibn ‘Abd al-Rahmân, The Day of Wrath, lisant les événements récents (la deuxième intifada) selon la grille des eschatologies biblique et coranique .
Une interprétation moins littérale est aussi très répandue. Elle consiste à interpréter ces hadîths comme autant de paraboles de finalité plus morale. La civilisation moderne dans son ensemble – et non des événements ou des personnages précis – serait visée en des termes voilés. Ainsi l’Antéchrist représente-t-il l’état des sociétés occidentalisées. « Cette parabole (de l’Antéchrist) n’est-elle pas une description adéquate de la civilisation technique moderne ? Elle est borgne, ce qui signifie qu’elle ne voit qu’un aspect de la vie, le progrès matériel, et ignore son aspect spirituel. A l’aide de ses merveilles mécaniques, elle rend l’homme capable de voir et d’entendre bien au-delà de sa capacité naturelle et de couvrir des distances illimitées à des vitesses inconcevables. Ses moyens scientifiques peuvent faire tomber de la pluie et croître les plantes (…). Sa médecine rend la vie à ceux qui paraissent condamnés à mort, alors que ses guerres avec leurs horreurs scientifiques détruisent la vie. Et son développement matériel est si puissant et si éblouissant que ceux dont la foi est faible se mettent à croire qu’il y a une divinité en elle. Mais ceux qui ont gardé la conscience de leur Créateur reconnaissent clairement que l’adoration du Dajjâl (l’Antéchrist) équivaut à la négation de Dieu » .
Dans des milieux spiritualistes, le souffle messianique est tout aussi présent. Un cas exemplaire est celui du soufi naqshbandî chypriote Shaykh Nazim, maître spirituel de milliers de disciples orientaux comme occidentaux, qui affirme avoir rencontré le Mahdî, et se risqua à plusieurs reprises à prédire le déclenchement des événements eschatologiques ; notamment, dernièrement, en l’an 2000. Que ces prédictions ne se soient pas réalisées n’a en rien entamé son prestige comme maître de confrérie, ce qui indique combien la foi eschatologique représente une certitude d’une nature particulière, de l’ordre du désir.
Pour conclure sur l’impact de ces récits eschatologiques musulmans ont peut simplement retenir qu’ils circulent de façon plutôt privée, non officielle. Car le Coran est formel : personne ne peut connaître la date de l’Heure hormis Dieu. En outre, les gouvernements musulmans, conscients de la charge subversive de ces traditions, ne favorisent nullement leur exposition au grand jour. En fait, ces textes eschatologiques ne font sens qu’en période de crise. Il est hors de doute qu’ils fournissent un puissant appui au militantisme en période de conflit et de défaite, où ils sont susceptible tant d’expliquer les revers que d’alimenter les espoirs les plus démesurés. Ceci dit, la majorité des Musulmans n’en tiennent guère compte en situation normale et de paix. Il est fort instructif d’analyser le discours des grands ‘télécoranistes’ comme l’Egyptien Amr Khaled, qui prêche avec un succès colossal aux classes moyennes et supérieures une religion de succès social, de mariages réussis, d’enrichissement sans remord. On ne saura y discerner un soupçon de tonalité eschatologique. Le sens de la vie – et donc de la religion qui l’accompagne – c’est bien la jouissance paisible des biens dont Dieu pourvoie les hommes. C’est d’ailleurs bien cela également qu’Il promet – de façon démultipliée bien sûr – aux croyants, dans son Paradis.

Source: http://pierrelory.blogspirit.com/

vendredi 5 février 2010

Allah versus Dios - être latino-américain et musulman aujourd'hui



Religion aux Etats-Unis: Allah versus Dios - être latino-américain et musulman aujourd'hui



Un article d'Isabelle Mayault
4 Aug 2009



Dans le brassage contemporain des cultures et des religions, des rencontres inattendues se produisent: ainsi, aux Etats-Unis, des membres de la communauté latino-américaine trouvent le chemin de l'islam. Isabelle Mayault a enquêté sur ce phénomène et interrogé ces convertis.



L'islam est l'une des religions qui connaît aux Etats-Unis la croissance la plus rapide. Contrairement à ce qu'on a souvent cru, lu ou écrit, l'islam ne «s'attrape» pas seulement en prison ou en se mariant. Les motivations des nouveaux convertis sont aussi multiples que profondes et sincères. D'autant plus lorsque les convertis en question sont issus d'une culture en apparence antithétique à la culture musulmane. Les Latino-Américains sont pourtant le groupe ethnique dont la croissance est la plus dynamique du pays. Rien d'étonnant à ce que les deux tendances finissent par se rencontrer pour former une identité nouvelle, incongrue pour le témoin extérieur, évidente pour le nouveau converti: latino, musulman et américain.

Portrait d'une jeune communauté en pleine croissance

Juan Galvan, mexicain-américain de 35 ans, vit au Texas. Il s'est converti il y a huit ans. Quand on lui demande de décrire sa culture, il répond: «Nous sommes américains, latinos et musulmans, mais musulmans avant tout.»

La communauté latino-musulmane, forte de son patchwork identitaire, n'est pas simple à définir. Sans doute, en premier lieu, parce qu'il s'agit d'une communauté jeune, qui n'a pas encore fait l'objet de recherches universitaires approfondies. Ensuite, pour des questions de statistiques. Le nombre global apparaît difficile à déterminer avec exactitude. En effet, le US Census Bureau (Office de Recensement Américain) ne collecte pas d'informations sur la confession des citoyens américains. Néanmoins, des chiffres émanant de l'American Muslim Council (Conseil Musulman Américain) évaluent la population latino-musulmane en 2008 à 200.000 personnes environ. Elle serait donc cinq fois plus importante qu'une décennie plus tôt.

Grâce aux premières recherches financées par des associations islamiques américaines, une ébauche de portrait devient possible. Ainsi, le latino-musulman type a entre vingt et trente ans, est étudiant ou diplômé et vit dans une grande ville - principalement New York, Los Angeles, Chicago et Miami. Il est le plus souvent né aux Etats-Unis, et issu d'une famille elle-même implantée aux Etats-Unis depuis plusieurs générations. Neuf fois sur dix, il s'est donc converti sur le sol américain. Sur la côte Est, il est généralement d'origine porto-ricaine ou dominicaine, et dans les Etats du Sud, d'origine mexicaine.

L'héritage hispano-musulman

A ceux qui voient un paradoxe dans le fait d'être porto-ricain et musulman, Ibrahim Gonzalez, 53 ans, new-yorkais d'origine porto-ricaine, converti à l'islam depuis son adolescence, rétorque: «Ce n'est pas du tout contradictoire, au contraire. Du point de vue historique, tout le monde a été en Espagne à un moment ou un autre: les Wisigoths, les Berbères, les Romains et même les Africains de l'Ouest. C'est cette connexion historique qui fait qu'on se sent très à l'aise avec notre nouvelle religion.»

La conversion de latinos à l'islam s'inscrit donc dans une démarche de réappropriation culturelle d'un héritage musulman qui aurait été effacé de l'histoire officielle. Cette démarche passe généralement par le rejet de l'«occidentalisme» (westernness) imposé comme modèle socio-culturel lors de la colonisation de l'Amérique du Sud et des Caraïbes par les Espagnols catholiques. La vague de conversion latino-musulmane constitue un moyen indirect de dénoncer a posteriori la fausse homogénéité du carcan hispano-catholique et de rappeler que de nombreux Maures (moriscos) ont été convertis de force au catholicisme. Dans l'article «Olé to Allah», publié sur le site Islam For Today, Hisham Aidi, chercheur à la Columbia University de New York, note que l'architecture dans de nombreux pays d'Amérique Latine porte la marque de ce refoulement de l'islam. Certaines églises et cathédrales auraient été construites en direction de la Mecque. Elles seraient l'oeuvre d'artisans qui étaient secrètement d'obédience musulmane. Cette mixité culturelle de l'identité hispanique, récemment exprimée par le biais de la religion, est d'ailleurs palpable au regard de l'hétérogénéité des couleurs de peau. Gonzalez, originaire de Porto Rico, décrit sa famille comme une rainbow family (famille arc-en-ciel), et ses quatre grands-parents comme «blancs, noirs et marrons». L'identité «latino» apparaît en définitive beaucoup plus subtile qu'elle ne l'est dans l'inconscient collectif américain.

Pourquoi passer de Dios à Allah?


D'après les études de l'American Muslim Council, le premier contact avec l'Islam se fait souvent par des connaissances ou un ami. Cette prise de contact est favorisée par la vie quotidienne dans une grande ville américaine, qui brasse une large palette de religions . Juan Galvan se souvient d'avoir admiré l'auto-discipline de son ami Armando, converti, lui aussi : «J'étais intrigué par ces jeunes musulmans dont la plupart étaient à l'université comme moi et qui trouvaient pourtant le moyen d'aller prier à la mosquée 2 ou 3 fois par jour!». Après trois ans d'atermoiements, Juan a fini par imiter Armando, et se convertir à son tour.

Outre la fréquentation d'un musulman ou d'un converti, certains éléments permettent d'expliquer ce qui peut rendre l'islam attirant aux yeux d'un groupe pourtant déjà discriminé ethniquement. Deux facteurs principaux se dégagent. Le premier concerne la supposée rationalité de l'islam, le second le socle de valeurs qui s'y rattachent. Ibrahim Gonzalez explique les raisons qui l'ont poussées à adhérer à l'islam : «L'islam n'est pas ethniquement limité. N'importe qui dans l'islam peut devenir proche de Dieu. Les choses sont plus simples.» Sous-entendu: que dans le catholicisme. Faut-il comprendre par là que la conversion à l'islam tient autant à l'attrait de l'islam en soi qu'au rejet du catholicisme? Pour l'imam Shamsi Ali, la différence majeure entre les deux confessions réside dans l'abstraction de la confession catholique: «Il y a beaucoup de concepts dans le christianisme - notamment la Trinité - qui méritent d'être explicités. Pourtant, les catholiques n'ont pas l'opportunité d'interroger ces notions.» L'islam, au contraire, inscrirait le croyant dans une relation simple de «Créateur à création», sans intermédiaire. Le terreau rationnel de l'islam serait un facteur de conversion d'autant plus important que la plupart des convertis latino-américains sont de jeunes professionnels diplômés qui cherchent dans la religion des réponses concrètes, et non mystiques.

Que ce soit pour rejoindre l'évangélisme ou l'islam, des dizaines de milliers de Latino-Américains quittent chaque année l'église catholique. D'après un rapport d'avril 2009 du Pew Research Center, intitulé Leaving Catholicism, un Américain adulte sur dix (10,1%) quitte l'Eglise catholique après avoir été élevé dans la foi catholique. L'imam Shamsi Ali résume ainsi ce qui, selon lui, explique les facteurs de cette déshérence: «L'Eglise catholique a une doctrine très rigide. Une seule personne décide: le Pape. Et les jeunes n'ont pas voix au chapitre.»

L'autre facteur expliquant ces conversions n'est pas d'ordre proprement religieux, mais culturel. Les jeunes Hispaniques, nés aux Etats-Unis mais élevés dans un cercle familial plus traditionnel que la famille américaine moyenne, peuvent se sentir en décalage avec les valeurs libérales de mise chez les jeunes Américains. L'islam serait dans ce cas un moyen de pratiquer une religion pleinement en adéquation avec des valeurs prônées dans la vie quotidienne.

Comment peut-on être porto-ricain si l'on ne mange pas de porc?

Si, du strict point de vue de la foi, le passage du catholicisme à l'islam se fait sans heurt, il en va différemment pour la vie sociale, familiale et communautaire, altérée par de nouveaux obstacles quotidiens. Et tout d'abord, à cause de la méconnaissance profonde de la religion musulmane dont témoignent les familles des convertis. Juan Galvan commente : «Comme la plupart des Américains, beaucoup de Latinos ignorent ce qu'est l'islam. Quand j'ai dit à mon père que je m'étais converti, il m'a demandé ce que c'était. Après lui avoir expliqué un peu plus en détails, il a répondu : 'Comme les Arabes?'». Alors que les Arabes ne représentent que 25% de la population musulmane mondiale, beaucoup d'Hispaniques perçoivent l'islam comme une religion intrinsèquement arabe.

Les nouvelles restrictions alimentaires du converti joue également un rôle dans son impression de se «différencier» des siens - impression généralement partagée. «Quand on me demande comment on peut être porto-ricain sans manger de porc, je réponds qu'on peut très bien cuisiner des haricots (élément de base de la cuisine porto-ricaine) sans bacon!» devise Gonzalez. Depuis, celui-ci cuisine du poulet lors des repas en famille, et non du porc, ce qui a fini par être accepté par tout le monde. Le scepticisme des proches peut pourtant finir par faire douter. Juan Galvan se souvient de l'époque de sa conversion : «Parfois, je pensais que mes amis devaient croire que j'étais bizarre de me convertir à cette religion 'étrangère', et parfois même, je me demandais s'ils n'avaient pas raison.»

Faut-il parler arabe pour être un bon musulman?

L'incompréhension - ou du moins la surprise - que suscite ce choix n'est pas propre au cercle familial des convertis. Elle est courante dans les rangs des croyants originaires de pays musulmans, du Moyen-Orient ou d'Asie. D'après les témoignages des convertis, les raised Muslims (musulmans de souche) qui émettent le plus de réserves à l'égard des latino-musulmans sont ceux pour qui le fait d'être musulman passe avant tout par la connaissance de la langue arabe - la langue du Coran. Prier Allah en espagnol leur apparaît comme une preuve flagrante du manque d'authenticité de la foi des latino-musulmans.

L'imam Shamsi Ali connaît le problème. Etant lui même indonésien, donc minoritaire au sein de l'islam américain, il a dû hausser le ton pour réussir à faire reconnaître par tous sa compétence à gérer une institution religieuse aussi diverse culturellement que l'est l'Islamic Cultural Center de Manhattan (la plus grande mosquée de New York). «Tout musulman qui comprend vraiment l'islam devrait comprendre la démarche des latino-musulmans, et devrait comprendre que l'islam n'appartient pas à un seul type d'ethnie», explique t-il.




Les difficultés dans le parcours d'un latino-musulman ne résident pas seulement dans le regard des autres, mais, plus prosaïquement, dans l'accès aux textes sacrés et aux prières en langue espagnole.

Il existe en effet peu de services religieux en espagnol dans les mosquées, excepté dans le strict cadre des associations latino-musulmanes. Ce manque de ressources matérielles explique, en sus de la froideur émanant de certains musulmans de souche, que de nombreux Latinos convertis préfèrent ne pas aller prier à la mosquée. D'après l'imam, si les textes sacrés ne sont pas beaucoup traduits, c'est afin de préserver l'authenticité du Coran. Plus il existe de traductions différentes, et plus le risque augmente de trouver des contresens entre les différentes versions. Le travail des associations islamo-américaines permet de pallier à ces lacunes matérielles. L'Institut Islamique d'Information et d'Education propose sur son site internet un nombre de fiches en espagnol - sur le concept de Dieu, le ramadan, le prophète, etc. - presque égal au nombre de fiches en anglais.

Les conversions post-11 septembre

«Ma soeur m'a dit, en parlant de Ben Laden : 'Votre leader va lancer une guerre sainte'», se souvient Juan Galvan. «CNN devrait faire des sondages pour savoir combien d'Américains pensent que Ben Laden est le leader spirituel des musulmans. Peu après les attentats du 11 septembre, mon père a dit à ma mère : 'Dans quoi est-ce qu'il s'est embarqué?' J'ai essayé d'expliquer à mes parents que les musulmans n'étaient pas un gang de 50 personnes et qu'ils étaient 1,2 milliard dans le monde. Mais mes explications ne les ont jamais tout à fait rassurés. Beaucoup de gens aux Etats-Unis ont l'air de croire que les Saoudiens détiennent une liste exhaustive de tous les musulmans du monde et peuvent appeler n'importe lequel d'entre eux quand ils veulent faire sauter un immeuble.» Malgré la persistance de ces clichés sur l'islam, les chiffres surprennent: depuis 2001, cinq fois plus d'Hispaniques que dans la décennie précédente ont choisi de devenir musulman. Une réaction inattendue aux cercles politiques amalgamant à l'envi Djihad (guerre sainte) et Djumma (prière du vendredi).

Dans son article "Islam américain, Islam européen", publié dans Le Monde Diplomatique en janvier 2001, Jocelyne Césari attribue cet engouement pour l'islam à une gestion typiquement américaine de la religion: «il arrive en effet qu'une personne change de religion plusieurs fois dans sa vie.»

60% des latino-musulmans sont des femmes




On a souvent dit que les femmes qui se convertissaient à l'islam le faisaient pour adopter la confession de leur compagnon, ou de leur mari. En ce qui concerne les latino-musulmanes, les études prouvent que cette idée tient plus du stéréotype que des faits réels. Juan Galvan explique que la plupart des 'latinas' avec lesquelles il a été en contact se sont converties à l'islam jeunes et avant d'être mariées.

Différentes raisons les poussent à sauter le pas plus facilement que les hommes. En premier lieu, les femmes seraient dans l'ensemble plus croyantes; ensuite, moins frileuses que les hommes face à un changement radical de vie quotidienne. Les jeunes filles d'origine hispanique qui se convertissent à l'islam font le choix d'adhérer à un mode de vie plus conservateur, qui implique entre autres de ne plus boire et de ne plus fréquenter bars et boîtes de nuit. Il s'agit donc souvent d'une rupture avec leur mode de vie antérieur.

Les principales intéressées décrivent avec conviction leur choix de devenir musulmane sur le sol américain. Dans un article du Christian Science Monitor de décembre 2004, de jeunes converties expliquent qu'elles ne se font plus siffler dans la rue depuis qu'elles portent le voile. Evoquant les rapports avec les hommes, l'une d'entre elles ajoute : «Et ils ne nous considèrent plus comme des objets sexuels». La plupart des interviewées étaient, avant leur conversion, persuadées qu'elles seraient considérées avec plus de respect en tant que femme musulmane qu'en tant que femme tout court. Ce facteur a d'ailleurs été déterminant dans leur choix d'adhésion à l'islam, et selon leurs témoignages, cela s'est révélé exact par la suite.

L'avenir de la communauté latino-musulmane

Le dynamisme de la communauté latino-musulmane démontre clairement une chose: la notion de culture n'est pas figée, mais vivante et évolutive. Les convertis rencontrés prédisent bien sûr un grand avenir aux générations futures d'hispano-musulmans. Juan Galvan conclue ainsi : «Se convertir à l'islam est bien plus courant chez les Afro-Américains grâce à des gens comme Mohammed Ali ou Malcolm X. Le problème, chez les latino-musulmans, c'est qu'ils n'ont pas encore de héros. Mais ça ne saurait tarder.»

Isabelle Mayault

Source: http://religion.info/french/articles/article_435.shtml

jeudi 19 novembre 2009

Le mérite des 10 premiers jours de Dhul Hijjah

Le mérite des 10 premiers jours de Dhul Hijjah

Shaykh Faraz Rabbani

Les 10 premiers jours de Dhu’l Hijjah sont des jours bénis : Dieu lui-même a juré par eux dans le Qur’an:

“Par l’Aube!
Et par les dix nuits!”
[Qur’an, Surat al-Fajr, 89.1-2]

Les commentateurs sont généralement d’accord que le terme « les dix nuits » se réfère aux dix premiers jours de Dhu’l Hijjah, Comme on peut le trouver dans le livre du Shaykh al-Islam Abu Su`ud, Irshad al-`Aql al-Salim ila Mazaya al-Qur’an al-Karim [Le célèbre Tafsir Abi al-Su`ud, 9.153] ou dans Tafsir al-Jalalayn .

L’Imam Ahmad et Nasa’i rapportent de la Mêre des Croyants, Sayyida Hafsa que :
« Le Messager de Dieu n’a jamais délaisser 4 choses : Jeûner le jour d'Achoura [10 du mois de Muharram], [durant] les dix jours [de Dhu’l Hijja], et trois jours par mois. »
Rapporté par l'imam Ahmad, Abû Dâwûd et An-Nasâ'î.

1. Jeûner les neuf premiers jours, plus spécialement le jour de ‘Arafah (9ième)

Les savants sont d’accord qu’il est recommander de jeûner durant les neuf premiers jours de Dhu’l Hijja. (Le dixième jour est le jour de l’Aïd, et il n'est où permis de jeûner ce jour.) Kashshaf al-Qina`[/I]; Nawawi,Majmu`; Fatawa Hindiyya; Haskafi, Durr al-Mukhtar; Dardir,al-Sharh al-Saghir]

De ces jours, il est plus particulièrement recommandé de jeûner le Jour de ‘Arafah [9ième de Dhu’l Hijjah], même pour celui qui accomplit le Hajj dans l’école Hanafite, si cela n'affaiblit pas le pèlerin pendant son devoir et ses adorations. [Haskafi, Durr;Kasani, Bada’i`]

Quant aux hadiths dans lesquels le Prophète commande de ne pas jeûner le Jour de ‘Arafah au pèlerin, les imams Hanafites ont compris que cela se rapportait à ceux qui seraient affaiblis ou fatigués. [Explication de l’Imam Tahawi dans Sharh Ma`ani al-Athar, 2.82-83]

Ceci en se basant sur les nombreux hadiths qui font l'éloge de ce jour en particulier et du fait de le jeûner. Parmi ces hadiths nous trouvons:

Abu Qatada, rapporte que le Messager d’Allah à dit :

« Jeûner le Jour de ‘Arafah [9ième de Dhu’l Hijja] efface les péchés de deux ans, de l'année écoulée et ceux de l'année à venir. Et jeûner le Jour de ‘Ashura [10ième du mois de Muharram] efface les péchés de l’année écoulée »

Rapporté par Muslim, Abu Dawud, Nasa’i, and Ibn Majah

2. Faire des efforts dans les actes d'adoration durant ces dix jours.

Il est aussi recommandé d’occuper ces jours par les actes d’adorations. Citons l'Imam Sharaf Al-Din Al-Hijjawi le grand faqih Hanbali, dans son Al-Iqna`, :

« Il est recommandé de s’efforcé a faire de bonnes actions pendant les dix premiers jours de Dhu'l Hijjah, tel que le souvenir d'Allah (dhikr), le jeûne, faire l’aumône, et d'autres bonnes actions, parce qu'ils sont les meilleurs des jours. » [Kashshaf Al-Qina` de Buhuti, 2.60]

Ceci est confirmé par les savants des 4 madhabs Sunnites. al-Bahr al-Ra’iq; Haskafi/Ibn Abidin, Radd al-Muhtar `ala al-Durr al-Mukhtar; Nawawi, al-Majmu` et d’autres

Plusieurs savants ont déclaré que la période de ces dix jours est meilleure que les dix derniers jours de Ramadan, en raison de la force des sources textuelles qui y sont liés.

3. Passer les nuits de ces jours en prière et en adoration.

Il est particulièrement recommandé de passer une certaine partie de chacune des nuits de ces dix jours dans la prière et l’adoration.

[Nawawi, Majmu`; Ibn Qudama, Mughni; Dardir, al-Sharh al-Saghir; Ibn Nujaym, al-Bahr al-Ra’iq;al-Fatawa al-Hindiyya; Ibn Abidin/Haskafi, Radd al-Muhtar `ala al-Durr al-Mukhtar]

Ceci a été déduit par des traditions claires, tels que les mots du Prophète (saws)

" Il n'y a pas 'œuvres meilleures que celles faites en ces 10 jours. » Les Compagnons dirent : « Même pas le Jihâd ? » Il dit : « Même pas le Jihâd, sauf un homme qui sortirait risquant sa vie et ses biens et qui ne reviendrait avec rien (c'est à dire qu'il y perdrait sa vie et sa fortune). »

Rapporté par Al-Bukhârî et d’autres

Puisse Dieu nous donner le succès dans ces jours et ces nuits bénis, et dans chaque moment de nos vies, pour suivre le chemin de son prophète (saws) , et puisse t’Il faire de nous ceux qu'Il aime et qui L'aiment.

Wa alaikum assalam

Faraz Rabbani

http://qa.sunnipath.com/issue_view.asp?HD=1&ID=751&CATE=105 (http://qa.sunnipath.com/issue_view.asp?HD=1&ID=751&CATE=105)