Affichage des articles dont le libellé est Le Caire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Caire. Afficher tous les articles

dimanche 21 novembre 2010

La madrasa/khanqa (zawiya) du sultan Zahir Barquq (1384, Le Caire)

Cette madrassa (école coranique) continuée d’un khanqah (destinée à accueillir soixante soufis). L’ensemble a été érigé en 1384 par le sultan Zahir Barquq. Conforme à l’ordonnancement des mosquées de l’époque, la cour principale est agrémentée d’une fontaine couverte en son centre et de quatre iwans (niches de prière) à ses quatre côtés. Un tombeau renferme la dépouille de la fille du sultan. L’entrée se fait par une splendide porte de bronze et le minaret de pierre est d’une grande finesse.








mardi 13 avril 2010

As-Sayyida Nafissa (qu'Allah l'agree)



As-Sayyida Nafissa

Notre dame bénie et purifiée, As-Sayyida Nafissa naquit en 145 A.H. Son père est Abou Mohamed Al-Hassan Al-Anwar Ibn Zayd Al-Abladj Ibn Al-Hassan - le petit-fils du Messager- Ibn Ali Ibn Abi Taleb, qu’Allah soit satisfait d’eux.

As-Sayyida Nafissa grandit dans un milieu imprégné de la bénédiction du Noble Messager, notre bien-aimé Mohamed. Elle passa ses premières années à la Mecque entourée de soins et du respect qui lui sont dus, puis, âgée de cinq ans, son père l’emmena à Médine. Il commença alors à lui prendre ce dont elle avait besoin pour sa vie ici-bas et pour l’au-delà et elle partait à la mosquée du Messager pour écouter les savants du hadîth et pour apprendre la jurisprudence par les jurisconsultes.
Depuis sa plus tendre enfance, son cœur s’attacha au Noble Coran qu’elle récitait régulièrement. Elle se consacra à son apprentissage et finit sa mémorisation en un an et demi. Quant aux actes d’adoration, il est rapporté que notre bien-aimée accomplissait de façon régulière les cinq prières avec ses parents, alors qu’elle n’avait que six ans.
Au fil des années, elle grandit, son corps se renforça, son âme s’éleva et son cœur se raffina. Elle multiplia les actes de piété, jeûnant le matin et priant le soir, recueillie dans son adoration d’Allah et animée par la soif du savoir. Son cœur s’ouvrit aux illuminations divines et s’attacha à la Parole d’Allah et aux hadiths de son grand-père, l’Envoyé d’Allah. Elle apprit et relata des hadiths par son père, les membres de sa famille bénie, et les savants de son époque dont elle apprit également la jurisprudence. C’est ainsi qu’on lui donna un surnom qui resta très célèbre Nafisa’t’ul-ilm, la (dame) au savoir précieux.
La dame honorée dans les deux demeures, As-Sayyida Nafissa, a accompli dans sa vie bénie trente pèlerinages en se rendant à la Mecque la plupart du temps à pieds. Elle marchait ainsi sur les pas de son grand-père l’Imam Al-Husseïn, paix sur lui, qui disait : «J’ai honte d’aller à la rencontre de mon Seigneur sans avoir marché pour cela». La nièce d’As-Sayyida, Zaynab Bent Yahya Al-Moutawwadj (frère de notre bien-aimée) : «j’ai été au service de ma tante pendant quarante ans où je ne l’ai point vu dormir le soir (i.e. elle priait) ou ne pas jeûner pendant la journée, sauf les jours de l’Aïd et ceux du Tachriq. Je lui dis : ne veux-tu pas être plus clémente envers toi-même ? Elle répondit : et comment cela alors que j’ai devant moi des épreuves difficiles qui ne seront surmontées que par ceux qui seront du nombre des réussissants». Et elle disait d’As-Sayyida Nafissa : «Ma tante connaissait par cœur le Coran et son exégèse, et elle récitait le Coran et ses larmes coulaient».
Cette dame pieuse était une ascète désintéressée des vains ornements d’ici-bas et faisant preuve d’une grande observance d’Allah et d’ascétisme, en prenant pour modèle le maître des fils d’Adam, le Sceau de la Prophétie, Mohamed, paix et bénédiction d’Allah sur lui. Malgré les plaisirs et l’abondance qu’elle pouvait trouver dans la maison de son père, le prince de la ville, elle avait opté pour l’ascétisme et une grande simplicité dans la vie. Elle se contentait de peu de nourriture et préférait le jeûne. Elle avait un panier accroché près de l’endroit où elle accomplissait la prière. Lorsqu’elle ressentait faim, elle tendait la main pour en prendre la nourriture. Zaynab, sa nièce, disait : je trouvais chez elle ce qui n’effleurait même pas mon esprit et je ne savais comment elle avait cela. Cela provoqua mon étonnement. C’est alors qu’elle me dit : ô Zaynab, quiconque fait preuve de droiture avec Allah, l’univers entier est dans sa main». On rapporta que dans son ascétisme, il n’y avait pas d’excès, et elle ne s’écartait que des ornements d’ici-bas qui risquent de la détourner de sa fin première qui est la Satisfaction d’Allah et le Cheminement vers Sa Majesté. Elle pensait en permanence à la mort et l’au-delà, si bien qu’elle creusa elle même sa tombe et passa son temps à évoquer Dieu et à accomplir les bonnes œuvres. Elle fut aussi l’épouse attentionnée, fidèle, accordant ses soins à sa famille, si bien que son époux répétait qu’elle est un bienfait certain de Dieu pour lui et que jamais elle n’a négligé le moindre de ses devoirs envers son mari.
En 193 A.H., notre bien-aimée arriva en Egypte. Sa bénédiction et quelques-uns de ses prodiges (karama) furent à peine divulgués, que les habitants d’Egypte se précipitèrent vers la petite fille du Messager cherchant auprès d’elle ses pieuses invocations et sa lumière puisée dans celle de son grand-père. Sa maison ne se vidait que rarement d’une foule qui lui vouait un profond amour. Elle pensa à quitter les lieux pour trouver un endroit calme où elle pourrait se consacrer entièrement à l’adoration d’Allah. Voyant son insistance à partir, les Egyptiens se ruèrent chez le gouverneur d’Egypte, As-Sirrî Ibn Al-Hakam Ibn Youssef. Ce dernier se dirigea vers elle et la supplia de faire preuve de générosité en restant parmi eux. Elle dit : «J’avais l’intention de rester parmi vous, sauf que je suis une femme faible, et la foule s’est rassemblée autour de moi et les gens me rendent visite très fréquemment si bien qu’ils m’empêchent de réciter mes awrads (dhikr) composé de vers et d’invocations et de préparer la Rencontre de l’au-delà. Et ma demeure est si petite pour accueillir cette grande foule et la cour de mon grand-père, l’Elu, paix et bénédiction d’Allah sur lui, me manque énormément». Il répondit : «ô fille du Messager d’Allah, je me charge de mettre fin à ce dont tu te plains. Je m’emploierai à ton confort et ta satisfaction. Et pour ce qui est de ta petite maison, j’ai une grande demeure à Darb As-Siba, et je prends Dieu pour Témoin en te l’offrant, et en te demandant de bien vouloir l’accepter et ne point me décevoir». Après un long silence, elle répondit : «je l’accepte de toi». Puis elle dit : «ô Sirrî, que faire de ces grandes foules et assemblées ?». Il dit : «Tu leur consacres deux jours par semaine pour leurs visites et tu consacres le reste à tes œuvres d’adoration et au service de ton mari. Accorde aux gens le samedi et le mercredi».

L’Imam Ash-Shâfi’i, qu’Allah lui fasse miséricorde, vint en Egypte. Il fit connaissance d’As-Sayyidah Nafisah et entretint de relations solides avec elle. Ils avaient en commun leurs efforts pour diffuser la lumière de la religion, chacun à sa manière. L’Imam Ash-Shâfi`î avait coutume de lui rendre visite sur son chemin à la mosquée d’Al-Fustât où il enseignait le savoir et sur son chemin de retour. Pendant le mois du Ramadan, il accomplissait les prières du Tarawîh avec elle, dans sa mosquée (la mosquée d’As-Sayyidah Nafisah). L’Imam lui rendait visite en la compagnie de certains de ses amis et disciples, et il insistait, lui qui est un soleil de piété, à ce qu’elle invoque Dieu pour lui en espérant bénéficier de sa bénédiction. Lorsque la maladie l’empêchait d’aller la voir, il lui envoyait un disciple comme Ar-Rabî` al-Jîzî en le chargeant de lui dire : «Ton cousin Ash-Shâfi`î est malade et te demande d’invoquer Dieu pour lui». Elle levait alors les yeux vers le ciel et invoquait Allah, la guérison atteignait l’imam avant même le retour de son disciple. Lorsqu’il fut atteint de la maladie de sa mort, fidèle à son habitude, il lui envoya un messager pour qu’elle prie pour lui. Elle dit au messager : «qu’Allah lui accorde la douceur de regarder Sa Face Honorée». Au retour du messager, l’imam lui demanda ce qu’elle lui avait répondu. Il comprit alors qu’il allait quitter la vie ici-bas et qu’il allait bientôt retourner à Dieu. Il lui demandait qu’elle fasse la prière du défunt sur lui. Il mourût en 204 et au passage de son cercueil porté par la foule devant chez elle, elle pria sur lui et les pieux qui assistèrent à cela pensèrent que la prière d’As-Sayyidah Nafisah sera une miséricorde pour l’imam.
Le grand savant Al-Ajahwarî dit : As-ayyidah Nafisah creusa sa noble tombe elle-même. Elle ordonna sa construction tellement elle languissait pour la rencontre de Son Créateur, témoignant de son désintérêt pour les vains ornements d’ici-bas. [Sa tombe] fut couverte de nuages de miséricorde, elle y descendait pour faire ses œuvres d’adoration, pour évoquer l’au-delà et elle y multipliait les prières surérogatoires. On dit qu’elle y récita le Coran six mille fois et qu’elle a offert la rétribution de cela aux défunts des musulmans.
Zaynab, sa nièce, dit : «Ma tante ressentit une douleur le premier jour du mois de Rajab, et elle écrivit donc une lettre à son mari Al-Mu’taman, qui était absent, où elle lui demanda de venir, car elle ressentait qu’elle allait bientôt quitter la vie ici-bas au profit de l’au-delà. Elle restait dans sa maladie jusqu’au premier vendredi du mois de Ramadan, où sa douleur fut croissante alors qu’elle jeûnait. Les médecins vinrent et lui conseillèrent alors de rompre son jeûne afin de reprendre des forces et mieux combattre la maladie». Elle dit : «Grand est mon étonnement ! Cela fait longtemps que je demande à Dieu de retirer mon âme pendant que je serais à jeun, quelle idée de rompre mon jeûne maintenant, que Dieu m’en préserve». Et elle dit : «Eloignez de moi mon médecin et laissez-moi avec mon Aimé.
Ma langueur pour lui s’est accrue et mon coeur s’est embrasé».
Les médecins s’étonnèrent de la force de sa foi, ils lui demandèrent d’invoquer Dieu pour eux, chose qu’elle fit, et ils s’en allèrent. Puis Zaynab rajouta : «elle resta dans cet état jusqu’à la 2e décade du mois de Ramadan, usée par la maladie jusqu’à son agonie. Elle commença par la récitation de sourate Al-An`âm, elle récita jusqu’au verset : «Dis à Dieu, Il inscrivit sur Lui-même la Miséricorde» et son âme noble retourna à Dieu. On dit qu’elle avait perdit connaissance en récitant «Ils ont auprès de leur Seigneur la Demeure de la Paix et Il est leur Allié pour ce qu’ils œuvraient». Zaynab dit : «je l’ai alors serrée contre ma poitrine, et elle attesta la parole de la Vérité, et son âme retourna à Dieu, Dieu la choisit pour Sa Proximité, et l’a transférée à la Demeure de l’honneur. Cela fut en 208, après la mort de l’Imam Ash-Shâfi`î de 4 ans», qu’Allah leur fasse tous miséricorde.
As-Sayyidah Nafisah avait demandé que ce soit son mari qui se charge d’elle après sa mort. Lorsqu’il arriva de son voyage ce jour, il prépara son cercueil et décida de l’enterrer près de son grand-père, Mohamed, paix et bénédiction de Dieu sur lui. Les habitants d’Egypte le supplièrent de l’enterrer en Egypte et lui ont demandé par Dieu de ne pas l’enterrer ailleurs. Mais il refusa. Ils rassemblèrent une grande fortune et le supplièrent de la laisser parmi eux, mais il refusa. Ils laissèrent l’argent chez lui, et passèrent la nuit un profond chagrin. Lorsqu’il vinrent à lui le matin, ils furent surpris de son comportement : il accepta volontiers de la laisser en Egypte et il leur rendit l’argent. Ils l’interrogèrent sur cela. Il dit : Je vis le Messager d’Allah, paix et bénédiction d’Allah sur lui, en songe et il me dit : «ô Ishâq retourne aux gens leur argent, et enterre-la chez eux». Le cœur des Egyptiens s’emplit de joie et leurs voix s’élevèrent avec «Allahou Akbar».
A sa mort, les gens se sont rassemblés de tous les coins, ils allumèrent les bougies et l’on entendit les pleurs dans toutes les maisons. Un voile de deuil et de tristesse s’abattit sur l’Egypte et une grande foule accomplit la prière sur elle et on l’enterra dans la tombe qu’elle avait creusée.


Source: http://www.tunisia-today.com/

jeudi 19 mars 2009

La Mosquée Al-Azhar du Caire

La Mosquée Al-Azhar du Caire

Le nom d’Al Azhar ou "la brillante" est souvent mis en rapport avec l’épithète Al Zahrâ’ appliquée à Fâtima mais rien ne confirme cette interprétation alors que la seconde mosquée édifiée au Caire par les Fatimides s’appelait de façon similaire al-Anwar ou "la lumineuse". Peut-être faudrait-il voir dans ces deux qualificatifs une allusion à l’éclat de la doctrine ismaïlienne sur laquelle reposait la propagande particulière de leur da’wa.

Les travaux de la nouvelle mosquée, située à proximité du palais du souverain commençèrent en 970 et durèrent deux ans pour faire cet édifice où le calife devait se rendre normalement pour diriger la Prière, le splendide symbole de la ville de gouvernement et le centre d’endoctrinement ismaïlien organisé pour soutenir les positions religieuses des nouveaux maîtres de l’Egypte. Les transformations nombreuses que subit ensuite le bâtiment ont laissé subsister quelques vestiges témoignant, de son ancienne décoration et permettant de reconstituter son ordonnance primitive. On sait qu’en 1975, le fils du cadi al Nu’man y donna des cours de fiqh ismaëlien fondés sur les ouvrages de son père et que lui succédèrent des juristes installés par le calife Al-’Aziz dans une demeure voisine ainsi que d’autres savants qui travaillaient dans le Dâr al -Hikma ou "maison de la sagesse" créée un peu plus tard par le calife al Hâkim.

La diffusion officielle des idées ismaïliennes cessa lorsque Saladin eut renversé la dynastie fatimide : un enseignement nouveau, celui du fiqh sunnite fut alors confié aux diverses madrasas (écoles) créées dans la ville . Mais pas plus que dans les grandes mosquées d’Al- Hâkim, d’Ibn Tûlûn ou de Amr, l’activité intellectuelle, orientée désormais dans une direction contraire au chiisme, ne fût interrompue à Al-Azhar dont les Mamelouks favorisèrent ensuite la renaissance intellectuelle par des fondations en faveur de professeurs et de récitateurs du Coran. L’éclat de ces enseignements ne déclina qu’avec la domination des Ottomans, alors que se sclérosaient à Al-Azhar, comme un peu partout dans les pays islamiques, des cours de type traditionnel, qui consistaient le plus souvent dans la lecture ou le commentaire de manuels dispensant de recourir aux textes anciens fondamentaux.

On sait qu’en 1875, les étudiants, dont certains logeaient dans la mosquée et y vivaient pauvrement des distributions qui leur étaient faites ou des ressources de leurs familles, avaient encore conservé des habitudes médiévales. Chaque professeur se tenant au pied d’une colonne qui avait un titulaire attitré, et qui était la propriété d’une école juridique déterminée. On s’adonnait essentiellement à l’étude du fiqh et des autres disciplines faisant partie des sciences religieuses, telles les disciplines touchant au Coran, au hadith et à la langue arabe. Il y avait en 1876, 361 professeurs et plus de dix mille étudiants qui, pour la moitié, avaient choisi le droit chaféite.

Le XIXe siècle vit prendre place à Al-Azhar une réforme de l’enseignement qui se situa dans le cadre des transformations bouleversant alors l’Egypte pour l’ouvrir aux influences modernes. Il s’agissait non pas d’en faire une université de type européen, ce qui n’était pas concevable à l’époque, mais d’y rendre la formation des élèves plus efficace et d’améliorer un cycle d’études qui, jusque-là, n’était sanctionné par aucun véritable diplôme.

Les premières mesures prises par des autorités qu’avait réunies le khédive Ismaïl, le furent en 1872, année où fut créé un diplôme final qui donnait le droit d’enseigner à Al-Azhar. Puis une réorganisation d’ensemble fut inspirée par le réformiste Muhammad Abduh : création d’un conseil de direction, augmentation des traitements des professeurs, fixation de conditions d’admission des étudiants, introduction des matières modernes (arithmétique, géographie), création de trois cycles de quatre ans chacun.

En 1907, une école de cadis fut rattachée à Al-Azhar, tandis qu’en 1908 apparaissait l’Université libre du Caire, embryon des universités modernes, qui allaient entrer en concurrence avec Al-Azhar, et y encourager d’autres changements. Une loi de 1936 précisa ainsi de nouveau les conditions d’admission et les matières enseignées.

L’université d’Al-Azhar, qui accueillait toujours de nombreux étudiants venus d’Egypte ou d’autres pays islamiques, et qui se refusait à n’être qu’une faculté de sciences religieuses, poursuivait donc méthodiquement ses longs efforts de rénovation, tout en continuant à se voir reprocher bien souvent de n’être pas assez ouverte aux problèmes du monde moderne. »

Source : Dominique et Jeanine SOURDEL, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, 1996.