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dimanche 24 avril 2011

La place de Jésus dans l’Islam

La place de Jésus dans l’Islam
 
par Cheikh Khaled Bentounès 


Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .

On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mécquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce.

A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam

On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.

Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa) très souvent associé à Marie (Myriam) ?

Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

Donc dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.

Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :

Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf - soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.

Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour à puissance sur tout. Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.

Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message rnohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.

Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.

Selon l’ésotérisme musulman si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, ... Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.

Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.

J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes... notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.

Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.

Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme , il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.

Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?... Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’ être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.

Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.
 

Source: http://oumma.com/La-place-de-Jesus-dans-l-Islam 

lundi 26 novembre 2007

MARIE (Que Dieu la salue)


Marie, Maryam en langue arabe, -seul prénom féminin explicitement désigné dans le Coran- est choisie entre toutes les femmes de l'univers (III,42-44). Selon la Tradition, Muhammad (saws) a dit : « La Dame (syyida) des femmes des mondes, c'est Maryam..» (1)
Le symbole de la virginité de Marie est renforcé en ce qu'elle donne la généalogie à Jésus, selon l'expression récurrente de « fils de Marie », alors que selon la coutume sémitique, un fils se réfère toujours à son père. L'immaculée conception fut donc proclamée un millénaire avant que le dogme ne soit proclamé dans l'Eglise (en 1854).

La XIXe sourate s'intitule « Maryam »

« Mentionne Marie, dans le Livre. Elle quitta sa famille et se retira en un lieu vers l'Orient.

Elle plaça un voile entre elle et les siens. Nous lui avons envoyé notre Esprit : il se présentât devant elle sous la forme d'un homme parfait.

Elle dit : « Je cherche une protection contre toi, auprès du Miséricordieux ; si, toute fois, tu crains Dieu ! »

Il dit : « je ne suis que l'envoyé de ton Seigneur pour te donner un garçon pur »

Elle dit : « C'est ainsi : Ton Seigneur a dit : Cela m'est facile. Nous ferons de lui un signe pour les hommes ; une miséricorde venue de nous. Le décret est irrévocable » (XIX, 16-21)

« Elle devint enceinte de l'enfant puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné. Les douleurs la surprirent auprès du tronc du palmier. Elle dit : « Malheur à moi ! Que ne suis-je déjà morte, totalement oubliée ! »

« L'enfant qui se trouvait à ses pieds l'appela : « Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. Secoue vers toi le tronc du palmier ; il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et cesse de pleurer. Lorsque tu verras quelque mortel, dis : « j'ai voué un jeûne au Miséricordieux ; je ne parlerai à personne aujourd'hui »

Elle se rendit auprès des siens en portant l'enfant. Ils dirent : « O Marie ! Tu as fait quelque chose de monstrueux ! O sœur d'Aaron ! (3) Ton père n'était pas un homme mauvais ta mère n'était pas une prostituée »

L'éloignement de Marie est l'exode nécessaire impulsé par Dieu à ses élus en tant que modèles de servitude parfaite. Il en a été ainsi pour Agar, servante de Sarah, épouse d'Abraham et mère du peuple arabe qui sera finalement secourue par l'Ange. C'est le cas aussi du Prophète (saws) qui pendant sa retraite sera visité par l'Ange. C'est dans ce dénuement qu'à l'Orient, symbole de Lumière, a lieu l'apparition de l'ange Gabriel appelé à transmette la parole et l'esprit divins. C'est Rûhunâ, l'Esprit de Dieu. Et c'est lui qui est insufflé à la Vierge Marie par l'ange manifesté sous la forme d'un homme parfait comme seul un réceptacle immaculé et cristallin est digne de le recevoir. Marie la pure craint Dieu, elle prononce « a'udhu birRahmâni » (je me réfugie auprès du Miséricordieux) : elle prend protection contre le danger d'une intention qui serait entachée : moyen purificateur nécessaire avant de pouvoir exprimer la parole divine (C'est dans cet esprit et non par hasard que tout musulman est tenu de prononcer la parole de protection avant toute lecture du Livre Saint.)
Mais on n'enfante pas sans douleurs : recevoir la grâce ne se fait pas sans mourir à une vie nouvelle. Telle l'eau du ruisseau qui jaillit du lieu le plus bas, à ses pieds, la vraie connaissance ne s'obtient qu'avec humilité : elle en reçoit les fruits dans l'injonction de manger et de boire. Par son jeûne, elle se rend totalement réceptive. La Présence du Verbe divin impose le silence « je ne parlerai aujourd'hui à aucun être humain ». Quand son peuple lui reproche sa maternité, elle désigne l'enfant sans mot dire. Lui seul, en tant que Verbe, a le pouvoir de témoigner.



Marie, femme parfaite, idéal féminin de perfection, aspect féminin de la Présence divine est la Mère, matrice de la Sagesse. Elle symbolise l'âme du contemplatif qui réalise la naissance universelle du Verbe en son cœur. Pour en être le réceptacle, il faut être vierge et pure ou encore pauvre et vide.

L'âme purifiée est comparée par Rûmi -et par d'autres- à la Vierge Marie -Que Dieu la salue-
« Lorsque la parole de Dieu pénètre dans le cœur de quelqu'un et que l'inspiration divine emplit son cœur et son âme, sa nature est telle qu'alors est produit en lui un enfant spirituel ayant le souffle de Jésus qui ressuscite les morts. L'appel de Dieu, qu'il soit voilé ou non, octroie ce qu'il a octroyé à Maryam » . Le cœur pur reflète la beauté et la perfection divine.



Le « miracle mémorable » de Jésus et de sa mère est une extériorisation de certains aspects intérieurs de la Tradition Abrahamique, preuve du « Trésor ». Cet aspect prophétique axé sur l'esprit de sainteté, a un lien direct avec le retour de Jésus ; il est une préfiguration du « retournement » qui marquera le triomphe de la Lumière sur les Ténèbres. « … Dieu parachèvera Sa Lumière quelque soit le dépit des dénégateurs » (Coran).
L'Islam, esprit de Vérité, est l'Arche qui en conserve la quintessence.
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(1) la suite de la phrase est : « … puis Fâtima (une des filles du Prophète), Khadîja (femme du Prophète), Asiya (femme de Pharaon)
(2) On trouve ici la marque de la liberté divine qui fond la personne de la vierge Marie avec maryam, sœur d'Aaron : point de vue synthétique ne retenant que l'hérédité spirituelle puisque qu'elle que soient les réceptacles, la Lumière est unique. C'est d'ailleurs l'habitude qu'avaient les juifs de se donner les noms des prophètes et des hommes pieux. Sœur d'Aaron n'est pas sœur de père et de mère. Il faut bien là répondre aux critiques formulées contre l'Islam : le Coran mentirait en affirmant que Aaron serait le frère de Marie, que Marie serait donc la sœur de Moïse dont le père s'appelait Imran. Le Prophète savait pertinemment que des siècles les séparaient ! Al-Mughîra ibn Shu'ba raconte : “Le Prophète (sur lui la paix) m'envoya à Nadjran [Yémen]. Là-bas on me dit : “Vous récitez ce passage : “O Sœur de Aaron” [Coran 19/28] ; pourtant, entre l'époque de Moïse et celle de Jésus il y a eu le temps que chacun connaît !” Je n'ai pas su quoi leur répondre. Lorsque je rentrai (à Médine), je questionnai le Prophète à ce sujet. Il me dit : “Tu les aurais informés qu'ils se donnaient comme noms ceux des prophètes et des pieux ayant vécu avant eux.”" (rapporté par Muslim, n° 2135, At-Tirmidhî, n° 3155, Ahmad, n° 17491).
Ce nom « Aaron », en hébreu, désigne un coffre, c'est à dire l'arche. Aaron est donc une personnification de l'Arche d'alliance ; la filiation de Marie à la famille d'Aaron les relie à la même lignée spirituelle.

Source : http://aminour.unblog.fr/tag/a-propos-les-envoyes/aissa-jesus-et-maryam-marie/

Jésus (Que Dieu le salue)

Dans le Coran, on peut lire :

« Nous avons fait de Jésus et de sa mère un symbole » (XXIII,50)

« Souviens-toi de celle restée vierge en sorte que nous soufflâmes en elle de Notre Esprit que nous fîmes d'elle et de son fils un miracle mémorable pour le monde . » (XXI,91)


JESUS (Que Dieu le salue)

Sa conception et son statut

« ..Nous ferons de lui un Signe pour les hommes ; une miséricorde venue de nous. Le décret est irrévocable.. »

Selon un décret irrévocable, Jean -qui annonçât Jésus- est né de parents stériles, de même la conception de Jésus par une vierge est l'expression de la Toute Puissance et de la Miséricorde divines qui s'exercent en des temps et selon des modalités connus de lui Seul. La création des univers n'est-elle pas tirée du néant ? Adam n'avait ni père, ni mère. Les abeilles naissent par parthénogenèse ; aujourd'hui, on peut naître « in vitro » ; A la Toute Puissance, selon Sa Volonté suprême, rien n'est impossible, et le lien entre la Parole créatrice : « sois » ( « kun ! ») et toute naissance est évidente, comme l'atteste ce verset : «…. Il dit : « Dieu créé ce Qu'Il veut, lorsqu'Il a décrété une chose, Il lui dit : « sois ! » et elle est ». (III,47)

Muhammad (saws) avait, d'après les anales de Tabari, adressé cette lettre au Négus chrétien d'Abyssinie : « Je confesse que Jésus, fils de Marie est l'Esprit d'Allah et Son Verbe qu'il jeta en Marie, la Vierge, la Sainte, la Pure. Elle connût alors Jésus qu'Allah créa de Son Esprit et y insuffla la vie comme Il créa Adam de Ses Mains et y insuffla la vie. Oui, il en est de Jésus comme d'Adam auprès de Dieu : Dieu l'a créé de terre, puis Il lui a dit : « sois » et il est » confirmant la Parole Coranique (III, 47 et III,59) et éclairant l'autre Parole coranique traitant de la prosternation des anges devant l'Homme dans son aspect de perfection.

Dans le coran, Jésus (‛Isâ) est l'Envoyé de Dieu (Rasûl Allah) (IV,157 ; LXI,6), Esprit émanant de Lui (Rûh Allah) - (IV,171), Parole de Vérité (XIX), Son Verbe projeté en Marie, Son Serviteur et adorateur (Abd'Allah) - IV,172 et XIX,30) et enfin le Messie (Al Massih) ; Son pouvoir miraculeux est exceptionnel : de son souffle une forme d'argile devient oiseau véritable ; il guérit l'aveugle et le lépreux ; il ressuscite les morts (III,48-52) ; il parle au berceau. La Ve sourate est intitulée « la table servie » en référence à la Cène.

La Voie

« Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu. Il m'a donné le Livre ; il a fait de moi un Prophète ; Il m'a béni, où que je sois. Il m'a recommandé la prière et l'aumône -tant que je vivrai- et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent, ni malheureux. Que la Paix soit sur moi, le jour où je naquis ; le jour où je mourrai ; le jour où je serai ressuscité. » (XIX,30-32)
L'action rituelle sacrée de la prière et de l'aumône sous tend la pureté de cœur en une parfaite adoration : c'est la première étape du chemin spirituel dans la condition de parfaite servitude à l'égard de Dieu. Cette pureté confère la Paix (as-Salâm).

L'heure dernière

La première venue de Jésus en tant que « Rasûl Allah » (Envoyé de Dieu), est porteur d'une nouvelle forme traditionnelle préfigurant l'Heure ; sa seconde venue en tant que « Al Massih » (Le Messie) doit accomplir l'Heure.
« …. Jésus est, en vérité, l'annonce de l'Heure…..» (XLIII,57)

Il est dit que Jésus mettra en déroute l'Antéchrist, ad-dajjâl, cet imposteur borgne qui dans la méconnaissance de la réalité spirituelle de l'homme portera à son paroxysme la tromperie du monde et qui apportera ainsi une vision du paradis qui sera en réalité l'enfer et une vision de l'enfer qui sera en réalité le paradis, et dont le terme sera marqué par de grands événements chaotiques et une crise spirituelle profonde.

« L'heure dernière ne viendra pas tant que Jésus, fils de Marie, ne descendra pas parmi vous » a dit le Prophète (saws).

Mais le Christ de la Parousie n'est pas encore venu ; c'est pourquoi Jésus en Islam, appartient à Dieu. Le principe-christ, c'est l'Esprit de Dieu, toujours vivant mais occulté, dont la parole coranique en contient, en conserve et en transmet providentiellement la présence.
Jésus dit : « Craignez Dieu et obéissez-moi ! Dieu est, en vérité, mon Seigneur et votre Seigneur : servez-le : c'est là le chemin droit » (III, 50-51)

Jésus musulman

Il est important de souligner et de comprendre que Jésus fait partie intégrante de la révélation islamique : il n'est pas la propriété exclusive des chrétiens. L'Islam, au titre de dernière révélation, étant une récapitulation de ce qui a précédé et un rappel de l'Heure (que Jésus avait déjà annoncée), le Jésus de l'Islam n'est pas issu du christianisme mais, au contraire, c'est précisément ce dernier qui est issu du Christ, de même que le Christ appartient à Dieu. Les saints musulmans pouvant hériter des messagers antérieurs par l'intermédiaire de la fonction totalisante du Prophète Muhammad (1) qui est l'Océan de Miséricorde où chacun peut s'abreuver, nombreux saints musulmans ont une affinité spirituelle christique. Si l'on prend l'exemple du Cheikh Ahmad al'Alawi , sa ressemblance même physique avec les représentations du Christ est frappante. (2) Cette expression de la proximité d'une station spirituelle d'une présence divine dans le Christ, (Maqâm ‘Isa) fait partie intégrante de La Voie Muhammédienne. Et si le Jésus musulman semble différent du Jésus dit « chrétien », c'est qu'en Islam, il n'est pas situé dans son historicité mais restitué en Dieu dans son Unicité.
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(1) Lors des funérailles de rûmi, musulmans, chrétiens et juifs se pressaient autour de son cercueil en chantant leur propre modes de glorification. Quand le Sultan demandât aux juifs et aux chrétiens pourquoi ils honoraient ainsi un musulman, ils répondirent « En le voyant, nous avons compris la vraie nature de Jésus, de Moïse et de tous les prophètes. »
(2) Lire « un saint musulman du XXe siècle » Martin Lings et voir sa photo sur www.tasawuf.ws/fr

Source : http://aminour.unblog.fr/tag/a-propos-les-envoyes/aissa-jesus-et-maryam-marie/