vendredi 6 août 2010


Quelques conseils santé pour le mois de Ramadan

Salam alaikoum ;

mes chers freres et soeurs, je vous souhaite à l'occasion de la venue du mois de Ramadan, qu'Allah vous couvre de ses bénédictions et qu'Il vous facilite; que vous profitiez pleinement du mois bénie et que nous soyons solidaires entre-nous et que nous soyons également de bons éxemples pour le reste de l'humanité comme l'on été le Prophete (saws) et ses compagnons (qu'Allah les agrée).

Par le Dr. Farouk Haffejee Association médicale islamique de l’Afrique du Sud - Durban 
(Traduction et localisation par Mohamed Bakri Assoumani) 

Cet article fournit des conseils utiles sur la façon d’éviter quelques pr
oblèmes communs rencontrés durant le Ramadan. Leur application permettrait de jeûner confortablement et d’apprécier entièrement les avantages spirituels du Ramadan. Pendant le mois saint du Ramadan, notre alimentation ne devrait pas différer beaucoup de notre alimentation habituelle et devrait être aussi simple que possible. L’alimentation devrait être telle que nous maintenions notre poids normal, sans perte ni sans gain. Cependant, si on est en excès de poids, le Ramadan est une période idéale pour le normaliser. En raison des longues heures du jeûne, nous devrions consommer des aliments à digestion lente tels que des aliments renfermant des fibres plutôt que des aliments rapidement digestibles. Les aliments à digestion lente durent jusqu’à 8 heures, alors que ceux à digestion rapide durent seulement de 3 à 4 heures. -Les aliments à digestion lente sont des aliments qui contiennent des grains et des graines comme l’orge, le blé, l’avoine, le millet, la semoule, les haricots, les lentilles, la farine complète, le riz non poli, etc. (appelés les hydrates de carbone complexes ou sucres complexes). -Les aliments à digestion rapide sont ceux qui contiennent du sucre, de la farine blanche, etc. (appelés hydrates de carbone raffinés ou sucres simples). -Les aliments riches en fibres sont ceux qui contiennent du son, le blé entier, les grains et les graines, les légumes comme les haricots verts, les pois, la courgette, les épinards, les feuilles de betterave (riches en fer), les fruits avec leur peau, les fruits secs particulièrement les abricots, les figues et les pruneaux, les amandes, etc.Les aliments consommés devraient être bien équilibrés, avec des produits de chaque groupe, tels que fruits, légumes, viande rouge/poulet/poisson, pain/céréales et produits laitiers. Les produits frits ne sont pas sains et devraient être limités en consommation. Ils peuvent causer de l’indigestion, des brûlures d’estomac et des problèmes de poids. A ÉVITER 

-Aliments frits et gras. 
-Aliments contenant trop de sucres -Manger avec excès particulièrement au repas de l’aube. -Boire trop de thé au repas de l’aube. Le thé augmente la quantité d’urine qui entraîne avec elle des sels minéraux essentiels pour le corps dans la journée. -Consommation de cigarettes. Si vous ne pouvez pas cesser de fumer, commencer par réduire graduellement votre consommation de cigarettes quelques semaines avant le Ramadan. Fumer est nocif pour la santé et on devrait s’arrêter complètement. 

A CONSOMMER 


-Les hydrates de carbone complexes au tsahur de sorte que l’énergie fournie par l’aliment dure plus longtemps, réduisant ainsi la sensation de faim. 
- Ipenya est un aliment riche en protéines et aussi un aliment à digestion lente. -Les dattes sont une excellente source de sucres, de fibres, d’hydrates de carbone, de potassium et de magnésium. -Les amandes sont riches en protéine et fibre avec moins de matières grasses. -Les bananes sont une bonne source de potassium, magnésium et des hydrates de carbone. 

BOIRE
-Autant d’eau ou jus de fruits que possible entre la rupture du jeûne et le coucher de sorte que votre corps puisse ajuster les niveaux de fluide à temps. Problèmes médicaux communs : 

CONSTIPATION 


Elle peut causer des hémorroïdes, des fissures (fissures douloureuses dans le canal anal) et de l’indigestion avec la sensation de ballonnement. 
Les causes : trop d’aliments raffinés, trop peu de consommation d’eau et pas assez de fibre dans la nourriture. Le remède : éviter les produits alimentaires trop raffinés, augmenter la consommation d’eau, ajouter du son dans les gâteaux et de la farine non blutée dans les galettes (ou les produits équivalents : lihoho, marduf, kuskuma...). 

INDIGESTION ET FLATULENCE
Les causes : manger avec excès. Trop de fritures et d’aliments gras, de produits épicés, et de produits à l’origine de flatulence comme les ½ufs, le chou, les lentilles, les boissons carbonatées comme les colas qui produisent aussi des gaz. Le remède : ne pas manger avec excès ; boire des jus de fruits ou mieux boire de l’eau plate. Éviter les fritures. 

LÉTHARGIE (’hypotension : tension artérielle faible’)
Une sudation excessive, l’asthénie, la lassitude, le manque d’énergie, le vertige, particulièrement en passant de la position assise à la position debout, pâleur et sensation de défaillance sont des symptômes liés "à l’hypotension". Ceci tend à se produire dans le courant de l’après-midi. Les causes : trop peu de prise de liquides, faible prise de sel. Le remède : rester au frais, augmenter la prise de liquide et de sel. Précaution : l’hypotension devrait être confirmée avec une mesure de la tension artérielle au moment des symptômes. Les personnes ayant de l’hypertension devraient faire ajuster leur prise de médicaments pendant le Ramadan. Elles devraient consulter leur médecin. 

MAL DE TÈTE
Les causes : le retrait de la caféine et du tabac représente beaucoup en un jour ; le manque de sommeil et la faim se manifeste habituellement au cours de la journée et empire en fin de journée. Avec l’association "à l’hypotension", le mal de tête peut être assez grave et peut également causer des nausées avant la rupture du jeûne. Le remède : réduire la prise de caféine et de tabac lentement en commençant une semaine ou deux avant le Ramadan. Des tisanes et des thés décaféinés peuvent être des alternatives. Réorganiser votre emploi du temps pendant le Ramadan afin de disposer de suffisamment de temps de sommeil. 

FAIBLE TAUX DE SUCRE SANGUIN (glucose)
Asthénie, vertige, lassitude, faible capacité de concentration, sudation facile, sensation de faiblesse (tremblement), incapacité d’exécuter des activités physiques, mal de tête, palpitations, tous sont des symptômes de faible taux de sucre sanguin. Les causes chez les non diabétiques : consommation d’un excès de sucres raffinés à la rupture du jeûne. Le corps produit trop d’insuline ce qui entraîne une chute du glucose sanguin. Le remède : manger autre chose à la rupture du jeûne et limiter les aliments et les boissons contenant du sucre. Précaution : les diabétiques peuvent devoir ajuster leur prise de médicaments durant le Ramadan ; consulter votre docteur. 

CRAMPES MUSCULAIRES
Les causes : prise inadéquate de sources alimentaires de calcium, de magnésium et de potassium. Le remède : consommer des aliments riches en ces minéraux, par exemple les légumes, les fruits, les produits laitiers, les viandes et les dates. Précaution : les personnes qui sont sous traitement pour l’hypertension et celles qui ont des problèmes de calculs rénaux devraient consulter leur médecin. ULCÈRES PEPTIQUES, BRÛLURES D’ESTOMAC, GASTRITE ET HERNIE HIATALE 

Les niveaux accrus d’acide dans l’estomac vide durant le Ramadan aggravent les conditions ci-dessus. Cela se traduit par une sensation de brûlure dans la zone d’estomac sous les côtes et peut s’étendre jusqu’à la gorge. Les aliments épicés, le café, et les sodas aux colas aggravent ces conditions. Des médicaments sont disponibles pour contrôler les niveaux d’acide dans l’estomac. Les personnes ayant des ulcères peptiques établis et une hernie hiatale devraient consulter leur médecin bien avant le Ramadan. 


CALCULS RÉNAUX 


Les calculs rénaux peuvent se former chez les personnes qui boivent peu de liquides. Par conséquent, il est essentiel de boire suffisamment afin d’empêcher la formation de calculs.


DOULEURS ARTICULAIRES 


Les causes : l’augmentation de la pression sur les articulations des genoux pendant la prière. Chez les personnes âgées et celles ayant de l’arthrite, cela peut provoquer douleur, rigidité, enflure et gêne. 
Le remède : perdre du poids pour épargner aux genoux de supporter toute charge supplémentaire. Exercer les membres inférieurs. Une bonne forme physique permet un plus grand accomplissement, de ce fait permettant à chacun de pouvoir exécuter la prière en toute facilité. 

Source : www.sunnipath.com

jeudi 5 août 2010

Khezr et Moïse dans le Coran

Khezr et Moïse dans le Coran

Rappelle-toi quand Moïse dit à son valet [Josué] : "Je n’arrêterai pas avant d’avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années". Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer. Lorsque tous deux eurent dépassé cet endroit, il dit son valet : "Apporte-nous notre déjeuner : nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage".

Le valet lui dit : "Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j’ai oublié le poisson - le Diable seul m’a fait oublier de te le rappeler - et il a curieusement pris son chemin dans la mer".

Moïse dit : "Voilà ce que nous cherchions". Puis, ils retournèrent sur leurs pas, suivant leurs traces.

Ils trouvèrent l’un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous. Moïse lui dit : "Puis-je suivre, à la condition que tu m’apprennes de ce qu’on t’a appris concernant une bonne direction ?".

L’autre dit : "Vraiment, tu ne pourras jamais être patient avec moi. Comment endurerais-tu sur des choses que tu n’embrasses pas par ta connaissance ?".

Moïse lui dit : "Si Dieu le veut, tu me trouveras patient ; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres".

"Si tu me suis, dit l’autre, ne m’interroge sur rien tant que je ne t’en aurai pas fait mention".

Alors les deux partirent. Et après qu’ils furent montés sur un bateau, l’homme y fit une brèche. Moïse lui dit : "Est-ce pour noyer ses occupants que tu l’as ébréché ? Tu as commis, certes, une chose monstrueuse ! ".

L’autre répondit : "N’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ?".

"Ne t’en prend pas à moi, dit Moïse, pour un oubli de ma part ; et ne m’impose pas de grande difficulté dans mon affaire".

Puis ils partirent tous deux ; et quand ils eurent rencontré un enfant, l’homme le tua. Alors Moïse lui dit : "As-tu tué un être innocent, qui n’a tué personne ? Tu as commis certes, une chose affreuse ! "

L’autre lui dit : "Ne t’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ?"

"Si, après cela, je t’interroge sur quoi que ce soit, dit Moïse, alors ne m’accompagne plus. Tu seras alors excusé de te séparer de moi".

Ils partirent donc tous deux ; et quand ils furent arrivés à un village habité, ils demandèrent à manger à ses habitants ; mais ceux-ci refusèrent de leur donner l’hospitalité. Ensuite, ils y trouvèrent un mur sur le point de s’écrouler. L’homme le redressa. Alors Moïse lui dit : "Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire".

"Ceci marque la séparation entre toi et moi, dit l’homme, Je vais t’apprendre l’interprétation de ce que tu n’as pu supporter avec patience.

Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau.

Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants ; nous avons craint qu’il ne leur imposât la rébellion et la mécréance.

Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur et plus affectueux.

Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux ; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu’ils extraient, eux-mêmes leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l’ai d’ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l’interprétation de ce que tu n’as pas pu endurer avec patience".

Coran, Sourate al-Kahf (La caverne), versets 60-82
 

mercredi 4 août 2010

Bolivie: les musulmans sont surtout des convertis

Bolivie: les musulmans sont surtout des convertis

Sarah Burkhalter
20 Jul 2010

 


Alors qu'en Europe, les mosquées sont en grande partie fréquentées par des musulmans de souche, immigrés de pays musulmans, la mosquée de Santa Cruz de la Sierra, deuxième grande ville de Bolivie, compte avant tout par des Boliviens convertis parmi ses fidèles. Eclairage sur ceux-ci et sur la situation de l'islam en Bolivie.

Vendredi, début d'après-midi. La prière du vendredi vient de prendre fin, et les fidèles sortent de la salle de prière pour récupérer leurs chaussures. Les femmes sont toutes voilées de près, et, avec leurs grands yeux noirs et leurs rondeurs naturelles, elles ressemblent curieusement à leurs sœurs musulmanes du sud de la Méditerranée. Pourtant, elles sont toutes Boliviennes, converties à l'Islam.


Dans une ville comme Santa Cruz, où le dernier recensement du département en 1992 compte plus de 79% de catholiques, se convertir à l'islam n'est pas anodin. Encore plus curieux de constater que, selon les dires de l'imam et d'un fidèle de la mosquée, la grande majorité des musulmans fréquentant la seule mosquée de la ville sont des Boliviens convertis. Selon Ramiro, qui fréquente la mosquée depuis une bonne dizaine d'années, sur les 300 membres, seule une petite minorité est composée de familles originaires de pays arabes ou musulmans, dont l'Inde et le Bengladesh.

Il fait bon vivre l'islam en Bolivie, explique l'imam 

L'imam de la mosquée de Santa Cruz de la Sierra est formel: il vaut mieux être musulman en Bolivie qu'en Europe. Alors que selon lui, celle-ci s'enferme dans sa haine de l'islam, la Bolivie reste un pays accueillant, démocratique et où la liberté de confession est garantie. Il faut dire que le nombre des étrangers en Bolivie est très faible, et nous avons vu que la population musulmane y est en majorité formée de convertis. Mais ce détail importe peu à Mahmud Amer, d'origine palestinienne, fondateur de la seule mosquée de Santa Cruz.


Mahmud Amer ne sait pas combien il y a de musulmans en Bolivie, car les recensements ne sont pas très précis sur ce sujet. Mais cela lui importe peu. «Cela ne nous préoccupe pas de savoir combien nous sommes. La force de l'islam réside dans sa valeur morale», lance-t-il.

A la question de savoir si l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales et sa nouvelle Constitution reconnaissant la pluralité religieuse du pays a changé la vie des musulmans en Bolivie, Mahmud Amer répond par la négative. La liberté de culte existait même avant Evo Morales, même si la seule religion d'Etat reconnue était alors le catholicisme.

Malgré son enthousiasme affiché, l'imam doit bien reconnaître que, s'il jouit d'une paix quasi-totale dans la gestion des affaires de sa mosquée, il ne peut pas non plus compter sur une quelconque aide de l'Etat, qui «n'a pas l'habitude d'aider les confessions», avoue-t-il. «Le gouvernement se décharge de ses responsabilités, cela ne sert donc à rien de lui demander quoi que ce soit», ajoute-t-il. En échange, la flexibilité du système et la non-intervention du gouvernement dans ses affaires lui permet de jouir d'une liberté de gestion qu'il apprécie hautement.

Sa mosquée, qui existe depuis 1994, compte quelque 300 membres, et la prière du vendredi attire régulièrement une bonne cinquantaine de personnes, dont une grande majorité de Boliviens convertis. Et loin des phénomènes de syncrétisme qu'on peut voir dans le catholicisme populaire bolivien, qui a souvent intégré des éléments des cultes traditionnels rendus à la Pachamama, l'islam en Bolivie se coupe totalement de ces religions jugées idolâtres, de même que du catholicisme, lui-même expression de l'idolâtrie selon Mahmud Amer, puisque les chrétiens rendent un culte à Jésus.

Parcours de trois convertis

Mais quels peuvent donc bien être les raisons qui poussent des Boliviens à rejoindre l'islam?

Ana a 28 ans. Sa conversion est toute récente, puisqu'elle date de janvier 2010. Elle a connu l'Islam en août 2009, à travers celui qui allait devenir son mari. Egyptien d'origine, ce dernier vit actuellement en Arabie saoudite, où il est parti travailler peu après leur mariage. Le projet du jeune couple est de quitter définitivement la Bolivie et d'aller s'établir en Arabie. En attendant, Ana fréquente la mosquée, et apprend les bases de l'arabe. Loin d'être inquiète de quitter son pays pour une terre parfaitement inconnue, la jeune femme, qui n'a encore jamais franchi les frontières de son pays, se réjouit d'aller habiter un pays dans lequel elle pense pouvoir se sentir plus en harmonie, puisque musulman.

Lorsqu'on lui demande ce qu'elle reprochait au catholicisme et pourquoi elle s'est convertie, elle répond qu'elle a trouvé beaucoup de contradictions dans la Bible. Et que la religion chrétienne ne reste bien souvent que paroles mais peine à prendre acte. Par exemple, selon Ana, la Bible invite les femmes à se couvrir la tête, mais les chrétiennes ne le font pas. La Bible dit également qu'il ne faut pas consommer de viande de porc, ce que n'appliquent pas non plus les chrétiens.

Avant de se convertir à l'islam, Ana n'a jamais été pratiquante. C'est la rencontre avec l'islam, via son mari, qui l'a décidée à choisir une pratique religieuse. Ana est licenciée en comptabilité et travaille. Son mari est d'accord avec l'idée qu'elle continue à travailler, même une fois installés en Arabie saoudite, m'assure-t-elle.

Ramiro s'est converti en octobre 1996. Il était en quête de Dieu; à travers sa recherche, il a eu l'occasion de s'intéresser à l'animisme, ou encore au bouddhisme. Chrétien d'origine, il n'était pas satisfait de son appartenance religieuse. Un jour, son frère lui a offert un Coran. Ramiro l'a lu entièrement et, quand il l'a terminé, a décidé que là était la réponse, la foi qu'il cherchait depuis longtemps. Il a connu alors ce qu'il appelle lui-même un «délire mystique», une extase. Depuis ce moment, dit-il, il est «entre les mains de Dieu». Il s'est converti seul, sans appui d'aucune mosquée ni d'aucun imam. Il vivait alors dans la ville de Cochabamba, qui ne comptait aucune mosquée ni centre de prière. Ce n'est que plus tard qu'il est venu vivre à Santa Cruz pour des raisons de travail, et qu'il s'est rapproché de la mosquée. Il accomplit toutes les pratiques de l'islam, fait ses cinq prières par jour et observe le jeûne du Ramadan.

Il a d'abord connu quelques réactions négatives de la part de sa famille ou de ses amis. Mais avec le temps, ceux-ci se sont habitués au fait qu'il ne partagerait plus de bière avec eux. Ils l'invitent de nouveau à leurs fêtes, et l'acceptent tel qu'il est. Ramiro a 44 ans, il est célibataire mais vit en concubinage avec une Bolivienne qui «croit en Dieu mais n'appartient à aucune religion». Selon lui, il n'est pas le seul membre de la mosquée à vivre cette situation de couple mixte, vivant avec un partenaire non musulman.

Alejandra a 29 ans et est d'origine colombienne. Elle s'est convertie il y a quatre ans et demi. Elle était en quête de la vérité et cherchait sa voie dans les livres, se documentant sur les différentes religions. Le catholicisme ne la comblait pas, et elle ressentait le besoin de chercher ailleurs. Cela fait maintenant sept ans qu'elle a commencé sa quête. Elle s'est finalement mise à fréquenter la mosquée de sa ville en Colombie, et s'est convertie au bout d'une année. A la suite de sa conversion, elle a connu un Bolivien lui aussi converti à l'islam, qu'elle a épousé il y a une année et demi en Colombie et qu'elle a suivi ici en Bolivie, où elle vit avec lui.

Selon Alejandra, l'islam traite mieux la femme que le christianisme. Dans la société actuelle, «la femme est en péril, elle est considérée comme un objet». Dans l'islam, la femme est vue comme une personne, nous dit-elle. Alejandra travaille comme indépendante, avec son mari. Pratiquante, elle ne sort pas dans la rue sans son foulard. A la question de savoir si les gens l'acceptent facilement et quelles sont les réactions dans la rue, elle répond que le fait qu'elle porte le foulard rend les gens curieux, et que plusieurs se sont déjà approché d'elle pour lui poser des questions sur son choix. Plusieurs personnes qui sont venues lui parler dans la rue ont fini par venir à la mosquée.

Une situation semblable dans la capitale 

(à droite, M. Amer, imam de la mosquée de Santa Cruz)

La situation n'est pas très différente à La Paz, où sur les quelque 80 membres fréquentant l'Association de la Communauté islamique de Bolivie, seuls quatre sont originaires de pays musulmans. L'association existe depuis 17 ans, mais fonctionne légalement depuis 2004 seulement. Elle se contente d'une salle de prières et n'a pas les fonds pour s'offrir les services d'un imam originaire de l'étranger. Les membres qui dirigent la prière du vendredi sont donc des Boliviens convertis. Leur savoir leur vient de ce qu'ils ont appris «entre frères», de la lecture du Coran et de la Sunna et d'autres ouvrages ainsi que de ce qu'ils trouvent sur internet. L'association ne bénéficie d'aucune aide financière, que ce soit du gouvernement bolivien ou     d'organisations musulmanes de l'étranger. La seule aide qui leur parvient est l'envoi d'exemplaire du Coran édités en Arabie Saoudite.

Outre cette association qui regroupe les musulmans sunnites, La Paz compte encore un petit groupe d'une vingtaine de chi'ites, de même qu'un centre du mouvement Tabligh. Mais les uns ne fréquentent pas les autres. Les relations avec le reste de la société sont présentées comme harmonieuses. L'Association participe depuis trois ans environ à un groupe de dialogue interreligieux, auquel participent également aymara, chrétiens, juifs et hindous. Elle est bien implantée dans son quartier, où elle mène quelques actions de bienfaisance, comme de nettoyage et d'entretien. Il arrive que le gouvernement les invite pour donner des conférences ou participer à des rencontres.

Par contre, les femmes du centre ne se voilent pratiquement pas en-dehors du centre de prières. Seules deux femmes le font quotidiennement. Aux dires d'Ahmad Ali, Bolivien converti et président de l'association, cela serait perçu bizarrement par la population de voir des femmes voilées. Ahmad Ali est son nom d'emprunt musulman. Ahmad porte également un prénom et un nom boliviens, qu'il continue à utiliser dans sa vie de tous les jours. En effet, il est très compliqué de changer de nom, et même de prénom, raison pour laquelle il a dû garder ses nom et prénom de naissance.

Dans le reste du pays, la présence musulmane est très limitée. On compte une salle de prières à Sucre, et une autre à Cochabamba, selon les dires de l'imam de Santa Cruz.

Sarah Burkhalter

Source: http://religion.info/french/articles/article_489.shtml

vendredi 30 juillet 2010

Bilal ibn Rabah (ra), le premier muezzin de l'Islam



Bilal ibn Rabah (ra), le premier muezzin de l'Islam

Quand on citait le nom d'Abu Bakr As Sidikh (RA) devant Omar ibn. al-Khattab (RA) , celui-ci disait: "Abou Bakr est notre maître, qui a libéré notre maître." Il visait Bilal. Mais Bilal ne prêtait pas beaucoup d'attention aux éloges qu'on lui adressait. Il baissait les yeux, en disant humblement: "Je suis plutôt un Abyssinien... J'étais un esclave...".

Cet ancien esclave noir, svelte mais grand, aux cheveux crépus et aux petites épaules, qui est-il ?

C'est Bilal ibn Rabah (RA) , le premier muezzin de l'Islam et le contradicteur des adorateurs des idoles. Et puis, qui ne connaît pas Bilal, alors que son nom traverse le temps depuis le début de l'Islam ?

Des centaines de millions de tous les âges le connaissent. Si on interroge un enfant musulman de n'importe quelle partie du monde : "Petit enfant, qui est Bilal ?" il répondra : "C'est le muezzin de l'Envoyé".

C'est cet esclave qui est devenu musulman et que son maître polythéiste torturait, pour le faire dévier de l'Islam.

En effet, Bilal était un esclave qui s'occupait du bétail de son seigneur, pour quelques poignées de dattes. Si ce n'était sa foi en l'Islam, il aurait traversé le temps en inconnu. La couleur de sa peau, sa condition sociale ne l'ont pas empêché d'occuper un rang très élevé parmi les musulmans. Lui le dépossédé de tout, le fils d'une esclave, on le croyait incapable de la toute petite chose. Mais voilà qu'il osa et embrassa l'Islam. Il eut une foi inébranlable, devant laquelle se brisèrent toutes les tentatives de dissuasion.

Il subissait la vie d'esclave. Des jours se ressemblaient. Il n'avait aucun droit et il n'avait aucun espoir en un possible lendemain différent. Puis, voilà qu'on parla de Mohammad (PSL) devant lui. Les Mecquois, y compris Omaya ben Khalaf, ne cachaient pas leur sentiment envers Mohammad (PSL) et ils l'exprimaient clairement, tandis que Bilal écoutait.

Ils reconnaissaient bien l'intégrité de Mohammad (PSL) , discutaient de la nouvelle religion mais la rejetaient ensuite. Ils disaient que Mohammad (PSL) n'était ni menteur, ni sorcier, ni fou. Cependant, ils avaient peur pour la religion de leurs ancêtres et craignaient que la Mecque perdrait son rôle religieux prépondérant en Arabie. Dans ces conditions-là, Bilal eut le cœur ouvert à la lumière divine et il alla au Messager de Dieu annoncer sa conversion à l'Islam. Mais la nouvelle ne tarda pas à faire le tour de la cité. Son maître Omaya vit en cela un affront qu'il fallait effacer à tout prix, et vite.

Mais Bilal était convaincu et résolu. Il ne céda pas, il résista à toutes les tortures. Allah l'avait choisi comme exemple pour peut-être dire aux humains que la couleur de la peau et la condition d'esclave n'entament nullement la grandeur de l'âme croyante. La liberté de conscience ne peut s'acheter.

Bilal l'avait démontré par sa résistance à tous les supplices. On le faisait sortir chaque jour, au soleil de midi, pour le jeter sur le sable brûlant et le laisser souffrir sous le poids insupportable d'un rocher très chaud.

Ses tortionnaires voulaient le détourner de sa foi tandis que lui voulait être musulmans. Comme sa situation de supplicié durait, on lui proposa de dire un mot de bien, un tout petit mot en faveur de leurs dieux, pour faire cesser son supplice.Même ce petit mot, Bilal ne la prononça pas, lui qui pouvait le dire de façon superficielle, sans perdre sa foi, afin d'être soulagé. Oui, il refusa de le dire et se mit à répéter son chant éternel : Ahadoun - Ahadoun - II est l'unique, il est l'unique - .

Ses tortionnaires lui disaient : "Dis ce que nous disons" Mais lui leur disait : "Ma langue ne sait pas bien dire cela". Les sévices reprenaient alors de plus belle jusqu'à l'après-midi. A ce moment-là, on enlevait le rocher de sa poitrine, on lui mettait une corde au cou et on le laissait à la merci de leurs garçons, qui le faisaient courir dans les rues de la Mecque et sur les montagnes.

J'imagine qu'à la nuit tombée, ses bourreaux lui disaient : " Demain, dis du bien de nos dieux; dis que tes seigneurs sont al-Lat et al-'Ouzza ( les plus grandes idoles de la Mecque) et nous laissons..." Mais Bilal rejetait sereinement ce marchandage par la reprise de son chant. Sur ce, Omaya ben Khalaf explosait de colère et de haine: "Par al-Lat et al-'Ouzza! tu vas voir. Tu seras un exemple pour les esclaves et pour les maîtres !". Et le lendemain, à midi, les bourreaux conduisaient Bilal à la place de la veille, sans savoir qu'il était armé de patience et de résolution.

Puis, un jour, Abu Bakr as-Sadikh (RA) alla à cet endroit, pour leur dire; "Allez vous tuer un homme parce qu'il dit que son seigneur est Dieu ?" Par la suite, il dit à 'Oumaya : "Je l'achète avec un prix dépassant sa valeur. Qu'en dis-tu ?" Oumaya ne se fit pas attendre de prendre au vol la bouée de sauvetage qui venait de lui être lancée. Ayant perdu espoir de briser a volonté de Bilal. il accepta l'offre d'Abou Bakr . Il s'était rendu compte que le prix de Bilal était plus profitable que sa mort. Comme Abou Bakr aidait Bilal à se relever, Oumaya dit : "Prends-le ! si tu m'avais proposé un ouqiya. je te l'aurais vendu". Abou Bakr, se rendant compte que ces mots étaient destins à humilier Bilal, répondit: "Par Dieu ! si vous aviez exigé cent ouqiyas, je les aurais avancées !" Puis il se retira avec Bilal.

Puis, plus tard, il y eut l'exode à Médine et le Messager décréta l'appel à la prière. Qui allait être le premier muezzin des musulmans ? Qui allait lancer cet appel cinq fois par jour ? Et bien le Messager allait choisir Bilal qui, treize ans auparavant, avait dit aux polythéistes: "Dieu est l'Unique... il est l'Unique."

Puis, il y eut la bataille de Badr entre les musulmans et les Qoraychites qui étaient sortis au secours de leur caravane. Omaya ben Khalaf y était et Bilal aussi. Mais chacun se trouvait dans le camp opposé.

Ce jour-là, le chant que Bilal répétait sous la torture devint le slogan menant les musulmans au combat et à la victoire. Omaya vit alors sur le champ de bataille Abdurrahman ibnn Aouf il demanda sa protection. Abdarrahman accepta et le conduisit vers l'endroit où on rassemblait les captifs. Bilal le vit sur le chemin et dit à voix haute: "Le chef de file de la mécréance Omaya ben Khalaf !" Puis, il s'élança, l'épée menaçante. Abdarrahman intervint: "Bilal ! c'est mon captif !"

Comment Omaya était-il un captif, alors que tout à l'heure il maniait son sabre contre les musulmans ? Sur ce. Bilal appela ses compagnons: "O soutiens de Dieu ! voilà le chef de file de la mécréance ! Omaya ben Khalaf ! " Un groupe de musulmans accoururent et encerclèrent le polythéiste et son fils. Abdarrahman ben Aouf ne put rien faire...

Puis, les années passèrent et les musulmans entrèrent à la Mecque en libérateurs. Le Messager se dirigea droit vers la Kaaba encore encombrée d'idoles.

A partir de ce jour, plus de Houbal, plus de 'Ouzza plus de Lat en ce lieu sacré. Le Messager entra avec Bilal à l'intérieur de la Kaaba, puis il lui demanda de montrer sur le toit et de lancer l'appel à la prière.

Bilal monta et lança l'appel devant les milliers de musulmans. Ces derniers reprenaient après lui chaque séquence de l'adhan, tandis que la majorité des polythéistes étaient dans leurs maisons.

Cependant trois notables qoraychites se trouvaient devant la Kaaba: Abou Soufyan ben Harb qui venait de se convertir à l'Islam, Attab ben Ousayd et al-Harith ben Hicham qui étaient encore polythéistes. "Dieu a bien fait d'épargner à mon père d'écouter celui-là. Sinon il aurait entendu ce qui l'exaspérait, dit Attab. Par Dieu ! si je sais que Mohammad a raison, je le suivrai, dit al-Harith" Quant au rusé Abou Soufyan, il dit: "Moi je ne dis rien. Si je dis quelque chose, ces cailloux rapporteront cela."

Quand le Prophète sortit de la Kaaba, il leur dit : "J'ai su ce que vous avez dit". Puis il leur raconta leur conversation. Al-Harith et Attab dirent à voix haute: "Nous attestons que tu es vraiment le messager de Dieu, Par Dieu ! personne ne nous a entendus pour que nous disions qu'il t'a informé !"

Bilal était le compagnon de toujours du Prophète . Il prenait part aux expéditions et aux batailles, lançait l'appel à la prière, accomplissait les rites de cette religion nouvelle. Si bien que le Prophète dit de lui: "C'est un homme qui fait partie des compagnons du Jardin." Mais Bilal était resté toujours modeste. Une fois, avec un compagnon qui voulait se marier lui aussi, il alla demander la main de deux femmes. Devant le père, il dit: "Je suis Bilal et voilà mon frère. Deux esclaves d'Abyssinie. Nous étions des égarés mais Dieu nous a guidés. Nous étions des esclaves mais Dieu nous a libérés. Si vous nous donnez la main de vos filles, alors louange à Dieu, Si vous refusez, alors Dieu est grand."


La tombe de Saydna Bilal ibn Rabah à Damas en Syrie.



Après la mort du Messager Bilal dit au khalife Abou Bakr : "O khalife du Messager, j'ai entendu le Messager de Dieu dire: "La meilleure action du croyant c'est de combattre sur le chemin de Dieu" - "0 Bilal, que veux-tu ? dit Abou Bakr. Je veux sortir pour stationner sur les frontières et me consacrer ainsi au combat sur le chemin de Dieu jusqu'à la fin de mes jours.

Et qui va s'occuper de l'adhan ? - Je ne ferai plus d'adhan pour personne après la disparition du Messager de Dieu "Reste et occupe-toi de l'adhan pour nous, 0 Bilal" -

"Je ferai ce que tu veux, dans le cas où tu m'avais libéré pour que je sois à toi. Sinon, laisse-moi avec la cause pour laquelle tu m'avais libéré, dans le cas où tu m'avais libéré en vue de Dieu" dit Bilal - "Au contraire, je t'avais libéré en vue de Dieu, ô Bilal.. ".

Là, les historiens divergent. Selon certains, Bilal partit aux frontières de Syrie, en tant que combattant pour la cause de l'Islam. Selon d'autres, il resta à Médine après avoir accepté la demande d'Abou Bakr . Mais après la disparition de ce dernier, il demanda au nouveau khalife Omar ibn al-Khattab la permission d'aller stationner sur les frontières, pour la cause de Dieu. Après quoi, comme il voulait, il s'en alla en Syrie.

Sa tombe se trouve à Damas en Syrie. Qu'Allah lui fasse miséricorde.

Source: http://www.asfiyahi.org/BILAL-IBN-RABAH-RA--LE-PREMIER-MUEZZIN-DE-L-ISLAM_a249.html

mercredi 28 juillet 2010

"Soufisme et Charia" ou l'éclairage de Malal Ndiaye sur le débat entre l'islam ésotérique et exotérique



"Soufisme et Charia" ou l'éclairage de Malal Ndiaye sur le débat entre l'islam ésotérique et exotérique

Cheikh Tidiane Ndiaye

Dakar — "Soufisme et charia - L'esprit de la lettre", tel est le titre du livre que vient de publier Malal Ndiaye qui dans ce septième ouvrage rédigé avec beaucoup de perspicacité et de maîtrise que lui confère son double titre de journaliste et de "mouquadam", fait le point sur "le débat multiséculaire" entre les tenants de l'islam exotérique, incarné par les wahabistes, et ésotérique, revendiqué par les soufis.

ans l'ouvrage paru aux éditions "Afrique challenge" et dont la séance de dédicace aura lieu samedi à 10h à la Grande mosquée du Point E, Malal Ndiaye s'attache d'emblée à circonscrire les différentes étapes du "débat" entre ceux appliquant rigoureusement jusque quelques fois à la caricature la religion révélée par Mouhammad (PSL) et ceux faisant intervenir l'esprit pour mieux comprendre et pratiquer cette dernière.

"Exclusivement intellectuel" à ses débuts comme l'illustre la passe d'armes à fleurets mouchetés qui eut lieu à la mosquée d'Al Azhar du Caire entre le grand maître soufi Ibn 'Ata Allah Al Iskadari et le savant hanbalite Ibn Taymiyya, le "débat" se mua par la suite en un combat, puis en "confrontation et anathèmes", écrit M. Ndiaye.

Il relève à ce propos que le littéralistes dans leur chasse aux intérioristes en arrivèrent même à traiter "de polythéistes" les chanteurs de louanges du prophète (PSL) tel que Mouhamad Al Boussayri, l'auteur de "Al Burda" (le Manteau) que nous connaissons bien au Sénégal.

Entre autres explications de cette évolution du "débat" devenu quelque part "émotionnel", le "muquadam" indexe "l'irruption de l'argent, les pétrodollars de ceux qui se sont autoproclamés défenseurs de "l'orthodoxie" sunnite".

"Enturbannés dans leurs dogmatiques convictions, rivés à "leur Islam" plombé et hermétique, les littéralistes sont plus portés à défendre leur foi qu'à la vivre (...)", écrit Malal Ndiaye pour qui cette position des Ahlou sharia (littéralistes purs et durs) incarnée par la doctrine wahhabite "néo-hanbalite" s'imposa par la force "avant d'être savamment entretenue et arrosée à coup d'argent".

La réaction des soufis ne s'est pas fait attendre et certains comme Ibn Arabi Al Hâtimi ne prirent pas de gants pour voir dans l'attitude du camp opposé celle des pharaons à l'égard des prophètes. "Pour complaire aux princes et aux puissants, ils n'hésitent pas à élaborer une casuistique qui tourne en dérision la Loi sacrée dont ils se veulent les interprètes, ils condamnent comme kufr tout ce qu'il ne peuvent comprendre", écrit Al Hâtimi, selon Malal Ndiaye.

Pour le "muquadam", c'est dans cette assertion que gît l'essentiel du malentendu, car, souligne-t-il, il se trouve curieusement parmi les maîtres de l'islam dite orthodoxe certains qui freinent des quatre fers et appellent à reconnaître la pertinence des soufis. C'est ainsi que, selon M. Ndiaye, Ibn Taymiyya écrit ceci : "ils (les intérioristes ou soufis) sont les plus sages et les plus pieux de la communauté".

En vérité, les littéralistes sont plutôt gênés à l'idée que l'enseignement de "l'ésotérisme sur la place publique" puisse perturber "l'esprit simple et quelque peu fragile des croyants vivant dans la douillette quiétude du Taqlid, du conformisme, du suivisme", indique Malal Ndiaye, soupçonnant les partisans du "+néo-hanbalisme+désincarné" de n'avoir pas "bien lu leur maître" et convoquant l'imam Malik pour clore le débat.

"Quiconque pratique le soufisme sans loi (sharia) est hérétique, quiconque suit la loi sans pratiquer le soufisme a dévié : celui qui conjoint les deux, celui-là seul réalise la vérité", écrit le Grand maître soufi.

Tout au long des pages suivantes, l'auteur démontre avec pertinence la nature à la fois ésotérique et exotérique de l'islam, prouve à travers les cinq piliers fondamentaux de l'islam que "le soufisme est la dimension spirituelle et introspective" de ce dernier. "Il est même le propre de cette religion", écrit-il non sans relever que "la grande erreur des adversaires du soufisme, c'est de croire qu'un saint délivre une nouvelle sharia !".

En conclusion, Malal Ndiaye tente de mettre de l'ordre dans le soufisme, distinguant d'une part les "haut placés" des Cheikhs lesquels "entretiennent avec le Prophète un lien subtil" doublé de la réception de l'Envoyé "enseignements et indications" et, d'autre part, les "faux maîtres".

Ces derniers, dénonce M. Ndiaye, prolifèrent et se font des disciples partout y compris dans nombre de pays d'Afrique de l'ouest du simple fait de "la crise de toutes les valeurs à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société".

Source: http://www.asfiyahi.org/Soufisme-et-Charia-ou-l-eclairage-de-Malal-Ndiaye-sur-le-debat-entre-l-islam-esoterique-et-exoterique_a365.html

L'otage Michel Germaneau est mort en captivité!

Salam alaikoum,

même si cela est un peu hors sujet je souhaitais quand même éxprimer mon dégout devant cet acte de lâcheté. Ceux qui ont commis cet acte, disent que c'est pour se venger d'un assault contre un de leur camp qui aurait fait six morts, mais des deux côtés, ils s'agissait de "combattants". Cette personne était allé faire le bien et était un retraité. Comment peut.on justifier cela islamiquement?



Michel Germaneau, retraité de 78 ans et membre d’une petite association d’entraide aux enfants du Niger, a été enlevé le 19 avril par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)