mercredi 25 mai 2011

Lettres sur le Prophete et autres lettres sur la voie spirituelle

Un livre que je ne peux que recommander comme tout ce que fait Tayeb Chouiref.

 Lettres sur le Prophete et autres lettres sur la voie spirituelle

Cheikh al-'Arabî al-Darqâwî

Traduites et présentées par Tayeb Chouiref 

Par son exemple vivant et son enseignement, le Cheikh Darqâwî revivifia la spiritualité dans le Maroc du début du 19ème siècle. Après sa mort, son enseignement – consigné dans un recueil de lettres – rayonna bien au-delà des frontières du royaume chérifien.
D’après un célèbre hadith, un rénovateur (mujaddid) apparaît au début de chaque siècle afin de revivifier l’islam. Le Cheikh Darqâwî avait clairement conscience d’assumer une telle fonction. Cette revivification de l’islam n’est autre qu’un retour à la pureté des enseignements originels du Prophète. Mais contrairement aux courants littéralistes, qui affirment eux aussi faire retour aux enseignements originels, le Cheikh Darqâwî ne prône pas une imitation extérieure et aveugle. Il s’agit, pour lui, de suivre les pas du Prophète dans son cheminement vers Dieu, par la purification de l’âme et le rayonnement des vertus en elle.
Afin de mettre en lumière cet aspect des choses, le présent ouvrage rassemble les lettres du Cheikh qui évoquent la spiritualité du Prophète : nous entrons, par là même, au cœur des enseignements du grand maître spirituel que fut Darqâwî.
Pour leur majorité, les lettres présentées au lecteur sont traduites en français pour la première fois.
 

On peut le comander entre-autre chez Amazon:

http://www.amazon.fr/Lettres-Prophète-autres-lettres-spirituelle/dp/2953220070/ref=sr_1_4/278-8453187-2064215?ie=UTF8&qid=1306353571&sr=1-4

Editions Tasnim: http://www.tasnim.fr/

lundi 23 mai 2011

Les musulmans d’Ossétie du Nord

Les musulmans d’Ossétie du Nord

Par Mikhail Rochtchine*
Traduit en français par S.Tournon


Alors que la majeure partie de la population du Nord Caucase, en Russie, est musulmane, la République d’Ossétie du Nord-Alanie constitue une exception, car les musulmans y sont une minorité, petite mais visible. Cette république de 7 987 km² compte, selon le recensement de 2010, 700 858 habitants, dont 445 300 sont des Ossètes (60,7%), 164 7000 des Russes (23,2%) et 25.400 des Ingouches (5%). Les musulmans d’Ossétie du Nord sont mal connus, alors qu’ils formeraient, selon les spécialistes, près de 15% de la population. Cet article entend présenter un portrait de cette population au travers des personnes et institutions qui s’en font les porte-parole.

L’islamisation des Nord Ossètes s’est pour partie déroulée aux XVIII-XIXe siècles. Actuellement, l’immense majorité des musulmans ossètes sont sunnites, de rite hanafite. Détail intéressant, la mosquée centrale de Vladikavkaz, la capitale, monument unique dans tout le Nord Caucase, fut construite au début du XXe siècle suivant un modèle architecturale égyptien, grâce aux subventions du magnat azerbaïdjanais du pétrole Mourtaza-aga Moukhtarov, dont l’épouse, Elizaveta Touganova, était Ossète.

Renaissance de l’islam en Ossétie du Nord

A l’époque soviétique, la lutte contre les religions obligea la fermeture de toutes les mosquées d’Ossétie du Nord. Au moment de la perestroïka, et à plus forte raison à la suite de l’écroulement de l’URSS, le religieux refit surface, et les musulmans d’Ossétie du Nord purent s’exprimer de nouveau. La vieille génération, traditionnaliste, s’est réorganisée autour de la personnalité la plus connue d’alors, Dzankhot Khekilaev, décédé en 2004. En parallèle, des milliers de jeunes nord Ossètes se mirent à suivre un islam plus proche du salafisme. Cette situation aboutit à la constitution de deux structures musulmanes dans la république. En 1990, les traditionnalistes fondirent la Direction spirituelle des musulmans d’Ossétie du Nord (DSMOS) dirigée par D. Khekilaev, et les jeunes musulmans créèrent leur propre organisation, nommée de manière informelle Djamaat, officiellement inscrite en tant que Centre culturel islamique en 1996 [1]. Ces jeunes musulmans élurent pour président - ou émir - Ermak Tegaev, un homme d’une quarantaine d’années au passé criminel, incarcéré 12 ans à l’époque soviétique.

Souleyman Mamiev, chirurgien, émir adjoint et imam de la mosquée centrale de Vladikavkaz, nous a confié lors de divers entretiens tenus dans les années 2000-2004 que ce courant incluait aussi les communautés musulmanes des villes de Beslan et de Elkhotovo. Le «Djamaat» d’Ossétie du Nord collaborait étroitement avec celui de Kabardino-Balkarie dirigé par l’imam Moussa Moukojev, personnalité populaire parmi les jeunes musulmans locaux, qui passa à l’automne 2005 dans la clandestinité, devenant ainsi l’un des dirigeants de l’islam armé clandestin de Kabardino-Balkarie. Il fut tué lors d’une opération spéciale le 10 mai 2009. Souleyman Mamiev nous apprit aussi qu’au début des années 2000, la communauté musulmane de Vladikavkaz comptait près de 500 fidèles, dont la majorité était des Ossètes. Beaucoup d’étudiants tchétchènes et ingouches s’y trouvaient avant la tragédie de Beslan. Après le drame qui se déroula les 1er-3 septembre 2004 [2], ces derniers quittèrent la ville et s’installèrent dans d’autres régions de Russie, ou émigrèrent.

Vladimir Khodov, l’un des combattants qui participa à la prise de l’école de Beslan, était originaire du village ossète d’Elkhotovo. De nationalité russe, une fois ses études en madrasa terminées, il se rapprocha des «wahhabites», comme il est convenu d’appeler les partisans du fondamentalisme musulman au Nord Caucase, puis il travailla en tant que cuisinier dans l’unité du commandant tchétchène Rouslan Guelaev [3]. Dans la seconde moitié des années 2000, le «Kataïb al-haoul» (bataillon de l’horreur, en arabe), branche armée du djamaat clandestin, fut reconnu responsable de plusieurs actes terroristes en Ossétie du Nord.

Le 2 février 2005, les agents du FSB d’Ossétie du Nord, en liaison avec la Direction de la lutte contre le crime organisé du ministère de l’Intérieur, firent irruption au domicile d’Ermak Tegaev, président du Centre culturel islamique, alors âgé de 48 ans. Des témoins affirment que des explosifs ont été placés chez lui intentionnellement afin de servir de base d’accusation. Caucasus Times, qui s’est référé aux données fournies par les organes juridiques de la république, affirma que lors de l’arrestation de E. Tegaev, 270 grammes de plastic, 3 détonateurs électriques et de la littérature religieuse, des manuels, des vidéos et cassettes audio à caractère extrémiste furent saisis [4]. Plus tard, en août 2005, le tribunal régional soviétique de Vladikavkaz condamna E. Tegaev à 2 ans et demi d’enfermement en colonie. Un an plus tard, l’imam de Vladikavkaz Souleyman Mamiev partit pour la Turquie avec sa mère. Une fois libéré, Ermak Tegaev revint à Vladikavkaz et tenta de faire renaître le «djamaat» ossète, mais il disparut soudainement, dans des circonstances inexpliquées. Certains supposent qu’il a été tué par les forces spéciales.

A l’été 2004, le premier mufti de la DSMOS Dzankhot Khekilaev décéda. Un an plus tard, la DSMOS fut dirigée par Rouslan Valgassov, ancien collaborateur de la police routière. En Avril 2005, Mourat-khadji Tavkazakhov devint à son tour directeur de la DSMOS. De nombreux musulmans de la république le soupçonnaient de corruption et de détournement des diverses subventions musulmanes destinées au soutien de l’islam en Ossétie.

Ali-hadji Evteev, mufti d’Ossétie du Nord

En février 2008, Ali-hadji Evteev fut élu mufti de la DSMOS. Né à Moscou en 1974, d’un père russe et d’une mère ossète (du nom de Komaeva), il venait d’une famille musulmane qui déménagea tôt à Beslan, où il passa son enfance. A 22 ans, il se convertit à l’islam et à la fin des années 1990, il participa activement à la fondation de la «djamaat» ossète, et soutint Ermak Tegaev au poste d’émir. Plus tard, en 2000, déçu par Tegaev et par la «djamaat», Ali-khadji Evteev se rendit avec des Koumyks d’Ossétie du Nord au Caire, où il étudia 4 ans à l’université musulmane d’Al-Azar.

En 2004, il fit son petit pèlerinage en Arabie Saoudite, puis entra à l’université internationale islamique de Médine. Il garda toutefois des liens avec l’Ossétie du Nord ; il revenait d’ailleurs chez lui chaque année. En 2004, il devint l’adjoint du mufti de la république. Elu mufti alors qu’il étudiait à Médine, il prit son congé et rentra en Russie. Une fois sur place, il s’aperçut rapidement que les caisses de la DSMOS étaient vides ; tout était à refaire. Il se donna pour mission principale la réunification des musulmans d’Ossétie: des jeunes liés à la «djamaat» et des croyants plus âgés, partisans d’un islam traditionnel. Ali-khadji Evteev s’opposa à la lutte armée des musulmans au Nord Caucase, car elle ne respectait pas la charia qu’il se refusait d’aborder de manière littérale. De plus, le retour aux sources et la perception du monde musulman sur la base du Coran et de la Sunna devaient, selon lui, aider les musulmans d’Ossétie du Nord à s’insérer dans le monde actuel. En avril 2009, le Congrès des musulmans d’Ossétie du Nord confirma Ali-khadji Evteev à son poste de mufti de la république. C’était la première fois que des musulmans d’Ossétie du Sud, ceux-là mêmes qui actuellement cherchent à fonder une communauté musulmane dans leur région, participaient à ce congrès [5].

Le plus grand succès d’Ali Evteev fut certainement d’avoir pu éviter le schisme entre les générations d’Ossètes musulmans et d’avoir rapproché les communautés musulmanes d’Ossétie du Nord sous l’égide de la DSMOS. En outre, alors qu’il était mufti, les musulmans radicaux rebelles, dont le Kataib al-haoul, cessèrent leurs activités dans la république. Actuellement, les seuls groupes terroristes de la république d’Ossétie du Nord sont ingouches et viennent du vilayet ingouche de l’Emirat du Caucase.

Le 20 mai 2010, A. Evteev démissionna, suite à un scandale lié à une interview donnée le 31 mars 2010. A cette date, la journaliste Yana Amelina s’est entretenue avec A. Evteev, et publia leur entretien sur Internet [6]. Cette publication indigna une partie des musulmans d’Ossétie du Nord et tout le Nord Caucase. Accusé d’extrémisme, il lui fut reproché d’avoir étudié en Kabardino-Balkarie auprès de musulmans qui avaient par la suite choisi la voie de la clandestinité et de l’islam radical armé, d’avoir critiqué durement l’Eglise orthodoxe et justifié la polygamie [7]. Le 24 octobre 2010, la veille de son départ pour l’Arabie Saoudite, A. Evteev nous confia, à Vladikavkaz, qu’il ignorait que l’entretien tenu en mars était en fait une interview.

Le 14 juin suivant, le Conseil de la DSMOS élit à sa place Hadjimourat Gatsalov, ancien adjoint d’Evteev. Le 25 octobre, lors d’une rencontre à Vladikavkaz, M. Gatsalov nous apprit que la république comptait 24 communautés musulmanes. La majorité des musulmans était ossètes, soit environ 67.000 personnes. En outre, près de 25.000 Ingouches et 11.000 Koumyks vivent dans la république, et quelques milliers de Turcs Meskhètes se trouvent dans la région de Mozdok. Depuis peu, environ 2.000 Tchétchènes y résident également.

En dépit des troubles de ces dernières années, essentiellement liés au conflit non réglé entre Ossètes et Ingouches, la communauté musulmane d’Ossétie du Nord continue de croître, et la part des Nord Ossètes y est prépondérante.

*Directeur de recherches à l'Institut d'études orientales (Académie des sciences de la Russie) à Moscou.

(Texte traduit par Sophie Tournon)
 
Notes : 

 
[1] En arabe, djamaat signifie «communauté (musulmane)». Au Nord Caucase, ce terme s’utilise souvent pour désigner les groupes musulmans radicaux. Ces dernières années, plusieurs djamaat sont entrés en clandestinité, dans la lutte armée contre les forces fédérales et républicaines.
[2] Le 1er septembre 2004, l’école de Beslan n°1 fut prise par un groupe de combattants. 1.128 enfants et adultes furent pris en otages. Le 3 septembre, 334 personnes, dont 186 enfants, périrent lors de la libération de l’école.
[3] Voir «Histoire du village d’Elkhotovo. Les habitants ont décidé de chasser la mère d’un terroriste», GlobalRus.ru, 4 octobre 2004 (en russe), http://www.globalrus.ru/comments/138416.
Rouslan Gelaev (1964-2004), chef de guerre lors des conflits tchétchènes, occupa des postes importants dans les forces combattantes de la République tchétchène d’Itchkérie, où il fut général de division.
[4] «Da’oua», Vladikavkaz, février 2005. Lire aussi A. Politkovskaïa, Douloureuse Russie, journal d’une femme en colère, Buchet-Chastel, 2006.
[5] L’islam fait son apparition en Ossétie du Sud après le conflit d’août 2008. Il s’agit essentiellement de professionnels du bâtiment venus des républiques du Nord Caucase: Daghestan, Tchétchénie, Kabardino-Balkarie et Karatchaévo-Tcherkessie.
[6] http://files.mail.ru/58S8MV [7] Le 24 mai 2010, les spécialistes du Centre d’expertise du Sud, à Volgograd, ont préparé «un bilan d’enquêtes croisées psychologiques, politiques, religieuses et linguistiques (d’après les contrôles pour l’instruction n°113)» dans lequel il a été souligné que «les sources étudiées (l’interview d’Evteev par Yana Amelina), ne contenaient pas d’appel à la haine envers les autres nations, confessions, etc. Le texte de l’interview affirme l’idée de l’unité entre les religions, de l’ouverture des religions et n’appelle pas à la haine entre les religions.» (archives personnelles).
 

Source: http://www.caucaz.com/home/breve_contenu.php?id=613&PHPSESSID=b5510398707d121a4cc3aca698f8eb81 

dimanche 24 avril 2011

La place de Jésus dans l’Islam

La place de Jésus dans l’Islam
 
par Cheikh Khaled Bentounès 


Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .

On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mécquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce.

A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam

On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.

Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa) très souvent associé à Marie (Myriam) ?

Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

Donc dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.

Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :

Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf - soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.

Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour à puissance sur tout. Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.

Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message rnohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.

Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.

Selon l’ésotérisme musulman si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, ... Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.

Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.

J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes... notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.

Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.

Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme , il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.

Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?... Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’ être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.

Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.
 

Source: http://oumma.com/La-place-de-Jesus-dans-l-Islam 

dimanche 17 avril 2011

Les oiseaux noirs et les oiseaux blancs

Les oiseaux noirs et les oiseaux blancs


Ce jour-là, Tierno avait commenté ce verset : « Celui qui a fait le poids d’un atome de bien le verra ; celui qui a fait le poids d’un atome de mal, le verra » (Coran XC, 7 et 8).»

Comme nous le questionnions sur les bonnes actions, il nous dit :

- La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis.
- Comment ! m’étonnai-je. Généralement, les gens ont tendance à maudire leurs ennemis plutôt qu’à les bénir. Est-ce que cela ne nous ferait pas paraître un peu stupide que de prier pour nos ennemis ?
- Peut-être, répondit Tierno, mais seulement aux yeux de ceux qui n’ont pas compris. Les hommes ont, certes, le droit de maudire leurs ennemis, mais ils se font beaucoup plus de tort à eux-mêmes en les maudissant qu’en les bénissant.
- Je ne comprends pas, repris-je. Si un homme maudit son ennemi et si sa malédiction porte, elle peut détruire son ennemi. Cela ne devrait-il pas plutôt le mettre à l’aise ?
- En apparence, peut-être, répondit Tierno, mais ce n’est alors qu’une satisfaction de l’âme égoïste, donc une satisfaction d’un niveau inférieur, matériel.
Du point de vue occulte, c’est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable. Même si l’on passe pour un imbécile aux yeux des ignorants, on montre par là, en réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sa sagesse.»
- Pourquoi ? lui demandai-je. C’est alors que Tierno, pour m’aider à comprendre, parla des oiseaux blancs et des oiseaux noirs.
- Les hommes, dit-il, sont les uns par rapport aux autres, comparables à des murs situés face à face.
Chaque mur est percé d’une multitude de petits trous où nichent des oiseaux blancs et des oiseaux noirs. Les oiseaux noirs, ce sont les mauvaises pensées et les mauvaises paroles.
Les oiseaux blancs, ce sont les bonnes pensées et les bonnes paroles. Les oiseaux blancs, en raison de leur forme, ne peuvent entrer que dans des trous d’oiseaux blancs et il en va de même pour les oiseaux noirs qui ne peuvent nicher que dans des trous d’oiseaux noirs.

Maintenant, imaginons deux hommes qui se croient ennemis l’un de l’autre. Appelons-les Youssouf et Ali.
Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal, se sent empli de colère à son égard et lui envoie une très mauvaise pensée. Ce faisant, il lâche un oiseau noir et, du même coup, libère un trou correspondant. Son oiseau noir s’envole vers Ali et cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme.

Si, de son côté, Ali n’a pas envoyé d’oiseau noir vers Youssouf, c’est-à-dire s’il n’a émis aucune mauvaise pensée, aucun de ses trous noirs ne sera vide. Ne trouvant pas où se loger, l’oiseau noir de Youssouf sera obligé de revenir vers son nid d’origine, ramenant avec lui le mal dont il était chargé, mal qui finira par ronger et par détruire Youssouf lui-même.

Mais imaginons qu’Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée. Ce faisant, il a libéré un trou où l’oiseau noir de Youssouf pourra entrer afin d’y déposer une partie de son mal et y accomplir sa mission de destruction. Pendant ce temps, l’oiseau noir d’Ali volera vers Youssouf et viendra loger dans le trou libéré par l’oiseau noir de ce dernier. Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but et travailleront à détruire l’homme auquel ils étaient destinés. Mais une fois leur tâche accomplie, ils reviendront chacun a son nid d’origine car, est-il dit: « Toute chose retourne à sa source. » Le mal dont ils étaient chargés n’étant pas épuisé, ce mal se retournera contre leurs auteurs et achèvera de les détruire.

L’auteur d’une mauvaise pensée, d’un mauvais souhait ou d’une malédiction est donc atteint à la fois pas l’oiseau noir de son ennemi et par son propre oiseau noir lorsque celui-ci revient vers lui.

La même chose se produit avec les oiseaux blancs. Si nous n’émettons que de bonnes pensées envers notre ennemi alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises pensées, ses oiseaux noirs ne retrouveront pas de place où loger chez nous et retourneront à leur expéditeur. Quant aux oiseaux blancs porteurs de bonnes
pensées que nous lui aurons envoyés, s’ils ne trouvent aucune place libre chez notre ennemi, ils nous reviendront chargés de toute l’énergie bénéfique dont ils étaient porteurs.

Ainsi, si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais nous atteindre dans notre être. C’est pourquoi il faut toujours bénir et ses amis et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y accomplir sa mission d’apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée.

Source: extrait de « Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Biandagara » que l'on peut se procurer ci-dessous:

 http://www.amazon.fr/Vie-Enseignement-Tierno-Bokar-Bandiagara/dp/2020056577/ref=sr_1_fkmr1_1?ie=UTF8&qid=1303066226&sr=8-1-fkmr1

vendredi 15 avril 2011

Najmoddîn KUBRÂ

Najmoddîn KUBRÂ

(1145 - 1220)

Najmoddîn Kubrâ est né à Khwarezm (en 545 de l’Hégire, 1145), et y est mort en 618 (1220), quand les armées mongoles de Gengis Khan déferlèrent sur l’empire musulman et s’emparèrent de la ville en massacrant la population.

A cause de sa grande réputation de sainteté et de science, une délégation de Gengis Khan vint lui proposer de passer au service du tyran mongol, et par la même occasion de sauver sa vie. Kubrâ refusa, après avoir renvoyé ses disciples (on parle de 600 compagnons), le vieillard, âgé de près de quatre-vingts ans, mit sa grande tenue, il enfourcha son cheval et attendit l’épée à la main l’attaque des Mongols. Il fut tué sans doute dès le début de l’assaut, et sa mort héroïque lui confère le statut de martyr (shahîd), pour la bonne cause. En l’occurrence, pour la cause de la civilisation de l’islam contre la barbarie, le meurtre et la violence effroyables des hordes mongoles.

Il faudra aux Mongols moins de cinquante ans pour se convertir à l’islam. Dans le vaste empire des califes abbassides qu’ils achevèrent de démanteler, au milieu de toutes ces violences, de nombreux chefs religieux et savants musulmans, souvent des shaykhs soufis, jouèrent un rôle modérateur et surent «apprivoiser» les farouches descendants de l’«empire des steppes», en les gagnant à l’islam.

Le nom complet de Najm Kubrâ est Abû al-Jannâb Najmoddîn Kubrâ al-Khiwaqî al-Khawarezmî. Un verset eschatologique du Coran (79, 34) annonçant le « grand ébranlement » (tammat kubrâ) au jour du Jugement, sera associé au nom de Kubrâ par ses disciples à cause de son impétuosité. «Najm Kubrâ», signifie «la plus grande étoile». Il associait son surnom (konya) d’«Abû al-Jannâb» à une vision symbolique comme étant le secret de son détachement des deux mondes.

Entre ses 25 et ses 35 ans, Kubrâ voyagea pour s’instruire et recevoir la formation nécessaire en théologie, droit, exégèse coranique et sciences traditionnelles (hadîth). Il séjourna en Egypte, il effectua le pèlerinage de la Mecque, séjourna à Nishapour, Hamadan, Isfahan, Tabriz, etc. Il approfondit la théologie et les traditions canoniques (hadiths) auprès d’Abû Tâhir Silafî (m. 1180), un savant réputé, puis embrassa la voie mystique auprès de deux maîtres soufis, Ismail Qasrî, et Rûzbehân Misrî, qui l’initièrent au dhikr, à la retraite et aux autres disciplines des soufis.

D’une façon générale toutes les confréries médiévales ont recueilli les traditions des premiers grands saints du soufisme, considérés comme les meilleurs guides de la voie unitive. Kubrâ cite avec prédilection l’enseignement de Tostarî et Hallâj sur l’amour divin, la doctrine de l’annihilation mystique et la connaissance du « Nom suprême » de Dieu. Mais il s’agit là des arcanes de la doctrine soufie, réservés aux plus avancés.
Pour son enseignement de base cependant, Kubrâ a adopté la méthode austère mais efficace définie par Jonayd (m. 911), le chef officiel et réputé de l’ancienne école mystique de Bagdad. Il en rappelle les éléments essentiels au début du Fawâtîh (p. 2, § 6). Ce sont les règles suivantes : la pureté, le jeûne, le silence, la retraite, le rappel constant de Dieu (dhikr), l’attachement du cœur au maître spirituel en s’abandonnant à sa gouverne, le discernement entre les suggestions mentales (divines, angéliques, psychiques, ou sataniques), l’obéissance à Dieu et la soumission à sa volonté. Nous aurons à y revenir en détails, puisque ces règles forment l’assise pratique de la doctrine transmise par Kubrâ.

De retour au Khwarezm, après avoir achevé le long cycle de sa formation auprès de ses maîtres, ayant reçu leur investiture, Kubrâ retourna (vers 1170) dans son pays natal, au Khwarezm, pour enseigner à son tour. C’est là qu’il fonda la Tarîqa Kubrawiya, à laquelle est rattaché son nom, et qui fut durant plusieurs siècles l’une des écoles spirituelles les plus originales et les plus savantes du soufisme médiéval. Il y forma une pléiade de disciples attirés par sa sainteté et son charisme exceptionnel.


Son plus important disciple a été Majdoddîn Bagdadî (m. 1219), à qui Kubrâ délégua une partie de ses pouvoirs pour former les membres de la confrérie naissante. Un autre mystique très prolifique issu de son école est le brillant Najmoddîn Dayeh Razî (m. 1258), auteur d’un imposant traité5 en persan attestant la richesse et la complexité de la doctrine de l’ordre. A la suite du fondateur, la chaîne initiatique (ou silsila) des kubrawis a été représentée par des mystiques et théologiens également réputés. Parmi ces derniers, on retiendra les noms d’Isfarayinî (m. 1317), de Semnânî (m. 1336), de l’émir Alî Hamadânî (1385), qui diffusa la doctrine kubrawie vers les Indes et Ceylan, puis d’Ishâq Khotalanî (vers 1425), mort assassiné par le souverain mongol Shahrukh, et de son successeur Mohammad Nûrbakhsh (1465), qui vécut traqué6. L’élection de Nûrbakhsh, acclamé par certains disciples de Khotalânî comme le Mahdî (une figure du messie musulman) provoqua la défection d’un groupe de disciples refusant de lui prêter allégeance. Désormais, l’ordre kubrawî se fractionna en deux branches : les Nurbakhshiya et les Dhahabiya.

Source: http://www.arfuyen.fr/html/ficheauteur.asp?id_aut=1186

mercredi 13 avril 2011

Le calendrier musulman

Le calendrier musulman


L'Islam observe un calendrier lunaire. Il comporte 12 mois. Le 1er mois de l'année musulmane est Al-Muharram.

Le calendrier musulman a commencé le 1er de Al-Muharram de l'an 1 de l'Hégire (16 juillet 622 de l'ère chrétienne), lorsque Mohamed a quitté La Mecque pour Médine. Hégire vient d'un mot arabe signifiant départ, exode, migration...

Chaque mois de ce calendrier correspond à un cycle complet de la lune :

Al-Muharram (1er mois de l'année), Safar, Rabî ‘1, Rabî ‘2, Djoumâd 1, Djoumâd 2, Rajab, Sha‘bân, Ramadan (9ième mois : mois du jeûne), Shawwal, Z.qa‘deh, Z.hijjah (12ième mois : mois du pèlerinage).

Un mois lunaire a une durée théorique de 29 jours 12 heures 44 minutes et 3 secondes. En pratique, il comporte 29 ou 30 jours, ce qui donne pour l'année lunaire un total de 354 ou 355 jours.

L'année solaire comporte 365 ou 366 jours. Nous voyons que l'année lunaire est en moyenne 11 jours plus courte que l'année solaire. Ce qui explique le décalage du mois de Ramadan qui arrive 11 jours plus tôt environ chaque année.

Pour les Musulmans la journée commence quand le soleil est couché (maghreb). La nuit précède le jour. Par contre, ne journée commence à minuit pour le calendrier Chrétien.

Conformément à la tradition islamique, voici les 3 règles principales qui permettent la détermination du début d'un mois lunaire pour le calendrier musulman :

1-Le premier jour du mois correspond à la vision de la nouvelle lune.

2-Le premier jour du mois commence après le coucher du soleil (maghreb) et avant la prière de la nuit (‘ichâ).

3 -Le mois compte 29 ou 30 jours et l'année complète ne peut comprendre que 354 ou 355 jours.

A noter également que la jeune lune, marquant le début d'un mois (nouvelle lune), se couche à l'ouest presque en même temps que le soleil. Donc pour établir le premier d'un mois lunaire, il faut chercher le mince croissant de la nouvelle lune à partir du coucher du soleil (maghrib) jusqu'au début de la nuit (‘ichâ), en regardant le ciel à l'ouest, là où le soleil se couche, le 29 du mois précédent.

Compromis vision/calculs :

Dans la pratique, il est souvent bien difficile d'observer la lune. En effet dans nos régions, nous sommes gênés par le relief du paysage (montagnes) ou le temps (pluie). Les calculs astronomiques peuvent nous aider à déterminer le début du mois lunaire. En effet, nous pouvons déterminer avec certitude quand la lune n'est pas visible, et déterminer le moment probable de sa visibilité. Toutefois rien ne peut nous garantir qu'on la verra la lune à coup sûr. Il subsistera toujours un léger doute, que seul sa vision lèvera.


Tout ceci explique l'incertitude sur la date du début et de la fin du Ramadan. Ces deux dates sont basées sur l'observation du croissant lunaire.

Cette tradition est fondée sur une célèbre citation (hadith) du Prophète Mohamed concernant le début et la fin du neuvième mois de l'année religieuse : "Jeûnez après l'observation (du croissant) et célébrez la fin (du ramadan) après l'observation (du croissant); si le temps est couvert, complétez 30 jours de Sha‘bân (mois qui précède le Ramadan)."

Le soir qui précède le début ou la fin du mois de jeûne, on surveille avec une grande attention l'horizon après le coucher du soleil pour tenter de distinguer l'apparition du croissant. Si celui-ci est signalé, les musulmans entament le jeûne le lendemain même, sinon ce sera le surlendemain. La même situation se reproduit à la fin du mois.


"Ensuite : mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu'à la nuit." (Coran : 2,187)

Cette incertitude pousse le croyant à l'humilité en soulignant la relativité des certitudes humaines. Nul ne décide, tout vient du ciel, chacun attend simplement l'arrivée de la nouvelle lune.

Source: http://www.mosquee-annemasse.org/infos-pratiques/calendrier-musulman.html

lundi 4 avril 2011

Le Crédo de l'imam al Haddad (ra)

La Croyance Islamique : la Voie de l'Islam Sunnite

Le Crédo de l'imam al Haddad (ra)

 
('Aqida Ashari,-'Aqida de Ahl al Sunnah wal Jama'a)

 La profession de foi de l'imam al Haddad, grand savant de Hadramawt (Yemen). 

  
L'Imam al Haddad a dit (qu'Allah nous en fasse bénéficier) :

La louange n'appartient qu'à Allah, seul. Qu'Allah bénisse notre maître Muhammad, sa famille, ses compagnons, et qu'Il leur accorde la paix. Nous savons, acquiesçons, croyons et confessons avec certitude, et témoignons qu'il n'y a pas de dieu si ce n'est Allah, Seul et sans associé. Il est un Dieu Puissant, un Grand Roi. Il n'y a pas de seigneur si ce n'est Lui, et nous n'adorons personne si ce n'est Lui. Il est Ancien et Pré-Existent, Eternel et Perpétuel [Immortel]. Sa primauté n'a pas de début, et Sa postériorité n'a pas de fin. Il est Unique, Subsistant par Lui-même, Il n'engendre pas ni n'est engendré, sans égal, sans associés ni pair. Il n'est rien qui lui ressemble, et Il est l'Entendant, le Clairvoyant. [42 :11]

Et nous confessons que Sa sainteté (Exalté soit Il !) Le rend au dessus du temps et de l'espace, au dessus de ressembler à quoi que ce soit dans l'existence, de telle façon qu'Il ne puisse être compris dans les directions, non plus qu'être sujet à des événements contingents [accidents]. Et Il est Etablit sur Son Trône de la manière qu'Il a décrite, et dans le sens qu'Il a voulu, un Etablissement qui convienne à la puissance de Sa Majesté, et à l'Exaltation de Sa Gloire et de Sa magnificence. Et Il (Exalté soit Il !) est Proche de tout dans l'existence, plus proche de l'homme que sa veine jugulaire. [50 :16] Il est Attentif et Clairvoyant sur toutes choses. Il est le Vivant, Celui qui Subsiste par Lui-même, la somnolence ne le saisis point, pas plus que le sommeil : [2 :255] Il est Celui qui est à l'origine des cieux et de la terre ; quand Il décrète une chose Il ne fait que dire Sois ! et elle est. [2 :117] Allah est le Créateur de toutes choses, Il est le Protecteur de tout. [39 :62]

Et qu'Il (Exalté soit Il !) est Puissant sur toute chose et Savant de toute chose ; Sa science embrasse tout et Il garde le compte de toute choses. Pas même le poids d'un atome sur la terre ou dans les cieux qui n'échappe à ton Seigneur. [10 :61] Il sais ce qui ce qui entre dans la terre et ce qui en sors, et ce qui descend des cieux et ce qui y monte. Il est avec vous où que vous soyez, et Allah est Clairvoyant sur ce que vous faites. [57 :4] Il connaît la secrète pensée, et ce qui est plus caché encore. [20 :7] Il sait ce qui est sur la terre et la mer. Une feuille ne peut tomber sans qu'Il n'en ai connaissance, il n'y a pas non plus une graine parmi les ténèbres de la terre, ni une chose mouillée ou sèche qui ne soit consigné dans un Livre clair. [6 :59]

Et que Sa (Exalté soit il !) volonté donne l'existence aux choses et dirige les événements. Et que rien ne peut exister, bon ou mauvais, bénéfique ou nuisible, excepté par Son décret et sa volonté. Tout ce qu'Il veut est, ce qu'Il ne veut pas n'est pas. Toutes les créatures s'uniraient-t-elles pour faire bouger ou stopper un seul atome dans l'univers, sans Sa volonté, elles en seraient incapables.

Et qu'Il (Exalté soit Il !) est l'Entendant, le Voyant, le Locuteur d'une Parole incréée et qui ne ressemble pas aux paroles des créatures. Et que le Noble Qur'an est Sa parole ancienne, Son Livre qu'Il a fait descendre sur Son Messager et Prophète Muhammad (Qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix.)

Et qu'Il (Glorifié soit Il !) est le Créateur de toutes choses et leur Pourvoyeur, Il en dispose comme Il veut ; Il n'a point de rival ni d'adversaire en Son royaume. Il donne à qui Il veut et il refuse à qui Il veut. Il n'est pas interrogé au sujet de Ses actions, plutôt, ce sont eux qui sont interrogés. [21 :23]

Et qu'Il (Exalté soit Il) est Sage dans Ses actes, Juste dans Ses décrets, à tel point que nulle injustice ou tyrannie ne pourrait être imaginable de Sa part, et que nul n'a le moindre droit sur Lui. S'Il (Glorifié soit Il !) détruisait toutes Ses créatures en un clin d'oeil, Il ne serai ni injuste ni tyrannique envers elles, car elles sont Son royaume et Ses esclaves. Il a le droit de faire ce qu'Il veut de Son royaume, et ton Seigneur n'est pas un tyran avec Ses esclaves. [41 :46] Il récompense Ses esclaves pour L'avoir obéit de part Sa grâce et Sa générosité, et Il les punit quand ils se rebellent de part Sa sagesse et Sa justice.

Et que Lui obéir est une obligation qui incombé à Ses sujets, comme il a été clairement dit dans les paroles de Ses messagers (paix sur eux). Nous croyons en tout les Livres descendus par Allah, et en tout Ses messagers, Ses anges, et dans le destin, bon ou mauvais.

Et nous témoignons que Muhammad est Son esclave et Messager, qu'Il a envoyé aux jinn et à l'humanité, aux Arabes et aux non-Arabes, avec la guidée et la religion de vérité, pour qu'Il la fasse prévaloir sur toute religion, n'en déplaise aux polythéistes. [9 :33] Et qu'Il a délivré le message, en étant fidèle dans sa confiance, en conseillant la Nation, dépassant ses griefs, et en endurant pour la Face de Dieu comme cela Lui est dû, était confiant et digne de confiance, soutenu par des preuves authentiques, et des miracles sortant de la norme. Et qu'Allah a rendu impératif à Ses sujets de croire en lui, de lui obéir, et de le suivre, et que la foi d'un homme n'est pas acceptable même s'il croit en Lui- jusqu'à ce qu'il croit en Muhammad (qu'Allah le bénisse ainsi que sa Famille leur accorde la paix) et en tout ce qu'il a apporté et ce dont il nous a informés, que cela concerne les affaires de ce monde ou de l'autre. Ceci inclue la foi dans les questions des morts par Munkar et Nakir à propos de la religion, du tawhid et de la Prophétie, et des délices dans la tombe des obéissants, et le supplice dans celles des rebelles.

Et que l'on doit croire dans la Résurrection après la Mort, au rassemblement des corps et des esprits à se tenir en présence d'Allah l'Exalté, et dans le Jugement, et que Ses esclaves seront à ce moment dans différents états, certains rendront des comptes, d'autres seront exemptés, et d'autres entreront dans le Jardin sans jugement. On doit croire dans les Balances dans lesquels les bonnes et les mauvaises actions seront pesées ; et dans le Sirat, qui est un pont étendu par-dessus les profondeurs de l'Enfer ; et dans le Bassin [hawd] de notre Prophète Muhammad, (qu'Allah le bénisse lui et sa Famille et leur accorde la paix) dont l'eau est celle du Jardin, et duquel les croyants boiront avant d'enter dans le Jardin. Et dans l'intercession des Prophètes, suivit par celle des Saints Véridiques [siddiqun], puis de celle des ulémas, des vertueux [salihun] et des autres croyants. Et l'Intercession Grandiose est la prérogative de Muhammad (qu'Allah le bénisse lui et sa Famille et leur accorde la paix). Et que les gens du tawhid qui seront entrés dans le Feu en seront retirés jusqu'à ce que pas une personne dans le coeur de laquelle subsiste le poids d'un atome de foi n'y reste éternellement. Et que les gens du polythéisme et de la mécréance resteront dans le Feu éternellement et pour toujours, leur souffrance ne sera point diminuée, pas plus qu'ils n'auront droit à un sursis. [2 :162] Et que les croyants resteront dans le Jardin éternellement, sans fin, ils n'y serons pas affectés par la lassitude et n'en seront pas expulsés. [15 :48] Et que les croyants verront leur Seigneur avec leurs yeux, d'une façon qui convient à Sa Majesté et la Sainteté de Sa Perfection.

Et que les Compagnons du Messager d'Allah (qu'Allah le bénisse lui et sa Famille et leur accorde la paix) sont vertueux, que leurs statu était de différents degrés, et qu'ils étaient justes, bons, et fiables. Il n'est pas licite d'insulter ni de dénigrer l'un d'entre eux. Et que le successeur [khalifa] légitime du Messager d'Allah (qu'Allah le bénisse lui et sa Famille et leur accorde la paix) etait Abu Bakr al-Siddiq, suivi par 'Umar al Faruq, puis 'Uthman al-Shahid puis 'Ali al-Murtada, qu'Allah soit satisfait d'eux et de ses autres Compagnons, et de tout ceux qui les suivent dans l'excellence jusqu'au jour du Jugement, et de nous, par Ta Miséricorde, ô Toi Le Plus Miséricordieux des Miséricordieux !


Voici la bonne croyance, qui est conforme avec le Livre et la Sunna. Nul Musulman, nulle Musulmane ne doit l'ignorer. Celui qui ne l'affirme pas, sa foi n'est pas authentique. Ce n'est pas une condition que chaque personne soit capable de la réciter distinctement, mais plutôt ce qui compte est ce qu'il y a dans le coeur.


[Source: Cette déclaration de foi musulmane ('aqida tul Islam) est le dernier chapitre du livre intitulé An-Nasaaih id-Diniyya wa'l Wasaya al-Imaniyyah (Conseils sincères sur la religion et sur la foi) de Sayidunal Imam al Habib Abdallah bin 'Alawi al Haddad, raddi Allahu 'anhu]

Source du texte: http://www.aslama.com/forums/showthread.php/2062-Profession-de-Foi-de-l-Imam-al-Haddad