" Si la parole que tu vas dire n'est pas plus belle que le silence, ne la dis pas."
lundi 20 février 2012
samedi 4 février 2012
La lumière de Muhammad (saws)
La lumière de Muhammad (saws)
La nature lumineuse du Prophète Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), participe pour lui comme pour chaque chose créée. Tout vient de Dieu et donc de Sa Lumière. La Tradition rapporte qu’il fut la première de toutes les formes créées qui contient en elle toutes les autres. Le Prophète a dit : « J’ai reçu la somme de toutes les paroles » et également : « Adam était encore entre l’eau et l’argile que j’étais déjà ». Il est donc comme la graine qui contient l’arbre tout entier.
Sa nature lumineuse est confirmée par ce qui suit :
-La Mère des croyants, A’isha, a dit de lui que « sa nature était le Coran » c’est-à-dire que le Coran s’est transmué en lui au point de devenir sa propre nature. Or :
« Notre Messager (Muhammad) , vous est certes venu, (…) Une Lumière et un Livre explicite vous sont certes venus de Dieu ! » (Coran, V, 15)
-selon les expressions coraniques, Muhammad (saws) est un « flambeau rayonnant » (Coran, XXXIII, 46), un « exemple excellent » (XXXIII, 21), d’une « condition éminente » (LXVIII,4).
Il a assumé toutes le vicissitudes terrestres, la condition humaine dans son intégralité, dans la plus totale servitude ; en effet, le Prophète est dit « ummi », « illettré » en langue arabe, qui a aussi le sens de virginité primordiale de celui qui vient d’être enfanté ; c’est l’état d’innocence de celui qui est totalement pur et réceptif, celui qui ne sait rien, qui ne prétend rien, qui n’est rien, que par Dieu qui Seul Est. C’est le « fakr » (pauvreté), la simplicité évangélique. Ce dépouillement individuel est également implicitement contenu dans l’un des noms secondaires du Prophète : « Abd’Allah » ( le serviteur de Dieu). Si l’homme ne s’est préalablement pas vidé de toute prétention d’être une réalité en soi, de tout ce qui n’est pas Dieu, il ne peut être « plein » de l’éternelle présence, ce mystère que le Coran mentionne en ces termes : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire ». La réalisation de cette proximité est suggérée dans un autre nom du Prophète : « Habib Allah » (l’Aimé de Dieu) ; or quand Dieu aime : « Je suis l’ouïe avec laquelle il entend, la Vue avec laquelle il voit, la Main avec laquelle il combat et le Pied avec lequel il marche » (hadith qutsî)
« Ce n’est pas toi qui lançait quand tu lançais : mais c’est Dieu qui lançait » (VIII, 17)
Sa nature était donc entièrement réceptive et vierge, le miroir sans tâche des perfections divines qui contient en Soi toutes les choses, Lumière totalisatrice confirmée par son ascension et son statut de « luminaire brillant ».
Le nom Muhammad, qualificatif de Ahmad, signifie « Le Glorifié », celui en lequel est célébrée la Louange divine qui se propage providentiellement à tous les membres de la communauté humaine, comme le soleil propage ses rayons. Ainsi le Prophète est lumière pour les coeurs, comme le soleil pour les yeux et c’est cette lumière qui nous guide auprès de Dieu. C’est en apprenant à aimer la lumière du Prophète -qui est Lumière de Dieu- que l’on gagne l’Amour de Dieu.
« Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers » (Coran, XXI, 107)
« Dis : Ô vous les croyants, si vous aimez Dieu, suivez-moi et Dieu vous aimera et vous pardonnera. » (Coran, III, 31)
« Ceux qui font le pacte avec toi, en vérité c’est avec Dieu qu’ils font le pacte » (Coran, XVIII, 10)
Jâbir ïbn ‘Abdillah rapporte : « J’ai dit :Ya Rasulullah, apprends moi la première chose que Dieu a créée. Il répondit : Allah a créé la Lumière de ton Prophète (Nur Muhammadi), de Sa propre lumière, avant toute autre chose et il n’y avait en ce moment ni tablette, ni plume, ni paradis, ni enfer, ni ange, ni ciel, ni terre, ni soleil, ni lune, ni djinn , ni homme. Quand il a voulu créer la Créature, il partagea ladite lumière en quatre parts. Il en fit de la première la plume (qalam), de la deuxième la tablette (lawh, tablette cachée où sont consignées toutes les destinées), de la troisième le Trône de Dieu (‘arch); ensuite Dieu partagea la quatrième part en quatre parties et fit de la première partie les anges porteurs du royaume de Dieu, de la deuxième le Repose-Pied de Dieu (kursiyyu) , de la troisième les autres anges ; ensuite Dieu divisa la quatrième part restante en quatre parts et fit de la première part les cieux, de la deuxième les terres, de la troisième le paradis et l’enfer ; ensuite Dieu divisa la quatrième part restante en quatre parts et fit de la première part la clarté des pensées des croyants, de la deuxième la lumière de leurs cœurs qui est la connaissance de Dieu, de la troisième la lumière de leur intimité qui est la foi en un Dieu unique à travers la proclamation que Dieu est unique et que son Prophète est Muhammad «
[Références : Abidin (Ahmad al-Shami d. 1320), le fils du savant Hanafi Ibn `Abidin, cite cette tradition prophétique comme une evidence dans un commentaire sur un poéme d’Ibn Hajar al-Haytami al-Ni`mat al-kubra `ala al-`alamin. Nabahani le cite dans ouvrage Jawahir al-bihar (3:354); Ajluni (Isma`il ibn Muhammad d. 1162) dans son ouvrage Kashf al-khafa' (1:265 de Maktabat al-Ghazali edition in Beirut) raporte ce hadith dans sa totalité provenant de Qastallani dans son Mawahib.]
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Calligraphie : « Muhammad, Envoyé de Dieu »
source: http://aminour.unblog.fr/2006/11/25/la-lumiere-de-muhammad-saws/
La nature lumineuse du Prophète Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), participe pour lui comme pour chaque chose créée. Tout vient de Dieu et donc de Sa Lumière. La Tradition rapporte qu’il fut la première de toutes les formes créées qui contient en elle toutes les autres. Le Prophète a dit : « J’ai reçu la somme de toutes les paroles » et également : « Adam était encore entre l’eau et l’argile que j’étais déjà ». Il est donc comme la graine qui contient l’arbre tout entier.
Sa nature lumineuse est confirmée par ce qui suit :
-La Mère des croyants, A’isha, a dit de lui que « sa nature était le Coran » c’est-à-dire que le Coran s’est transmué en lui au point de devenir sa propre nature. Or :
« Notre Messager (Muhammad) , vous est certes venu, (…) Une Lumière et un Livre explicite vous sont certes venus de Dieu ! » (Coran, V, 15)
-selon les expressions coraniques, Muhammad (saws) est un « flambeau rayonnant » (Coran, XXXIII, 46), un « exemple excellent » (XXXIII, 21), d’une « condition éminente » (LXVIII,4).
Il a assumé toutes le vicissitudes terrestres, la condition humaine dans son intégralité, dans la plus totale servitude ; en effet, le Prophète est dit « ummi », « illettré » en langue arabe, qui a aussi le sens de virginité primordiale de celui qui vient d’être enfanté ; c’est l’état d’innocence de celui qui est totalement pur et réceptif, celui qui ne sait rien, qui ne prétend rien, qui n’est rien, que par Dieu qui Seul Est. C’est le « fakr » (pauvreté), la simplicité évangélique. Ce dépouillement individuel est également implicitement contenu dans l’un des noms secondaires du Prophète : « Abd’Allah » ( le serviteur de Dieu). Si l’homme ne s’est préalablement pas vidé de toute prétention d’être une réalité en soi, de tout ce qui n’est pas Dieu, il ne peut être « plein » de l’éternelle présence, ce mystère que le Coran mentionne en ces termes : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire ». La réalisation de cette proximité est suggérée dans un autre nom du Prophète : « Habib Allah » (l’Aimé de Dieu) ; or quand Dieu aime : « Je suis l’ouïe avec laquelle il entend, la Vue avec laquelle il voit, la Main avec laquelle il combat et le Pied avec lequel il marche » (hadith qutsî)
« Ce n’est pas toi qui lançait quand tu lançais : mais c’est Dieu qui lançait » (VIII, 17)
Sa nature était donc entièrement réceptive et vierge, le miroir sans tâche des perfections divines qui contient en Soi toutes les choses, Lumière totalisatrice confirmée par son ascension et son statut de « luminaire brillant ».
Le nom Muhammad, qualificatif de Ahmad, signifie « Le Glorifié », celui en lequel est célébrée la Louange divine qui se propage providentiellement à tous les membres de la communauté humaine, comme le soleil propage ses rayons. Ainsi le Prophète est lumière pour les coeurs, comme le soleil pour les yeux et c’est cette lumière qui nous guide auprès de Dieu. C’est en apprenant à aimer la lumière du Prophète -qui est Lumière de Dieu- que l’on gagne l’Amour de Dieu.
« Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers » (Coran, XXI, 107)
« Dis : Ô vous les croyants, si vous aimez Dieu, suivez-moi et Dieu vous aimera et vous pardonnera. » (Coran, III, 31)
« Ceux qui font le pacte avec toi, en vérité c’est avec Dieu qu’ils font le pacte » (Coran, XVIII, 10)
Jâbir ïbn ‘Abdillah rapporte : « J’ai dit :Ya Rasulullah, apprends moi la première chose que Dieu a créée. Il répondit : Allah a créé la Lumière de ton Prophète (Nur Muhammadi), de Sa propre lumière, avant toute autre chose et il n’y avait en ce moment ni tablette, ni plume, ni paradis, ni enfer, ni ange, ni ciel, ni terre, ni soleil, ni lune, ni djinn , ni homme. Quand il a voulu créer la Créature, il partagea ladite lumière en quatre parts. Il en fit de la première la plume (qalam), de la deuxième la tablette (lawh, tablette cachée où sont consignées toutes les destinées), de la troisième le Trône de Dieu (‘arch); ensuite Dieu partagea la quatrième part en quatre parties et fit de la première partie les anges porteurs du royaume de Dieu, de la deuxième le Repose-Pied de Dieu (kursiyyu) , de la troisième les autres anges ; ensuite Dieu divisa la quatrième part restante en quatre parts et fit de la première part les cieux, de la deuxième les terres, de la troisième le paradis et l’enfer ; ensuite Dieu divisa la quatrième part restante en quatre parts et fit de la première part la clarté des pensées des croyants, de la deuxième la lumière de leurs cœurs qui est la connaissance de Dieu, de la troisième la lumière de leur intimité qui est la foi en un Dieu unique à travers la proclamation que Dieu est unique et que son Prophète est Muhammad «
[Références : Abidin (Ahmad al-Shami d. 1320), le fils du savant Hanafi Ibn `Abidin, cite cette tradition prophétique comme une evidence dans un commentaire sur un poéme d’Ibn Hajar al-Haytami al-Ni`mat al-kubra `ala al-`alamin. Nabahani le cite dans ouvrage Jawahir al-bihar (3:354); Ajluni (Isma`il ibn Muhammad d. 1162) dans son ouvrage Kashf al-khafa' (1:265 de Maktabat al-Ghazali edition in Beirut) raporte ce hadith dans sa totalité provenant de Qastallani dans son Mawahib.]
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Calligraphie : « Muhammad, Envoyé de Dieu »
source: http://aminour.unblog.fr/2006/11/25/la-lumiere-de-muhammad-saws/
jeudi 2 février 2012
Le mufti d'Arabie Saoudite sur le Mawlid
salam alaikoum chers frères et soeurs,
étonnant, non; le mufti d'Arabe Saoudite dit que le Maulid est une bid'a mais que célébrer la fête nationale est permis et qu'il est souhaitable ce jour de remercier Allah et de se souvenir de Lui.
Sans commentaires.
étonnant, non; le mufti d'Arabe Saoudite dit que le Maulid est une bid'a mais que célébrer la fête nationale est permis et qu'il est souhaitable ce jour de remercier Allah et de se souvenir de Lui.
Sans commentaires.
dimanche 29 janvier 2012
lundi 23 janvier 2012
Les quatre fondateurs d’école juridique et le soufisme
Salam alaikoum,
un extrait tres interessant du livre d'Eric Younès Geoffroy "Initiation au soufisme" sur l’attitude des quatre fondateurs d’école juridique sunnite.
Quelle est l’attitude des quatre fondateurs d’école juridique sunnite, qui ont vécu aux XIIIe et IXe siècles, à l’égard du soufisme ? Leur jugement, pour autant qu’on puisse l’authentifier, est important aux yeux des musulmans pour qui ils représentent une caution morale et scientifique. Il n’est pas indifférent que les soufis tardifs ainsi que les ulémas affiliés au tassawwuf invoquent leur autorité. Ils les considèrent comme des saints ou, à tout le moins, comme des modèles des « savants soufis », ceux qui ont su, avant d’autres, unir en eux l’extérieur et l’intérieur du message islamique.
Le premier imam, Abû Hanîfa (m.767), voyait fréquemment le Prophète en rêve et avait recours au « dévoilement » dans sa démarche juridique. Selon Hujwirî (XIe s.), il aurait été un parfait sûfi, qui portait un vêtement de laine et aimait la retraite (1). Abû Hanîfa aurait été le maître à la fois exotérique et ésotérique de Dâ ûd Tâ’î, et aurait fait partie d’une chaîne initiatique majeure où l’on retrouve, un siècle plus tard, les soufis de Bagdad (2). Son contemporain , Ja’far Sâdiq (m.765), sixième Imam du chiisme duodécimain, est à l’origine du rite juridique chiite ja’farite. Réputé pour sa science et sa sagesse, il exerçait une véritable maîtrise spirituelle sur plusieurs soufis « sunnites » et figure dans plusieurs chaînes initiatiques du soufisme primitif.
Du deuxième imam, Mâlik (m.795), nous possédons un aphorisme précieux, très souvent cité dans la littérature soufie : « Celui qui s’adonne au soufisme sans connaître le droit musulman tombe dans l’hérésie ; celui qui étudie le droit en négligeant le soufisme finit par rompre son âme ; seul celui qui pratique les deux sciences parvient à la réalisation spirituelle. » Mâlik aurait eu une conception spiritualiste de la science religieuse (’ilm) car, selon lui, celle-ci ne saurait s’évaluer à la quantité de l’enseignement transmis : s’inspirant de plusieurs traditions prophétiques, il présentait la science religieuse comme une lumière que Dieu dépose dans le cœur du savant (3).
Quant au troisième imam, Shâfi î(m.820), il se montra d’abord hostile aux soufis qu’il aurait traités de « gros mangeurs, ignares, intrus… (4) ». Mais ce jugement porte peut-être sur les faux ascètes que les maîtres vilipendaient. Peut-être aussi témoigne-t-il d’une rivalité naissante entre les « juristes » et les soufis. Puis, à la suite d’une rencontre avec un soufi, Shâfi î discerna entre le bon grain et l’ivraie dans les premiers milieux du tasawwuf (5). Dès lors, il changea radicalement de ton : « j’ai retiré de la compagnie des soufis deux choses : « le temps est comme l’épée ; si tu ne la casses pas, c’est elle qui te casse » et « si tu n’occupes pas ton âme charnelle par la vérité, c’est elle qui t’emploie à la futilité.(6) » Il fait cet aveu : « j’aime trois choses en ce monde : l’absence de maniérisme, fréquenter les humains dans une atmosphère paisible, et suivre la voie des soufis (7) ». On nous le dépeint encore, en compagnie d’Ibn Hambal , s’en remettant à l’intuition d’un spirituel pour résoudre des problèmes rationnellement insolubles. La postérité l’a considéré comme un saint et, plus particulièrement comme un savant « mettant en pratique son savoir »( al âlim al-âmil). Pour beaucoup , Shâfi î aurait occupé un rang élevé dans la hiérarchie ésotérique des saints et selon Ibn Hajar Haytamî (XVIe s.), il serait devenu le Pôle de cette hiérarchie peu avant sa mort (8). De nos jours encore, de nombreux Egyptiens lui adressent, à son tombeau au Caire, des demandes d’intercession par voie épistolaire.
Ahmad Ibn Hanbal (m.855), fondateur du rite hanbalite, est aussi à l’origine d’un mouvement de piété strictement fidèle aux sources scripturaires. D’après de nombreuses sources, il fit l’éloge de soufis comme Ma’rûf Karkhî et Abû Hamza, qu’il consultait sur des questions difficiles. Il s’opposait à Hârith Muhasibî (m857), le jugeant trop enclin à l’introspection psychologique et à l’usage du raisonnement dialectique, mais il écoutait en cachette le même Muhasibî , puis le remerciait pour ses paroles. Il enjoignait autrui à « prendre la science par le haut » , accordait un grand crédit aux visions spirituelles, aux miracles ainsi qu’à la hiérarchie ésotérique des saints (il a évoqué à plusieurs reprises les abdâl). On lui prête cette recommandation à son fils : « Cherche la compagnie des soufis, car ils nous dépassent quant à la science, le contrôle de soi et l’énergie spirituelle(9) . »
Ces quatre imams vivaient il y a plus de dix siècles, et la distorsion due aux temps fait que leurs points de vue nous paraissent parfois contradictoires. Ibn Hanbal, par exemple, semble tantôt favorable aux séances collectives de dhikr, tantôt hostile. En tant état de cause, ces imams n’ont pas dénoncé le soufisme, alors qu’ils ont critiqué la théologie rationnelle (kalâm) par exemple. S’ils se sont montrés ouverts à l’égard de la mystique naissante, pourquoi n’ont-ils rien écrit sur la vie spirituelle ? Sha’rânî (XVIe s.) répond que les musulmans des premiers siècles par leur proximité de l’époque prophétique, n’avaient pas encore besoin de tels écrits. Le cheikh Ahmad ’Alawi (XXe s.) note de son côté que les imams ne pouvaient dévoiler le versant ésotérique de leur personnalité scientifique (10).
On peut commander le livre ci-dessous:
http://www.amazon.fr/Initiation-au-soufisme-Eric-Geoffroy/dp/2213609039/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1327337623&sr=1-1
un extrait tres interessant du livre d'Eric Younès Geoffroy "Initiation au soufisme" sur l’attitude des quatre fondateurs d’école juridique sunnite.
Quelle est l’attitude des quatre fondateurs d’école juridique sunnite, qui ont vécu aux XIIIe et IXe siècles, à l’égard du soufisme ? Leur jugement, pour autant qu’on puisse l’authentifier, est important aux yeux des musulmans pour qui ils représentent une caution morale et scientifique. Il n’est pas indifférent que les soufis tardifs ainsi que les ulémas affiliés au tassawwuf invoquent leur autorité. Ils les considèrent comme des saints ou, à tout le moins, comme des modèles des « savants soufis », ceux qui ont su, avant d’autres, unir en eux l’extérieur et l’intérieur du message islamique.
Le premier imam, Abû Hanîfa (m.767), voyait fréquemment le Prophète en rêve et avait recours au « dévoilement » dans sa démarche juridique. Selon Hujwirî (XIe s.), il aurait été un parfait sûfi, qui portait un vêtement de laine et aimait la retraite (1). Abû Hanîfa aurait été le maître à la fois exotérique et ésotérique de Dâ ûd Tâ’î, et aurait fait partie d’une chaîne initiatique majeure où l’on retrouve, un siècle plus tard, les soufis de Bagdad (2). Son contemporain , Ja’far Sâdiq (m.765), sixième Imam du chiisme duodécimain, est à l’origine du rite juridique chiite ja’farite. Réputé pour sa science et sa sagesse, il exerçait une véritable maîtrise spirituelle sur plusieurs soufis « sunnites » et figure dans plusieurs chaînes initiatiques du soufisme primitif.
Du deuxième imam, Mâlik (m.795), nous possédons un aphorisme précieux, très souvent cité dans la littérature soufie : « Celui qui s’adonne au soufisme sans connaître le droit musulman tombe dans l’hérésie ; celui qui étudie le droit en négligeant le soufisme finit par rompre son âme ; seul celui qui pratique les deux sciences parvient à la réalisation spirituelle. » Mâlik aurait eu une conception spiritualiste de la science religieuse (’ilm) car, selon lui, celle-ci ne saurait s’évaluer à la quantité de l’enseignement transmis : s’inspirant de plusieurs traditions prophétiques, il présentait la science religieuse comme une lumière que Dieu dépose dans le cœur du savant (3).
Quant au troisième imam, Shâfi î(m.820), il se montra d’abord hostile aux soufis qu’il aurait traités de « gros mangeurs, ignares, intrus… (4) ». Mais ce jugement porte peut-être sur les faux ascètes que les maîtres vilipendaient. Peut-être aussi témoigne-t-il d’une rivalité naissante entre les « juristes » et les soufis. Puis, à la suite d’une rencontre avec un soufi, Shâfi î discerna entre le bon grain et l’ivraie dans les premiers milieux du tasawwuf (5). Dès lors, il changea radicalement de ton : « j’ai retiré de la compagnie des soufis deux choses : « le temps est comme l’épée ; si tu ne la casses pas, c’est elle qui te casse » et « si tu n’occupes pas ton âme charnelle par la vérité, c’est elle qui t’emploie à la futilité.(6) » Il fait cet aveu : « j’aime trois choses en ce monde : l’absence de maniérisme, fréquenter les humains dans une atmosphère paisible, et suivre la voie des soufis (7) ». On nous le dépeint encore, en compagnie d’Ibn Hambal , s’en remettant à l’intuition d’un spirituel pour résoudre des problèmes rationnellement insolubles. La postérité l’a considéré comme un saint et, plus particulièrement comme un savant « mettant en pratique son savoir »( al âlim al-âmil). Pour beaucoup , Shâfi î aurait occupé un rang élevé dans la hiérarchie ésotérique des saints et selon Ibn Hajar Haytamî (XVIe s.), il serait devenu le Pôle de cette hiérarchie peu avant sa mort (8). De nos jours encore, de nombreux Egyptiens lui adressent, à son tombeau au Caire, des demandes d’intercession par voie épistolaire.
Ahmad Ibn Hanbal (m.855), fondateur du rite hanbalite, est aussi à l’origine d’un mouvement de piété strictement fidèle aux sources scripturaires. D’après de nombreuses sources, il fit l’éloge de soufis comme Ma’rûf Karkhî et Abû Hamza, qu’il consultait sur des questions difficiles. Il s’opposait à Hârith Muhasibî (m857), le jugeant trop enclin à l’introspection psychologique et à l’usage du raisonnement dialectique, mais il écoutait en cachette le même Muhasibî , puis le remerciait pour ses paroles. Il enjoignait autrui à « prendre la science par le haut » , accordait un grand crédit aux visions spirituelles, aux miracles ainsi qu’à la hiérarchie ésotérique des saints (il a évoqué à plusieurs reprises les abdâl). On lui prête cette recommandation à son fils : « Cherche la compagnie des soufis, car ils nous dépassent quant à la science, le contrôle de soi et l’énergie spirituelle(9) . »
Ces quatre imams vivaient il y a plus de dix siècles, et la distorsion due aux temps fait que leurs points de vue nous paraissent parfois contradictoires. Ibn Hanbal, par exemple, semble tantôt favorable aux séances collectives de dhikr, tantôt hostile. En tant état de cause, ces imams n’ont pas dénoncé le soufisme, alors qu’ils ont critiqué la théologie rationnelle (kalâm) par exemple. S’ils se sont montrés ouverts à l’égard de la mystique naissante, pourquoi n’ont-ils rien écrit sur la vie spirituelle ? Sha’rânî (XVIe s.) répond que les musulmans des premiers siècles par leur proximité de l’époque prophétique, n’avaient pas encore besoin de tels écrits. Le cheikh Ahmad ’Alawi (XXe s.) note de son côté que les imams ne pouvaient dévoiler le versant ésotérique de leur personnalité scientifique (10).
On peut commander le livre ci-dessous:
http://www.amazon.fr/Initiation-au-soufisme-Eric-Geoffroy/dp/2213609039/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1327337623&sr=1-1
mercredi 11 janvier 2012
jeudi 29 décembre 2011
La couronne de fiançailles de Sidi Ibn Ata Allah Al Iskandari (ra)

Salam alaikoum, un petit livre traduit comme toujours avec beaucoup de soin par Dominique Abdallah Penot.
Le cœur se compare à un arbre qui s’abreuve de l’eau de l’obéissance et dont les fruits sont les perceptions. L’œil quant à lui a pour fruit l’appréciation des choses, l’oreille l’écoute du Coran, la langue pratique la mention de Dieu, les mains et les pieds le fait d’aller accomplir le bien. Si le cœur s’assèche, ses fruits disparaissent. Si donc ton cœur est devenu aride, intensifie ton dhikr et ne sois pas comme le malade qui dit: ”Je ne me soignerai pas tant que je n’aurai pas trouvé la guérison” et auquel on répondra: ”Tune trouveras pas la guérison tant que tu ne te soigneras pas !”
Al- Iskandarî, soufi et juriste célèbre du XIIIe siècle, manifesta dans toute son œuvre un souci d’harmonie entre exotérisme et ésotérisme. Le présent traité n’y dément pas. Ses écrits constituent le premier grand exposé doctrinal de la confrérie shadilite dont il fut le troisième Maître spirituel.
Traduit de l'arabe par Abdallah Penot.
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