vendredi 6 août 2010


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Quelques conseils santé pour le mois de Ramadan

Salam alaikoum ;

mes chers freres et soeurs, je vous souhaite à l'occasion de la venue du mois de Ramadan, qu'Allah vous couvre de ses bénédictions et qu'Il vous facilite; que vous profitiez pleinement du mois bénie et que nous soyons solidaires entre-nous et que nous soyons également de bons éxemples pour le reste de l'humanité comme l'on été le Prophete (saws) et ses compagnons (qu'Allah les agrée).

Par le Dr. Farouk Haffejee Association médicale islamique de l’Afrique du Sud - Durban 
(Traduction et localisation par Mohamed Bakri Assoumani) 

Cet article fournit des conseils utiles sur la façon d’éviter quelques pr
oblèmes communs rencontrés durant le Ramadan. Leur application permettrait de jeûner confortablement et d’apprécier entièrement les avantages spirituels du Ramadan. Pendant le mois saint du Ramadan, notre alimentation ne devrait pas différer beaucoup de notre alimentation habituelle et devrait être aussi simple que possible. L’alimentation devrait être telle que nous maintenions notre poids normal, sans perte ni sans gain. Cependant, si on est en excès de poids, le Ramadan est une période idéale pour le normaliser. En raison des longues heures du jeûne, nous devrions consommer des aliments à digestion lente tels que des aliments renfermant des fibres plutôt que des aliments rapidement digestibles. Les aliments à digestion lente durent jusqu’à 8 heures, alors que ceux à digestion rapide durent seulement de 3 à 4 heures. -Les aliments à digestion lente sont des aliments qui contiennent des grains et des graines comme l’orge, le blé, l’avoine, le millet, la semoule, les haricots, les lentilles, la farine complète, le riz non poli, etc. (appelés les hydrates de carbone complexes ou sucres complexes). -Les aliments à digestion rapide sont ceux qui contiennent du sucre, de la farine blanche, etc. (appelés hydrates de carbone raffinés ou sucres simples). -Les aliments riches en fibres sont ceux qui contiennent du son, le blé entier, les grains et les graines, les légumes comme les haricots verts, les pois, la courgette, les épinards, les feuilles de betterave (riches en fer), les fruits avec leur peau, les fruits secs particulièrement les abricots, les figues et les pruneaux, les amandes, etc.Les aliments consommés devraient être bien équilibrés, avec des produits de chaque groupe, tels que fruits, légumes, viande rouge/poulet/poisson, pain/céréales et produits laitiers. Les produits frits ne sont pas sains et devraient être limités en consommation. Ils peuvent causer de l’indigestion, des brûlures d’estomac et des problèmes de poids. A ÉVITER 

-Aliments frits et gras. 
-Aliments contenant trop de sucres -Manger avec excès particulièrement au repas de l’aube. -Boire trop de thé au repas de l’aube. Le thé augmente la quantité d’urine qui entraîne avec elle des sels minéraux essentiels pour le corps dans la journée. -Consommation de cigarettes. Si vous ne pouvez pas cesser de fumer, commencer par réduire graduellement votre consommation de cigarettes quelques semaines avant le Ramadan. Fumer est nocif pour la santé et on devrait s’arrêter complètement. 

A CONSOMMER 


-Les hydrates de carbone complexes au tsahur de sorte que l’énergie fournie par l’aliment dure plus longtemps, réduisant ainsi la sensation de faim. 
- Ipenya est un aliment riche en protéines et aussi un aliment à digestion lente. -Les dattes sont une excellente source de sucres, de fibres, d’hydrates de carbone, de potassium et de magnésium. -Les amandes sont riches en protéine et fibre avec moins de matières grasses. -Les bananes sont une bonne source de potassium, magnésium et des hydrates de carbone. 

BOIRE
-Autant d’eau ou jus de fruits que possible entre la rupture du jeûne et le coucher de sorte que votre corps puisse ajuster les niveaux de fluide à temps. Problèmes médicaux communs : 

CONSTIPATION 


Elle peut causer des hémorroïdes, des fissures (fissures douloureuses dans le canal anal) et de l’indigestion avec la sensation de ballonnement. 
Les causes : trop d’aliments raffinés, trop peu de consommation d’eau et pas assez de fibre dans la nourriture. Le remède : éviter les produits alimentaires trop raffinés, augmenter la consommation d’eau, ajouter du son dans les gâteaux et de la farine non blutée dans les galettes (ou les produits équivalents : lihoho, marduf, kuskuma...). 

INDIGESTION ET FLATULENCE
Les causes : manger avec excès. Trop de fritures et d’aliments gras, de produits épicés, et de produits à l’origine de flatulence comme les ½ufs, le chou, les lentilles, les boissons carbonatées comme les colas qui produisent aussi des gaz. Le remède : ne pas manger avec excès ; boire des jus de fruits ou mieux boire de l’eau plate. Éviter les fritures. 

LÉTHARGIE (’hypotension : tension artérielle faible’)
Une sudation excessive, l’asthénie, la lassitude, le manque d’énergie, le vertige, particulièrement en passant de la position assise à la position debout, pâleur et sensation de défaillance sont des symptômes liés "à l’hypotension". Ceci tend à se produire dans le courant de l’après-midi. Les causes : trop peu de prise de liquides, faible prise de sel. Le remède : rester au frais, augmenter la prise de liquide et de sel. Précaution : l’hypotension devrait être confirmée avec une mesure de la tension artérielle au moment des symptômes. Les personnes ayant de l’hypertension devraient faire ajuster leur prise de médicaments pendant le Ramadan. Elles devraient consulter leur médecin. 

MAL DE TÈTE
Les causes : le retrait de la caféine et du tabac représente beaucoup en un jour ; le manque de sommeil et la faim se manifeste habituellement au cours de la journée et empire en fin de journée. Avec l’association "à l’hypotension", le mal de tête peut être assez grave et peut également causer des nausées avant la rupture du jeûne. Le remède : réduire la prise de caféine et de tabac lentement en commençant une semaine ou deux avant le Ramadan. Des tisanes et des thés décaféinés peuvent être des alternatives. Réorganiser votre emploi du temps pendant le Ramadan afin de disposer de suffisamment de temps de sommeil. 

FAIBLE TAUX DE SUCRE SANGUIN (glucose)
Asthénie, vertige, lassitude, faible capacité de concentration, sudation facile, sensation de faiblesse (tremblement), incapacité d’exécuter des activités physiques, mal de tête, palpitations, tous sont des symptômes de faible taux de sucre sanguin. Les causes chez les non diabétiques : consommation d’un excès de sucres raffinés à la rupture du jeûne. Le corps produit trop d’insuline ce qui entraîne une chute du glucose sanguin. Le remède : manger autre chose à la rupture du jeûne et limiter les aliments et les boissons contenant du sucre. Précaution : les diabétiques peuvent devoir ajuster leur prise de médicaments durant le Ramadan ; consulter votre docteur. 

CRAMPES MUSCULAIRES
Les causes : prise inadéquate de sources alimentaires de calcium, de magnésium et de potassium. Le remède : consommer des aliments riches en ces minéraux, par exemple les légumes, les fruits, les produits laitiers, les viandes et les dates. Précaution : les personnes qui sont sous traitement pour l’hypertension et celles qui ont des problèmes de calculs rénaux devraient consulter leur médecin. ULCÈRES PEPTIQUES, BRÛLURES D’ESTOMAC, GASTRITE ET HERNIE HIATALE 

Les niveaux accrus d’acide dans l’estomac vide durant le Ramadan aggravent les conditions ci-dessus. Cela se traduit par une sensation de brûlure dans la zone d’estomac sous les côtes et peut s’étendre jusqu’à la gorge. Les aliments épicés, le café, et les sodas aux colas aggravent ces conditions. Des médicaments sont disponibles pour contrôler les niveaux d’acide dans l’estomac. Les personnes ayant des ulcères peptiques établis et une hernie hiatale devraient consulter leur médecin bien avant le Ramadan. 


CALCULS RÉNAUX 


Les calculs rénaux peuvent se former chez les personnes qui boivent peu de liquides. Par conséquent, il est essentiel de boire suffisamment afin d’empêcher la formation de calculs.


DOULEURS ARTICULAIRES 


Les causes : l’augmentation de la pression sur les articulations des genoux pendant la prière. Chez les personnes âgées et celles ayant de l’arthrite, cela peut provoquer douleur, rigidité, enflure et gêne. 
Le remède : perdre du poids pour épargner aux genoux de supporter toute charge supplémentaire. Exercer les membres inférieurs. Une bonne forme physique permet un plus grand accomplissement, de ce fait permettant à chacun de pouvoir exécuter la prière en toute facilité. 

Source : www.sunnipath.com

jeudi 5 août 2010

Khezr et Moïse dans le Coran

Khezr et Moïse dans le Coran

Rappelle-toi quand Moïse dit à son valet [Josué] : "Je n’arrêterai pas avant d’avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années". Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer. Lorsque tous deux eurent dépassé cet endroit, il dit son valet : "Apporte-nous notre déjeuner : nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage".

Le valet lui dit : "Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j’ai oublié le poisson - le Diable seul m’a fait oublier de te le rappeler - et il a curieusement pris son chemin dans la mer".

Moïse dit : "Voilà ce que nous cherchions". Puis, ils retournèrent sur leurs pas, suivant leurs traces.

Ils trouvèrent l’un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous. Moïse lui dit : "Puis-je suivre, à la condition que tu m’apprennes de ce qu’on t’a appris concernant une bonne direction ?".

L’autre dit : "Vraiment, tu ne pourras jamais être patient avec moi. Comment endurerais-tu sur des choses que tu n’embrasses pas par ta connaissance ?".

Moïse lui dit : "Si Dieu le veut, tu me trouveras patient ; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres".

"Si tu me suis, dit l’autre, ne m’interroge sur rien tant que je ne t’en aurai pas fait mention".

Alors les deux partirent. Et après qu’ils furent montés sur un bateau, l’homme y fit une brèche. Moïse lui dit : "Est-ce pour noyer ses occupants que tu l’as ébréché ? Tu as commis, certes, une chose monstrueuse ! ".

L’autre répondit : "N’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ?".

"Ne t’en prend pas à moi, dit Moïse, pour un oubli de ma part ; et ne m’impose pas de grande difficulté dans mon affaire".

Puis ils partirent tous deux ; et quand ils eurent rencontré un enfant, l’homme le tua. Alors Moïse lui dit : "As-tu tué un être innocent, qui n’a tué personne ? Tu as commis certes, une chose affreuse ! "

L’autre lui dit : "Ne t’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas garder patience en ma compagnie ?"

"Si, après cela, je t’interroge sur quoi que ce soit, dit Moïse, alors ne m’accompagne plus. Tu seras alors excusé de te séparer de moi".

Ils partirent donc tous deux ; et quand ils furent arrivés à un village habité, ils demandèrent à manger à ses habitants ; mais ceux-ci refusèrent de leur donner l’hospitalité. Ensuite, ils y trouvèrent un mur sur le point de s’écrouler. L’homme le redressa. Alors Moïse lui dit : "Si tu voulais, tu aurais bien pu réclamer pour cela un salaire".

"Ceci marque la séparation entre toi et moi, dit l’homme, Je vais t’apprendre l’interprétation de ce que tu n’as pu supporter avec patience.

Pour ce qui est du bateau, il appartenait à des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force tout bateau.

Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants ; nous avons craint qu’il ne leur imposât la rébellion et la mécréance.

Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur et plus affectueux.

Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux ; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu’ils extraient, eux-mêmes leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l’ai d’ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l’interprétation de ce que tu n’as pas pu endurer avec patience".

Coran, Sourate al-Kahf (La caverne), versets 60-82
 

mercredi 4 août 2010

Bolivie: les musulmans sont surtout des convertis

Bolivie: les musulmans sont surtout des convertis

Sarah Burkhalter
20 Jul 2010

 


Alors qu'en Europe, les mosquées sont en grande partie fréquentées par des musulmans de souche, immigrés de pays musulmans, la mosquée de Santa Cruz de la Sierra, deuxième grande ville de Bolivie, compte avant tout par des Boliviens convertis parmi ses fidèles. Eclairage sur ceux-ci et sur la situation de l'islam en Bolivie.

Vendredi, début d'après-midi. La prière du vendredi vient de prendre fin, et les fidèles sortent de la salle de prière pour récupérer leurs chaussures. Les femmes sont toutes voilées de près, et, avec leurs grands yeux noirs et leurs rondeurs naturelles, elles ressemblent curieusement à leurs sœurs musulmanes du sud de la Méditerranée. Pourtant, elles sont toutes Boliviennes, converties à l'Islam.


Dans une ville comme Santa Cruz, où le dernier recensement du département en 1992 compte plus de 79% de catholiques, se convertir à l'islam n'est pas anodin. Encore plus curieux de constater que, selon les dires de l'imam et d'un fidèle de la mosquée, la grande majorité des musulmans fréquentant la seule mosquée de la ville sont des Boliviens convertis. Selon Ramiro, qui fréquente la mosquée depuis une bonne dizaine d'années, sur les 300 membres, seule une petite minorité est composée de familles originaires de pays arabes ou musulmans, dont l'Inde et le Bengladesh.

Il fait bon vivre l'islam en Bolivie, explique l'imam 

L'imam de la mosquée de Santa Cruz de la Sierra est formel: il vaut mieux être musulman en Bolivie qu'en Europe. Alors que selon lui, celle-ci s'enferme dans sa haine de l'islam, la Bolivie reste un pays accueillant, démocratique et où la liberté de confession est garantie. Il faut dire que le nombre des étrangers en Bolivie est très faible, et nous avons vu que la population musulmane y est en majorité formée de convertis. Mais ce détail importe peu à Mahmud Amer, d'origine palestinienne, fondateur de la seule mosquée de Santa Cruz.


Mahmud Amer ne sait pas combien il y a de musulmans en Bolivie, car les recensements ne sont pas très précis sur ce sujet. Mais cela lui importe peu. «Cela ne nous préoccupe pas de savoir combien nous sommes. La force de l'islam réside dans sa valeur morale», lance-t-il.

A la question de savoir si l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales et sa nouvelle Constitution reconnaissant la pluralité religieuse du pays a changé la vie des musulmans en Bolivie, Mahmud Amer répond par la négative. La liberté de culte existait même avant Evo Morales, même si la seule religion d'Etat reconnue était alors le catholicisme.

Malgré son enthousiasme affiché, l'imam doit bien reconnaître que, s'il jouit d'une paix quasi-totale dans la gestion des affaires de sa mosquée, il ne peut pas non plus compter sur une quelconque aide de l'Etat, qui «n'a pas l'habitude d'aider les confessions», avoue-t-il. «Le gouvernement se décharge de ses responsabilités, cela ne sert donc à rien de lui demander quoi que ce soit», ajoute-t-il. En échange, la flexibilité du système et la non-intervention du gouvernement dans ses affaires lui permet de jouir d'une liberté de gestion qu'il apprécie hautement.

Sa mosquée, qui existe depuis 1994, compte quelque 300 membres, et la prière du vendredi attire régulièrement une bonne cinquantaine de personnes, dont une grande majorité de Boliviens convertis. Et loin des phénomènes de syncrétisme qu'on peut voir dans le catholicisme populaire bolivien, qui a souvent intégré des éléments des cultes traditionnels rendus à la Pachamama, l'islam en Bolivie se coupe totalement de ces religions jugées idolâtres, de même que du catholicisme, lui-même expression de l'idolâtrie selon Mahmud Amer, puisque les chrétiens rendent un culte à Jésus.

Parcours de trois convertis

Mais quels peuvent donc bien être les raisons qui poussent des Boliviens à rejoindre l'islam?

Ana a 28 ans. Sa conversion est toute récente, puisqu'elle date de janvier 2010. Elle a connu l'Islam en août 2009, à travers celui qui allait devenir son mari. Egyptien d'origine, ce dernier vit actuellement en Arabie saoudite, où il est parti travailler peu après leur mariage. Le projet du jeune couple est de quitter définitivement la Bolivie et d'aller s'établir en Arabie. En attendant, Ana fréquente la mosquée, et apprend les bases de l'arabe. Loin d'être inquiète de quitter son pays pour une terre parfaitement inconnue, la jeune femme, qui n'a encore jamais franchi les frontières de son pays, se réjouit d'aller habiter un pays dans lequel elle pense pouvoir se sentir plus en harmonie, puisque musulman.

Lorsqu'on lui demande ce qu'elle reprochait au catholicisme et pourquoi elle s'est convertie, elle répond qu'elle a trouvé beaucoup de contradictions dans la Bible. Et que la religion chrétienne ne reste bien souvent que paroles mais peine à prendre acte. Par exemple, selon Ana, la Bible invite les femmes à se couvrir la tête, mais les chrétiennes ne le font pas. La Bible dit également qu'il ne faut pas consommer de viande de porc, ce que n'appliquent pas non plus les chrétiens.

Avant de se convertir à l'islam, Ana n'a jamais été pratiquante. C'est la rencontre avec l'islam, via son mari, qui l'a décidée à choisir une pratique religieuse. Ana est licenciée en comptabilité et travaille. Son mari est d'accord avec l'idée qu'elle continue à travailler, même une fois installés en Arabie saoudite, m'assure-t-elle.

Ramiro s'est converti en octobre 1996. Il était en quête de Dieu; à travers sa recherche, il a eu l'occasion de s'intéresser à l'animisme, ou encore au bouddhisme. Chrétien d'origine, il n'était pas satisfait de son appartenance religieuse. Un jour, son frère lui a offert un Coran. Ramiro l'a lu entièrement et, quand il l'a terminé, a décidé que là était la réponse, la foi qu'il cherchait depuis longtemps. Il a connu alors ce qu'il appelle lui-même un «délire mystique», une extase. Depuis ce moment, dit-il, il est «entre les mains de Dieu». Il s'est converti seul, sans appui d'aucune mosquée ni d'aucun imam. Il vivait alors dans la ville de Cochabamba, qui ne comptait aucune mosquée ni centre de prière. Ce n'est que plus tard qu'il est venu vivre à Santa Cruz pour des raisons de travail, et qu'il s'est rapproché de la mosquée. Il accomplit toutes les pratiques de l'islam, fait ses cinq prières par jour et observe le jeûne du Ramadan.

Il a d'abord connu quelques réactions négatives de la part de sa famille ou de ses amis. Mais avec le temps, ceux-ci se sont habitués au fait qu'il ne partagerait plus de bière avec eux. Ils l'invitent de nouveau à leurs fêtes, et l'acceptent tel qu'il est. Ramiro a 44 ans, il est célibataire mais vit en concubinage avec une Bolivienne qui «croit en Dieu mais n'appartient à aucune religion». Selon lui, il n'est pas le seul membre de la mosquée à vivre cette situation de couple mixte, vivant avec un partenaire non musulman.

Alejandra a 29 ans et est d'origine colombienne. Elle s'est convertie il y a quatre ans et demi. Elle était en quête de la vérité et cherchait sa voie dans les livres, se documentant sur les différentes religions. Le catholicisme ne la comblait pas, et elle ressentait le besoin de chercher ailleurs. Cela fait maintenant sept ans qu'elle a commencé sa quête. Elle s'est finalement mise à fréquenter la mosquée de sa ville en Colombie, et s'est convertie au bout d'une année. A la suite de sa conversion, elle a connu un Bolivien lui aussi converti à l'islam, qu'elle a épousé il y a une année et demi en Colombie et qu'elle a suivi ici en Bolivie, où elle vit avec lui.

Selon Alejandra, l'islam traite mieux la femme que le christianisme. Dans la société actuelle, «la femme est en péril, elle est considérée comme un objet». Dans l'islam, la femme est vue comme une personne, nous dit-elle. Alejandra travaille comme indépendante, avec son mari. Pratiquante, elle ne sort pas dans la rue sans son foulard. A la question de savoir si les gens l'acceptent facilement et quelles sont les réactions dans la rue, elle répond que le fait qu'elle porte le foulard rend les gens curieux, et que plusieurs se sont déjà approché d'elle pour lui poser des questions sur son choix. Plusieurs personnes qui sont venues lui parler dans la rue ont fini par venir à la mosquée.

Une situation semblable dans la capitale 

(à droite, M. Amer, imam de la mosquée de Santa Cruz)

La situation n'est pas très différente à La Paz, où sur les quelque 80 membres fréquentant l'Association de la Communauté islamique de Bolivie, seuls quatre sont originaires de pays musulmans. L'association existe depuis 17 ans, mais fonctionne légalement depuis 2004 seulement. Elle se contente d'une salle de prières et n'a pas les fonds pour s'offrir les services d'un imam originaire de l'étranger. Les membres qui dirigent la prière du vendredi sont donc des Boliviens convertis. Leur savoir leur vient de ce qu'ils ont appris «entre frères», de la lecture du Coran et de la Sunna et d'autres ouvrages ainsi que de ce qu'ils trouvent sur internet. L'association ne bénéficie d'aucune aide financière, que ce soit du gouvernement bolivien ou     d'organisations musulmanes de l'étranger. La seule aide qui leur parvient est l'envoi d'exemplaire du Coran édités en Arabie Saoudite.

Outre cette association qui regroupe les musulmans sunnites, La Paz compte encore un petit groupe d'une vingtaine de chi'ites, de même qu'un centre du mouvement Tabligh. Mais les uns ne fréquentent pas les autres. Les relations avec le reste de la société sont présentées comme harmonieuses. L'Association participe depuis trois ans environ à un groupe de dialogue interreligieux, auquel participent également aymara, chrétiens, juifs et hindous. Elle est bien implantée dans son quartier, où elle mène quelques actions de bienfaisance, comme de nettoyage et d'entretien. Il arrive que le gouvernement les invite pour donner des conférences ou participer à des rencontres.

Par contre, les femmes du centre ne se voilent pratiquement pas en-dehors du centre de prières. Seules deux femmes le font quotidiennement. Aux dires d'Ahmad Ali, Bolivien converti et président de l'association, cela serait perçu bizarrement par la population de voir des femmes voilées. Ahmad Ali est son nom d'emprunt musulman. Ahmad porte également un prénom et un nom boliviens, qu'il continue à utiliser dans sa vie de tous les jours. En effet, il est très compliqué de changer de nom, et même de prénom, raison pour laquelle il a dû garder ses nom et prénom de naissance.

Dans le reste du pays, la présence musulmane est très limitée. On compte une salle de prières à Sucre, et une autre à Cochabamba, selon les dires de l'imam de Santa Cruz.

Sarah Burkhalter

Source: http://religion.info/french/articles/article_489.shtml