samedi 20 octobre 2007

La culture islamique chinoise à l’époque moderne

la culture islamique à l’époque moderne
La culture islamique en Chine moderne (Dynasties Ming et Ching) s’est caractérisée par la fusion entre l’islam et la culture locale à travers l’enseignement islamique dans les mosquées, la traduction en chinois des ouvrages islamiques et la multiplication des confréries soufies. L’islam s’est alors montré sous un jour nouveau que l’on ne lui connaissait pas jusque là.
A partir du Xème siècle de l’Hégire (XVIème siècle du calendrier grégorien), l’enseignement islamique dans les mosquées a fleuri, sous la Dynastie Ming, dans les régions continentales grâce à Ho Dang Cho, un originaire de Xianyang (département de Guangxi). L’enseignement islamique a gagné d’autres régions de Chine et donné naissance à plusieurs écoles telles celle de Xianyang qui s’intéressait aux questions de l’unicité de Dieu, celle de Guangdong qui s’est penchée sur les différentes sciences islamiques et celle de Yun tan qui a regroupé des disciplines aussi diverses que la rhétorique, le droit musulman, la grammaire et les fondements islamiques. Savants, professeurs, docteurs et imams ont à leur tour inculqué à la nouvelle génération les commandements et les principes de l’islam. Grâce à eux, la religion musulmane s’est perpétuée en dépit des embûches qui par intermittence ont freiné son évolution à travers l’histoire. L’enseignement au sein des mosquées continue d’ailleurs jusqu’à nos jours.
Quant à l’activité de traduction, elle s’est amorcée avec la fin de la Dynastie Ming et le début de la Dynastie Ching. Ainsi, des ouvrages d’auteurs musulmans ont été traduits en langue chinoise et ont trouvé un grand lectorat parmi les musulmans Han et Hu’i qui vivent au sud du fleuve Jiangxi. Dans un premier temps, la traduction avait pour but de faire connaître davantage la religion musulmane, elle s’est développée ensuite dans les villes de Nan Jing et de Suzhou. Les traductions des savants musulmans étaient toujours étayées par des commentaires terminologiques, des explications thématiques et des comparaisons avec la culture autochtone. Dans ce domaine, se sont distingués de brillants intellectuels chinois tels Wang Dae We, auteur de deux livres intitulés : Les vérités de la religion ancienne et Cours islamiques, Machu, auteur des Preuves de l’islam, Lee Yo Chai, traducteur des Fondements du soufisme islamique et des Rites de la religion islamique et Mafu Cho, auteur d’un Précis sur les fondements de l’islam.
L’enseignement dans les mosquées et l’activité de traduction ont grandement contribué à l’évolution de l’exégèse, de la philosophie, de l’éthique et de la pensée islamiques. En Chine, la culture de l’islam est passé du stade de la diffusion à celui du développement ; elle a trouvé des adeptes parmi les intellectuels chinois après avoir conquis les cœurs des chinois moyens. Le soufisme a par ailleurs trouvé des adeptes en Chine depuis le règne de la Dynastie Yin wan, il s’est propagé surtout au département de Ch’ing-hai, sur le plateau tibétain, à Kansu et dans la région de Ningxia où vit la communauté musulmane Hu’i. Des écoles soufies comme la Qadaria, la khafiya, la jabriya et la bahjariya firent florès en Chine. Grâce aux musulmans soufis (dits soufi Jia ou Minh wan jia) et au soufisme (Minh wan), l’islam a apporté un nouveau souffle spirituel qui a consolidé les liens entre les musulmans chinois de la communauté Hu’i et les autres communautés de Chine .
Au début du XXème siècle, le mouvement culturel islamique en Chine a appelé à la réforme des affaires islamiques et au développement de l’enseignement de tradition musulmane. Dans ce cadre, Tong Song a fondé l’école de Mue i Wan à Xinjiang et a contribué à la création de l’Association générale de l’enseignement islamique en Asie orientale. A Pékin, Sian Ming a fondé l’école Wan Ping et Wang Kwan a créé l’école arabe des musulmans. A Xianyang, Ma Ling-bi était, lui, à l’origine de l’école Keijing pour l’enseignement islamique primaire.
Dans le même esprit, un groupe composé de trente six anciens étudiants Hu’i ont fondé l’Association générale de l’enseignement islamique des étudiants de la mission universitaire chinoise au Japon. Ces jeunes étudiants ont par ailleurs créé la revue Ching Ho Ian où ils ont manifesté leur intention de répandre l’enseignement de tradition musulmane et de réformer les affaires islamiques. Une autre revue islamique chinoise qui a pour titre : La Vraie revue nationale fut fondée par une pléaïde de personnalités musulmanes Hu’i. Durant toute la première moitié du XXème siècle, ces activités ont enrichi la culture locale de par la pensée et la religion islamiques.
Les jeunes musulmans ont continué de créer des associations islamiques. C’est ainsi que Wang Kwa a fondé en 1911 à Pékin l’Association de développement islamo-chinois qui a eu des représentations à travers tous les départements de Chine. Son objectif a été de concrétiser l’union des musulmans chinois (Hu’i), de répandre la foi islamique parmi eux, de rehausser leur niveau culturel et d’assurer leur bien-être. D’autres associations ont été fondées dans le même dessein : l’Association islamique académique à Pékin en 1927, l’Association de soutien à l’enseignement islamique à Nanchang dans la province de Ho-Nan, l’Association islamo-chinoise à Shanghai, l’Association de la Jeunesse musulmane en 1925 à Tang cho, l’Association générale islamo-chinoise par Yo Shang en 1929, l’Association de la jeunesse musulmane chinoise à Shanghai en 1931, l’Association chinoise pour le développement de l’enseignement au profit des jeunes de la communauté Hu’i à Nanjing. Par ailleurs, Matianing Tong Cyan a fondé en 1924 à Shanghai l’Union chinoise pour la culture islamique suivie en 1938 à Duhem par l’Union chinoise de salut de la communauté Hu’i qui a élu domicile ultérieurement à la ville de Kong Ying où elle a quitté son appellation initiale pour celle de «Union islamique chinoise pour le salut national» avant d’adopter en 1934 son appellation définitive : «l’Association islamique chinoise».
La langue arabe était enseignée en parallèle avec la langue chinoise dans les écoles modernes qui forment les imams de mosquées, les instituteurs et les enseignants aux sciences islamiques aussi bien qu’aux sciences modernes. Parmi ces écoles, citons à titre d’exemple l’école islamique de Beijing fondée par Wang Kwan, l’école des instituteurs fondée par Mas Ong Tsi-nan à X’ian (réinstallée quelques années plus tard à Pékin pour former les imams, les présidents d’associations et les directeurs d’écoles), l’école islamique des instituteurs à Wan Chien fondée par Chu Ji Sang et Li Ran Chan, l’école sino-arabe primaire fondée par Massu Yun à Ning Chia, l’école Jontiang des instituteurs, l’école islamique de Pingliang à Ningxia où s’enseignent la langue et la littérature arabes, l’Histoire, la géographie et les mathématiques.
Entre 1930 et 1945, quarante étudiants issus de différentes écoles islamiques chinoises ont été envoyés dans le cadre de missions scientifiques à l’université Al Azhar. A leur retour, ils ont occupé d’importants postes dans l’enseignement, l’éducation islamique, les waqfs et les affaires islamiques. La persévérance de certains d’entre eux leur a valu de compter parmi les savants musulmans chinois les plus distingués tels Mohammed Makin, Abdurrahmane Nanchong, Lin Chong, Shang Yo Ching, Ismaël Majing Yang, Shang Do, Najiong Lin Ching et Ding Chong Ming. Il est à rappeler que ces missions avaient lieu sous la supervision de M. Cha Ko Ching.
En cette période, la Chine connaissait la floraison de périodiques islamiques dont les plus importants sont Ching Hu’i (i .e le Mensuel islamique) paru pour la première fois en 1925, la revue Yo Yis Hu’a en 1928, la revue islamique Du Bao ainsi que d’autres périodiques islamiques qui pour ne pas avoir connu une très large diffusion sont tout de même publiés dans les villes chinoises où vivent d’importantes communautés musulmanes ; citons en à titre d’exemple : L’Islam, l’Aurore, l’Islam de Chine, l’Union islamique chinoise pour le salut de la nation, les Musulmans et la Jeunesse Hu’i.
Sur le plan de la production intellectuelle et scientifique, les auteurs musulmans ont publié plusieurs ouvrages dont la traduction du sens du Coran (Los Wang Jing Chai, 1932), l’augmentation de traduction chinoise du sens du Coran (Los Jien Biau), la grande foi coranique (Lang Kong Ming, 1947) et la traduction chinoise du sens des versets coraniques (Mohammed Makin). D’autres traductions du Saint Coran ont été publiées, dont les plus importantes étaient celles de Li Tih Shang en 1927 et Ji Jiu Wih en 1931.
La production intellectuelle ne s’est guère limitée à la traduction du Coran; d’autres ouvrages de tradition islamique ont été traduits en langue chinoise : la traduction commentée des textes de la Sunna par Jay Wei Ching en est un bon exemple. Mais outre la traduction, des ouvrages originaux ont été également publiés comme celui de Ma Ling Li intitulé les idées générales de l’islam. Par ailleurs, un groupe de docteurs musulmans chinois a entrepris de collecter et de rééditer les anciennes traductions en langue chinoise d’ouvrages islamiques en guise de prévention contre la perte ou la détérioration de ce patrimoine scriptural. De plus, plusieurs ouvrages d’histoire islamique ont été publiés ; citons en les suivants : Histoire de l’islam chinois (Jien Ji Tang, 1935), les annales de l’histoire islamique en Chine (kamali Li Wig, 1940), l’histoire de l’islam en Chine (Guo tong, 1940), Histoire sommaire de l’islam chinois et Références de la méthodologie islamique chinoise (Bâ Yin Cui) et Histoire synoptique de l’avènement de l’islam en Chine (Chai Wan)
En Chine, la communauté Hu’i est celle qui compte le plus grand nombre de musulmans. La renaissance de la Chine est liée à l’épanouissement de l’islam dans cette communauté qui a donné naissance à une génération de savants et de jeunes lettrés. Ceux-ci ont assimilé et embrassé la foi islamique et l’ont transmise avec sincérité et honnêteté. A travers la culture véhiculée par la communauté Hu’i, l’islam a consolidé l’union et la solidarité des communautés musulmanes de Chine.
La proclamation de la république populaire de Chine suite à la révolution de 1949 a apporté davantage de libertés religieuses et cultuelles en Chine. C’est ainsi que la culture islamique a joui d’un épanouissement avant d’être troublée par la révolution culturelle (1966-1976) qui a resserré l’étau sur les pratiques religieuses.

Source : http://www.isesco.org.ma/IndexFR.asp

3 commentaires:

Anonyme a dit…

les chinois suivent t'ils un madhhab, ou une des 4 écoles de juridiction? ou sont les savants de cette école en Chine?

avez vous un email?

Habib Matthieu a dit…

Salam alaikoum , bonsoir ;

les chinois sont tout autant musulmans que les autres musulmans et certains autres peuples musulmans qui pensent qu'il n'y a que eux qui détiennent ou pratiquent le bon Islam alors que la plupart d'entre-eux pratiquent un Islam salafisé et sont arrogant notement parce qu'ils sont né avec la langue du Coran , pourraient en prendre de la graine et méditer sur la situation dans laquelle ils sont ; voir la Malaisie ou d'autres pays Masha'Allah que l'on entend peu mais qui sont un éxemple .

Les chinois sont hanafis .

Wa salam si vous êtes musulman ou ou revoir .

Ahlem a dit…

salam alaikom je suis hanene une jeune fille tunisienne et musulmane je préfère pour les écoloes des doctrine islamiques le soufisme et Moatazila
ok j'aime beaucoup la chine et je veux passer ma vie dans cette pays